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Stratégies de crédit pour les assureurs face à des marchés incertains
Si le crédit reste au cœur de leurs portefeuilles des assureurs, naviguer dans l’environnement actuel exige une approche de plus en plus plus agile.
Face au resserrement des spreads et aux incertitudes macroéconomiques persistantes, les assureurs réévaluent la manière de protéger leur bilan tout en pérennisant le niveau des rendements. Compte tenu des conditions de marché, il n’est pas inutile d’examiner les spreads des titres publics et le positionnement des portefeuilles, et de s’intéresser de plus près aux avantages pratiques des principales classes d’actifs.
Les spreads sont faibles par rapport à leurs niveaux historiques
Depuis le début de l’année, les spreads de crédit restent proches de la borne basse de leur fourchette d’évolution sur 10 ans, même s’ils se sont élargis après le « Liberation day » et les droits de douane annoncés par le président Trump en avril. En outre, la dispersion des spreads au sein des catégories de notation reste très faible, ce qui complique l’identification des gagnants dans chacune d’elles.
Cet environnement de marché est compliqué pour les grands investisseurs en crédit, comme les compagnies d’assurance, qui doivent générer des rendements sans pour autant prendre des risques qu’ils ne jugent pas suffisamment rémunérés.
Quelles sont les solutions à la disposition des assureurs pour gérer leurs portefeuilles de crédit dans les conditions de marché actuelles ?
Nous identifions trois stratégies clés que les assureurs peuvent adopter dans le contexte actuel :
. Premièrement, privilégier la qualité du crédit pour limiter l’impact de l’élargissement des spreads.
. Deuxièmement, conserver des liquidités disponibles pour exploiter l’évolution des marchés du crédit lorsque les spreads s’élargiront.
. Troisièmement, gérer activement la sensibilité des titres à l’évolution des spreads (tout en conservant leur duration globale via des produits dérivés en cas de besoin.
Ces stratégies peuvent sembler simples, mais la mise en œuvre d’un changement d’approche peut s’avérer difficile. Nous allons aborder ces trois points dans le détail dans la suite de l’article.
« Nous évoluons dans un contexte marqué par des spreads très faibles par rapport à leurs niveaux historiques et une faible dispersion des performances dans les différentes catégories de notation. Nous pensons donc que les assureurs ont tout intérêt à piloter leurs portefeuilles de crédit en privilégiant les titres de qualité, en gérant activement la sensibilité des titres à l’évolution des spreads et en conservant des liquidités disponibles », explique Russell Lee, responsable de M&G Insurance Solutions.
1. Priorité à la qualité de crédit
Compte tenu des risques et de la volatilité des facteurs macroéconomiques, concentrer les portefeuilles sur des actifs de meilleure qualité peut offrir une meilleure protection en cas d’élargissement marqué des spreads.
Les assureurs cherchent toujours à trouver le bon équilibre entre risque et rendement, mais il nous semble actuellement judicieux d’améliorer la qualité de crédit en raison de la faiblesse historique des spreads de crédit. Les actifs de crédit bien notés offrent certes un rendement inférieur, mais les spreads sont resserrés sur tout le spectre des notations, pas seulement dans les catégories les plus élevées. Par conséquent, il est actuellement possible de s’exposer au crédit de qualité sans sacrifier le rendement, et cette approche a toutes les chances d’accroître sensiblement la performance à long terme des portefeuilles d’investissement des assureurs.
2. Garder des liquidités disponibles
Deuxièmement, nous pensons que les assureurs devraient conserver une réserve importante de liquidités disponibles afin de pouvoir réagir rapidement en cas d’évolution des conditions de marché. Les assureurs conservent toujours un certain niveau de liquidités pour faire face aux indemnités à verser en cas de sinistres. Mais ce montant est généralement limité compte tenu de la faiblesse de son rendement et de son impact négatif sur la performance du portefeuille. Par conséquent, avoir des liquidités susceptibles d’être redéployées sur les marchés du crédit peut s’avérer très utile si les marchés évoluent brusquement. Les assureurs doivent donc veiller à ce que ces liquidités ayant vocation à être utilisées de manière opportuniste soient véritablement accessibles.
L’augmentation des liquidités disponibles réduira le rendement du portefeuille. Toutefois, compte tenu de la faiblesse actuelle des spreads de crédit, la réduction du rendement induite par l’augmentation des positions en liquidités est relativement limitée, ce qui confirme les bienfaits d’une telle approche. Nous pensons donc qu’une augmentation modérée de la réserve de liquidités d’un assureur, afin de lui permettre de réagir rapidement à un élargissement des spreads, est pertinente.
3. Gestion de la sensibilité des titres à l’évolution des spreads
Enfin, savoir gérer efficacement la sensibilité des prix des titres aux variations des spreads (« spread duration ») peut nettement accroître la valeur des portefeuilles de crédit sur des cycles de plusieurs années. Cela revient à avoir la capacité de réduire cette sensibilité lorsque les spreads sont serrés, pour se protéger contre tout mouvement d’élargissement, et de l’augmenter de manière sélective lorsque les spreads s’élargissent, afin de capter les performances supplémentaires offertes par le marché.
Historiquement, cette approche de la gestion de la « spread duration » a démontré sa capacité de surperformance sur tout un cycle de crédit. Toutefois, déployer ce processus de manière efficace nécessite une approche d’investissement rapide et dynamique. Lorsqu’il s’agit de modifier sensiblement une poche du portefeuille d’investissement, il peut être difficile pour les compagnies d’assurance de mettre en œuvre en interne une telle approche en raison des nombreuses strates de gouvernance et des approbations nécessaires de leurs divers comités. Ainsi, externaliser ces stratégies auprès de gestionnaires actifs et leur donner la flexibilité nécessaire pour réagir rapidement aux fluctuations du marché du crédit pourrait être une approche plus efficace et bénéfique.
« Les assureurs connaissent très bien les marchés publics du crédit et peuvent essayer de déployer cette approche en interne, mais les gérants obligataires actifs rompus à cet exercice sont généralement plus à même d’y parvenir »
Mise en œuvre : les approches pratiques
Au carrefour de ces stratégies, certaines classes d’actifs semblent particulièrement intéressantes. On peut notamment citer les titres de crédit de bonne qualité et les emprunts d’État, auxquels les assureurs sont déjà bien exposés, mais aussi les liquidités et les fonds monétaires, auxquels les assureurs recourent régulièrement.
Actuellement, les stratégies de gestion obligataire actives et non contraintes nous semblent assez peu utilisées par les assureurs. Les lignes directrices d’investissement des principaux portefeuilles de crédit des assureurs sont souvent assez rigides.1 Toutefois, en laissant une flexibilité accrue à leurs portefeuilles satellites, ils peuvent capter un supplément de spread élevé sur tout un cycle de crédit.
Les assureurs connaissent très bien les marchés publics du crédit et peuvent essayer de déployer cette approche en interne, mais les gérants obligataires actifs rompus à cet exercice sont généralement plus à même d’y parvenir. La stratégie Total Return Credit de M&G montre clairement que les gérants peuvent surperformer sur les marchés du crédit s’ils adoptent une approche d’investissement vraiment flexible. Le fonds est tenu d’afficher une notation moyenne minimum « investment grade » (IG). Toutefois, être capable de le faire évoluer de manière dynamique en fonction des fluctuations des marchés du crédit nous a permis historiquement de générer un rendement élevé pendant plus de 15 ans, tout en affichant une volatilité proche de celle des titres IG.
Enfin, le crédit structuré de bonne qualité est une classe d’actifs susceptible d’être déclinée dans les trois stratégies, bien qu’elle soit assez peu utilisée par les assureurs européens.
Les actifs titrisés étant fortement pénalisées par la réglementation Solvabilité II actuelle, les assureurs européens ont préféré éviter cette classe d’actifs, malgré ses nombreuses qualités. Cette situation contraste avec celle des assureurs américains, dont près de 15 %2 des portefeuilles sont investis en crédit structuré, contre seulement 2 % en Europe3.
Selon le projet de règlement publié pour consultation par la Commission européenne en juillet 20254, une réduction des charges en capital pour toutes les titrisations (senior ou non) devrait entrer en vigueur à court terme. Dans l’environnement de marché actuel, les titrisations de bonne qualité nous semblent néanmoins très favorables aux assureurs. Extrêmement résistants aux événements de crédit, ces instruments sont très liquides (même en cas de tensions) et affichent une faible sensibilité aux variations des spreads. Ils offrent également une prime par rapport aux obligations d’entreprises de notation équivalente. Autrement dit, la diminution du rendement induite par la priorité accordée à la qualité de crédit est assez modeste.
Les assureurs devraient notamment privilégier les titrisations simples, transparentes et standardisées (STS) compte tenu de leurs moindres charges en capital (conformément à la réglementation actuelle et au projet de règlement proposé). Ce segment de marché, en plein essor, offre une rentabilité du capital intéressante et pourrait constituer une classe d’actifs attractive pour les portefeuilles des assureurs. Investir sur les marchés du crédit peut sembler difficile lorsque les spreads sont proches de leurs plus bas historiques et que la dispersion des performances est faible. Nous pensons toutefois que les assureurs peuvent faire preuve de résilience et positionner leurs bilans de manière à générer des performances à long terme en se concentrant sur trois stratégies clés : privilégier la qualité du crédit ; conserver dans la mesure du possible des liquidités disponibles ; et gérer de manière dynamique la sensibilité des titres aux variations des spreads. En déployant efficacement ces stratégies et en exploitant les classes d’actifs disponibles dans chaque catégorie de notation, les assureurs devraient être en mesure de s’adapter à l’évolution des marchés du crédit et de générer des performances élevées à long terme.
La valeur des investissements fluctue et peut ainsi faire baisser ou augmenter la valeur des actifs. Les investisseurs peuvent donc ne pas récupérer leur placement initial. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Les opinions exprimées dans le présent document ne sauraient en aucun cas constituer des recommandations, des conseils ou des prévisions.
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