Bank of America se débarrasse des héritiers de l’ère subprime
Bank of America cherche à se débarrasser des fantômes du passé. La banque américaine a annoncé hier soir outre-Atlantique le départ de Joe Price, responsable de la division de banque de détail, et de Sallie Krawcheck, responsable de la division de gestion de fortune et gestion d’actifs. A leurs places, le directeur général de la banque, Brian Moynihan a nommé Tom Montag, président des activités internationales, et David Darnell, président des activités commerciales de la banque.
«Réduire les couches hiérarchiques et simplifier (l’organisation) à l’échelle sur laquelle nous opérons nécessite des décisions difficiles» a indiqué Brian Moynihan. Le groupe tiendra la semaine prochaine une conférence destiné à présenter son nouveau plan stratégique décisif, appelé «New BAC», et qui devrait impliquer des réductions d’effectifs de 10.000 salariés du groupe l’année prochaine après 6.000 cette année. Sallie Krawcheck et Joe Price étaient des anciens proches de Kenneth Lewis, le prédécesseur de Brian Moynihan à la tête de BoA et à l’origine des acquisitions en 2008 et 2009 de Merrill Lynch et Countrywide Financial ayant accru son exposition aux crédits «subprime».
Les grandes banques américaines sont en négociations avec les régulateurs américains qui les accusent d’avoir saisi les maisons des emprunteurs en retard de paiement sur leurs prêts hypothécaires en utilisant les signatures robotiques sans bien étudier les fichiers des clients. Cette plainte pourrait coûter plusieurs milliards de dollars à Bank of America.
Par ailleurs, les analystes de Nomura estimaient hier que ce sont quelque 12 milliards de dollars supplémentaires que pourrait avoir à payer la banque américaine pour régler son seul litige avec l’agence fédérale (Federal Housing Finance Agency) chargée de superviser les actifs hypothécaires détenus notamment par Fannie Mae et Freddie Mac. En juin, BoA avait déjà accepté de payer 8,5 milliards pour solder ses comptes avec les investisseurs lésés.
L’action a vu son cours reculer hier de 3,6% à 6,99 dollars. Les actions de la banque sont en chute libre de 48% depuis le début de l’année, malgré la vente pour 5 milliards de dollars d’actions préférentielles au milliardaire Warren Buffett le mois dernier et la cession de la moitié de ses parts dans la banque chinoise China Construction Bank. Des annonces qui avaient vu le titre s’envoler de respectivement 9,4% et 8,12%.
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