La consolidation du secteur de la réassurance prend de l’ampleur
L’irlandais XL a déposé une offre d’achat sur Catlin, deux semaines après l’annonce d’un rapprochement entre Renaissance Re et Platinum Underwriters.
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Julien Beauvieux
Attendue depuis plusieurs mois par les observateurs, dans un contexte de concurrence exacerbée, la concentration du secteur de la réassurance n’avait jusqu’à ces dernières semaines abouti qu’à des opérations de taille relativement modeste. Moins d’un mois après l’offre de 1,9 milliard de dollars déposée par Renaissance Re pour acquérir Platinum Underwriters, les 2,5 milliards de livres proposés mercredi dernier par l’assureur et réassureur irlandais XL pour acquérir le groupe Catlin confirment que le mouvement prend de l’ampleur.
Malgré la prime de 20% offerte par rapport au cours de clôture de mardi du titre Catlin, les analystes de RBC Capital Markets estiment à 50% la probabilité d’une surenchère d’un concurrent de XL. Selon eux, le prix pourrait alors monter au-delà de 750 pence par action, contre 699 proposés par le groupe irlandais.
«Le prix valorise Catlin à 15 fois les bénéfices attendus pour 2015 et 1,45 fois son actif net tangible», relèvent les experts de Crédit Suisse, pour qui «l’offre est clairement avantageuse pour les actionnaires». «Nous nous attendons à ce que les cours d’Amlin, Hiscox et Lancashire montent sur fond de spéculation d’une accélération de la consolidation du secteur, alors que les entreprises se battent pour demeurer compétitive dans un environnement de prix difficile», ajoutent-ils.
Le secteur de la réassurance est notamment confronté à la concurrence des fonds de pension et des hedge funds, qui se tournent de plus en plus vers le compartiment des obligations catastrophes pour trouver du rendement. «La plus faible demande liée à la hausse des rétentions des assureurs, les excès de capacité de réassurance et la baisse continue des taux ont conduit à (…) un rétrécissement du marché», ajoutent les experts de JPMorgan.
Dans ce contexte, les rapprochements n’avaient pas été légion jusqu’à l’automne. Et ce bien que les consolidateurs potentiels disposent de liquidités importantes à la suite d’une année 2014 particulièrement clémente en termes de catastrophes naturelles. Outre le rachat de la franchise londonienne Canopius par le groupe japonais Sompo pour 600 millions de livres l’an dernier, Qatar Insurance Group avait acquis en février Antares, un autre petit acteur du Lloyd’s londonien.
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