Le fondateur de Best Buy reprend la main en coulisses en quête d’un LBO

Richard Schulze, dirigeant déchu, détient 20,1% du distributeur américain en difficulté et s’est assuré les services de Credit Suisse
Benoît Menou

Le distributeur américain de produits électroniques Best Buy pourrait abandonner la Bourse pour tomber dans l’escarcelle d’investisseurs privés. C’est tout du moins le souhait, selon des sources concordantes, de son fondateur et ancien dirigeant, Richard Schulze. Ce dernier, détenteur de 20,1% du capital du groupe en difficulté dont la capitalisation boursière s’élève à 6,6 milliards de dollars, se serait dans ce cadre assuré les services de banques d’investissement, dont Credit Suisse. Les instigateurs de ce changement de cap n’en seraient toutefois qu’à un stade préliminaire de leur réflexion, et le fondateur pourrait simplement chercher à solder sa participation.

Richard Schulze a été contraint de quitter début juin le conseil d’administration qu’il présidait après qu’une enquête interne a révélé son manque de communication concernant l’affaire de relation intime entre une salariée et le directeur général Brian Dunn, une affaire ayant coûté son poste à ce dernier an avril dernier. Libre de ses actes vis-à-vis du groupe, Richard Schulze a indiqué «étudier toutes les options».

Premier obstacle sur la route du private equity, le conseil d’administration de Best Buy a préparé sa défense en relevant la semaine dernière de 10 à 25% le seuil du capital à mobiliser pour la convocation d’une assemblée extraordinaire des actionnaires. Soit au-delà désormais de la part détenue par le fondateur. Bien que le groupe ait indiqué qu’il se conformait ainsi à la réglementation de l’Etat du Minnesota dans lequel il est basé, cette mesure indique qu’il prend au sérieux la menace. Pour l’heure, Best Buy a promis pour septembre la divulgation d’un plan de redressement. Frappé par la concurrence des distributeurs en ligne comme Amazon, le groupe a concédé un repli de ses ventes à surfaces comparables pour sept des huit derniers trimestres. Richard Schulze pourrait attendre les modalités de ce plan pour lancer l’offensive, à moins qu’il ne parvienne d’ici là à boucler un financement.

Ce qui ne s’annonce pas chose aisée. Diverses sources estiment que les actionnaires historiques ne se laisseront pas convaincre en-deçà de 30 dollars par titre, ce qui correspond à une valeur d’entreprise voisine de 11 milliards. En baisse de 17% cette année, le titre a clôturé mardi en hausse de 4,6% sur les premières rumeurs des intentions de Richard Schulze, à 19,32 dollars seulement.

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