Carrefour maintient difficilement son niveau de ventes au premier trimestre

Hors un effet calendaire très positif, le distributeur voit son chiffre d’affaires reculer sur toutes ses zones, sauf en Amérique latine
Bruno de Roulhac

Une fois n’est pas coutume, Carrefour a publié un chiffre d’affaires en ligne avec les attentes ! En rebond de plus de 3% en début de séance, l’action a néanmoins clôturé à 16,175 euros (+ 0,59%).

L’activité continue à se dégrader sur toutes les zones (hormis l’Amérique latine), et dans le non-alimentaire. A magasins comparables, hors essence et effet calendaire, le chiffre d’affaires recule de 2,1% (+1,5% en publié) à 22,49 milliards d’euros.

La France – 42% des ventes du trimestre – pèse particulièrement avec une baisse de 3,1% de ses ventes. Les hypermarchés – il n’est désormais plus question de Planet – affichent une baisse de 5,8% (hors effet calendaire) de leurs ventes.

Si l’alimentaire se maintient (-0,2%), le non-alimentaire chute de plus de 10%. Pour autant, la stratégie mise en place par Noël Prioux, patron de la France, commence à porter des fruits sur le terrain de la compétitivité prix. Les hypermarchéss Carrefour sont désormais coleaders avec Leclerc sur les prix de 500 produits de consommation courante à marque nationale.

Les ventes des supermarchés progressent même de 1,8% (-1,2% hors effet calendaire) bénéficiant d’une hausse du panier moyen. Celles des surfaces de proximité gagnent 6,8%.

En Europe, la dégradation est nettement plus marquée, avec une baisse des ventes de plus de 6% (en comparable, hors essence et effet calendaire), dont une chute de plus de 8% en Espagne, de 4,6% en Italie, et même de 19% en Grèce.

L’Asie ne va pas mieux, avec une activité en recul de 3,2% (en comparable, hors effet calendaire), en raison de la baisse de 5% en Chine (66% du chiffre d’affaires Asie) liée à la législation restreignant l’étiquetage des remises en magasins. Toutefois, cette mesure ne devrait plus peser sur les ventes à compter du deuxième trimestre, explique Carrefour.

Le vrai pari gagnant de Carrefour demeure l’Amérique latine – hormis la Colombie, où Carrefour pâtit de la forte concurrence d’Exito (Casino) – en croissance de 6,9% (en comparable, hors effet calendaire).

«Avec un moteur de croissance en baisse de régime sur les émergents et une aggravation des tendances négatives en Europe, le groupe aura clairement du mal à redresser la barre à court terme», note Aurel BGC. Prudent, le distributeur, désormais dirigé par Georges Plassat, s’est refusé à donner des prévisions sur le résultat opérationnel, que d’aucuns attendent encore en baisse en 2012.

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