Des banques se retirent du secteur du tabac
Le secteur bancaire se désengage peu à peu du tabac. Natixis a annoncé que serait mis fin aux activités de financement et d’investissement liées à l’industrie du tabac. «[Nous nous engageons] à cesser tout financement ou investissement en faveur des producteurs, des grossistes et des négociants de tabac, ainsi que des fabricants de produits du tabac», explique dans un communiqué la filiale du groupe BPCE, qui précise que «l’exclusion s’applique dans le monde entier et à tous les métiers de Natixis : la banque de grande clientèle, les services financiers spécialisés, l’assurance et la gestion d’actifs». Les investissements existants seront, eux, progressivement réduits dans le temps.
Natixis prend ainsi la suite de BNP Paribas qui, un mois plus tôt, faisait une annonce similaire. Le groupe avait déclaré en novembre qu’il se désengagerait progressivement de la filière du tabac. «Nous avions déjà annoncé en 2016 une diminution de notre soutien à l’industrie du tabac. Face au mouvement croissant de désinvestissement dans le monde, qu’il s’agisse de fonds de pension, de banques ou d’investisseurs, et aux recommandations de l’OMS en matière de santé, nous avons considéré que la solution était de cesser nos activités de financement et d’investissement», explique Laurence Pessez, responsable RSE de BNP Paribas. Elle souligne cependant que la mesure «ne s’applique pas aux détaillants et aux buralistes».
Aucune des deux banques ne précise cependant le montant que représentent les financements et les investissements dans le secteur du tabac, et l’impact potentiel sur les deux groupes induit par leur retrait de la filière. En France, le Crédit agricole et la Société générale n’ont pas pris d’engagements similaires pour le moment. «Nous n’avons pas de politique sectorielle concernant le tabac à ce jour», précise le Crédit Agricole. «Notre exposition au secteur est faible mais nous n’excluons aucune option pour l’avenir, que ce soit dans nos métiers de banquier, de gestionnaire d’actifs ou d’assureur», assure-t-on.
Récemment, plusieurs banques dans le monde se sont déjà engagées à se retirer du secteur du tabac. Bank of New Zealand (BNZ), l’une des principales banques de Nouvelle-Zélande, annonçait en mars dernier qu’elle y cesserait tout financement (de même pour les armes et le nucléaire), suivie en juillet par le groupe néerlandais ABN Amro. Le mouvement concerne plus globalement l’ensemble du secteur financier : les assureurs français Axa et britannique Aviva, ainsi que le réassureur Scor, ont aussi mis fin au financement du secteur.
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