BHP Billiton réduira encore ses investissements pour préserver son dividende
En dépit d’une hausse globale de ses volumes de production, BHP Billiton n’a pas échappé à l’impact du plongeon des cours du minerai de fer, du pétrole brut, du cuivre ou du charbon depuis un an. Sur son exercice clos le 30 juin dernier, le premier groupe minier mondial affiche une baisse de 51,5% de son résultat net hors exceptionnels à 6,4 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros), une contraction plus importante que prévu par les analystes qui tablaient sur un résultat sous-jacent de 7,7 milliards.
Le bénéfice net part du groupe, en chute de 86% à 1,9 milliard, inclut des dépréciations déjà annoncées de 2,3 milliards dans des gisements américains de gaz de schiste et des mines de nickel en Australie.
«Notre objectif de 4 milliards de dollars de gains de productivité a été atteint avec deux ans d’avance», souligne BHP. Grâce à un contrôle renforcé sur ses coûts et au repli de 24% des investissements industriels à 11 milliards de dollars, son cash-flow libre a atteint 6,3 milliards, après 8,5 milliards en 2013-2014. «Le cash-flow libre après cessions d’actifs a quasiment couvert le montant du dividende distribué», relèvent les analystes de Barclays. L’endettement net a diminué de 5,5% d’un an sur l’autre, à 24,4 milliards.
En faisant progresser son dividende annuel de 2% à 124 dollars par action, le groupe anglo-australien a confirmé sa volonté de préserver le retour aux actionnaires dans un contexte sectoriel difficile. Il a en contrepartie révisé à la baisse son budget d’investissements, dorénavant attendu à 8,5 milliards de dollars pour l’exercice en cours, contre un précédent objectif de 9 milliards. Cette tendance devrait se poursuivre, avec 7 milliards de dollars d’investissements prévus pour 2016-2017.
Le groupe table désormais sur un pic de production d’acier en Chine compris entre 935 et 985 millions de tonnes à l’horizon 2025, contre une précédente fourchette de 1 à 1,1 milliard de tonnes donnée en mai et un pic d’un milliard de tonnes anticipé par son concurrent Rio Tinto d’ici 2030. «La production chinoise d’acier s’est érodée de 1,3% au cours des six premiers mois de 2015, principalement sous l’effet du ralentissement dans la construction», a précisé Andrew Mackenzie, directeur général de BHP.
L’action, qui avait terminé la séance de lundi sur un repli de 9% à Londres, a rebondi hier de 5,5% à 1021 pence.
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