Sans limite. En quelques jours, les banques centrales ont basculé dans une nouvelle ère. En témoigne la promesse de rachats illimités faite le 23 mars par la Réserve fédérale américaine pour lutter contre l’impact du coronavirus. La Fed a réactivé plusieurs lignes datant de la crise financière de 2008-2009. Elle a surtout innové en créant deux facilités, la PMCCF et la SMCCF (primary et secondary market corporate credit facility), qui lui permettront d’acheter la dette obligataire des entreprises sur le marché secondaire, comme le fait déjà la Banque centrale européenne, mais aussi sur le marché primaire, à l’émission des titres. La Fed se mue ainsi en prêteur direct aux entreprises. En Europe, après quelques couacs de communication, la Banque centrale européenne a dégainé un programme d’achat d’actifs de 750 milliards d’euros sur 2020. Ailleurs, les banques centrales qui ne l’avaient pas encore fait se convertissent une à une à la nécessité de l’assouplissement quantitatif (QE), comme en Australie, en Nouvelle-Zélande mais aussi dans certains pays émergents. Les conditions sont là pour une relance budgétaire massive, financée par la politique monétaire non conventionnelle. Dit autrement, c’est la fusion de la monnaie hélicoptère associée à la MMT (modern monetary policy), où les transferts massifs et directs aux entreprises et aux ménages sont effectués par les Etats et pris en charge par les banques centrales.
C’est la perte de valeur enregistrée par le portefeuille de CalPers (California Public Employees’ Retirement System) depuis le mois de janvier 2020. Le principal fonds de pension américain disposait alors de 409 milliards de dollars d’actifs sous gestion.
Aux Etats-Unis, la polémique enfle : certains élus du Congrès se sont-ils rendus coupables d’un délit d’initiés ? La sénatrice de Géorgie Kelly Loeffler (photo) et le sénateur de Caroline du Nord Richard Burr – tous deux républicains – sont deux des quatre congressistes soupçonnés d’avoir liquidé une partie de leur portefeuille à la suite d’une réunion d’information sur la pandémie de Covid-19. Ils se seraient délestés d’environ 5 millions de dollars d’actions entre le 24 janvier, la date du briefing du Congrès, et le 14 février. Le 20 mars, Kelly Loeffler a dénoncé des attaques « ridicules » et « sans fondement » sur Twitter. Sa ligne de défense – les ventes auraient été décidées par ses conseillers en investissement, sans action de sa part – tiendra-t-elle en cas d’enquête de la Securities and Exchange Commission ? L’affaire pourrait prendre de l’ampleur si les faits étaient avérés, car la sénatrice est également l’épouse de Jeffrey Sprecher, le CEO d’ICE (Intercontinental Exchange) et le président de la Bourse de New York.
La Bourse de New York a fini en hausse mercredi à l’exception du Nasdaq, sa deuxième séance consécutive dans le vert, en anticipant le vote par le Sénat américain d’un plan de relance. L’indice Dow Jones a gagné 2,39%, à 21 200,55. Le S&P-500 a pris 1,15%, à 2 475,56. C’est la première fois depuis le 12 février que le S&P enregistre deux séances de hausse consécutives. Le Nasdaq Composite a en revanche reculé de 0,45% à 7 384,30 points. L’administration Trump et les sénateurs américains sont parvenus mercredi à un compromis sur un vaste plan de soutien à l'économie américaine de 2.000 milliards de dollars (1.842 milliards d’euros) qui attend d'être voté à la Chambre haute du Congrès avant son passage à la Chambre des représentants. La lenteur des tractations au Congrès a toutefois pesé sur les indices en fin de séance.
Les républicains et les démocrates se sont accordés sur un vaste plan de 2.000 milliards de dollars dont l’efficacité dépendra de la durée de l’épidémie.
L’Espagne a autorisé le rachat de la Bourse de Madrid, BME, par l’exploitant de la place boursière zurichoise SIX. La finalisation de la transaction dépend cependant des actionnaires de BME qui doivent encore donner leur feu vert. SIX compte acquérir sa concurrente espagnole pour 2,8 milliards d’euros. Cette opération, la plus importante depuis sa fondation, pourrait permettre à SIX de disputer la place numéro 3 en Europe à la Bourse allemande.
Les députés allemands se sont prononcés mercredi en faveur d'une suspension inédite des dispositions constitutionnelles limitant l'endettement du pays.
Moody’s a réduit mercredi ses prévisions économiques pour les pays du G20, tablant désormais sur une contraction de 0,5% de leur produit intérieur brut (PIB) total en 2020, avant une reprise de 3,2% en 2021. L’agence prévoit une contraction cumulée au cours des premier et deuxième trimestres de 2020 de 5,4% en Allemagne, 4,5% en Italie, 4,3% aux Etats-Unis, 3,9% au Royaume-Uni et 3,5% en France. Pour l’ensemble de la zone euro, Moody’s prévoit désormais un recul du PIB de 2,2% cette année, contre une hausse de 0,7% attendue précédemment. La prévision pour la France est d’une baisse de 1,4% du PIB en 2020 (1,1% auparavant). L’agence a également abaissé ses prévisions pour l’Allemagne, à -3% (+0,3% attendu), pour le Royaume-Uni (-2,6% contre +0,9%), et l’Italie (-2,7% contre -0,5%). Pour les Etats-Unis, l’agence prévoit désormais un recul de 2% de l’activité économique cette année, et non plus une progression de 1,5%.
Le déficit public français a atteint en 2019 l'équivalent de 3,0% du produit intérieur brut (PIB), selon l’Insee, avant un creusement attendu à au moins 3,9% du PIB fin 2020, du fait de l’impact économique de la crise sanitaire en cours. Le gouvernement l’attendait encore à 3,1% dans la loi de finance rectificative pour 2020 publiée lundi. L’Insee a également fait état d’une hausse de 65,2 milliards d’euros de la dette publique de la France à 2.380,1 milliards l’an dernier, supérieure à sa progression de 56,3 milliards en 2018. Rapportée au PIB, elle reste en revanche stable à 98,1%.
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) a demandé aux ministres des Finances de la zone euro, lors d’une visioconférence, d’envisager sérieusement une émission exceptionnelle d’obligations souveraines mutualisées, des coronabonds, pour faire face aux conséquences économiques de l'épidémie de coronavirus, selon Reuters. Elle a parlé d’une émission unique réalisée en parallèle du recours aux instruments du MES (Mécanisme européen de stabilité). La patronne de la BCE s’est heurtée à l’opposition de l’Allemagne, des Pays-Bas et d’autres pays du nord de l’Europe.
Alors que le bilan de l'épidémie covid-19 s'élève seulement à 536 cas et 9 décès en Inde, le Premier ministre a rappelé que le deuxième pays le plus peuplé du monde (1,3 milliard d’habitants) pourrait être rapidement confronté à un raz de marée. Narendra Modi avait décrété le confinement total pour trois semaines mardi soir, avec maintien des services essentiels et autorisations de sortie pour acheter des denrées alimentaires ou des médicaments. Ll’Inde compte 0,5 lit d’hôpital pour 1.000 habitants, contre 4,3 en Chine et 3,2 en Italie. Les conséquences économiques de l’arrêt de l’activité pour une économie de 2.900 milliards de dollars risquent également d'être considérables.
Le gouvernement sera vigilant concernant les demandes de chômage partiel émanant de grandes entreprises, a déclaré mercredi la ministre française du Travail Muriel Pénicaud, prévenant que la confiance n’excluait pas «des contrôles a posteriori». Pour aider les entreprises à faire face à la crise liée à l'épidémie, l’exécutif a assuré qu’il prendrait en charge le chômage partiel, prévoyant une indemnisation des salariés et une allocation pour les entreprises. Des syndicats s’inquiètent d’un effet d’aubaine, à l’image de l’opérateur télécoms SFR, filiale d’Altice Europe qui prévoierait de mettre en chômage partiel jusqu'à 60% de ses effectifs.
La qualité de l’air s’est améliorée dans l’agglomération parisienne, conséquence de la mise à l’arrêt du pays et des restrictions de déplacement mises en place pour tenter de freiner la progression de l'épidémie de coronavirus, a annoncé ce matin Airparif. Sur la semaine du 16 au 20 mars, il y a eu «une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20 à 30% dans l’agglomération parisienne, consécutive à une baisse des émissions de plus de 60% pour les oxydes d’azote», note l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France.
Alors que le bilan de l'épidémie covid-19 s'élève seulement à 536 cas et 9 décès en Inde, le Premier ministre a rappelé que le deuxième pays le plus peuplé du monde (1,3 milliard d’habitants) pourrait être rapidement confronté à un raz de marée faute de mesures drastiques de prévention. Narendra Modi avait décrété le confinement total pour trois semaines mardi soir, avec maintien des services essentiels et autorisations de sortie pour acheter des denrées alimentaires ou des médicaments. Ce qui a entraîné une précipitation des Indiens dans les magasins pour faire des stocks de provisions mercredi, en dépit du confinement.
Le gouvernement sera vigilant concernant les demandes de chômage partiel émanant de grandes entreprises, a déclaré mercredi la ministre française du Travail Muriel Pénicaud, prévenant que la confiance n’excluait pas « des contrôles a posteriori ».
Les députés allemands ont avalisé mercredi la suspension inédite des dispositions constitutionnelles limitant l’endettement, pour permettre au gouvernement d’amortir le choc économique dû à l'épidémie de coronavirus. Le ministre des Finances les avait auparavant priés d’approuver la loi de finances rectificativequi prévoit 156 milliards d’euros de dépenses supplémentaires financées par une augmentation des emprunts sur les marchés.
Les principaux indices boursiers européens continuent de progresser mercredi tout en atténuant leurs gains, au lendemain d’un très fort rebond. Ils sont soutenus par l’accord annoncé aux Etats-Unis sur un plan de relance d’un montant estimé à 2.000 milliards de dollars.
Le déficit public français a atteint en 2019 l'équivalent de 3,0% du produit intérieur brut (PIB), selon les données publiées aujourd’hui par l’Insee, avant un creusement attendu à au moins 3,9% du PIB fin 2020 du fait de l’impact économique de la crise sanitaire en cours. A ce niveau de l’an passé, équivalent au seuil de 3% défini dans le pacte de stabilité européen, le déficit public s’avère donc légèrement inférieur aux dernières prévisions du gouvernement, qui l’attendait encore à 3,1% dans la loi de finance rectificative pour 2020 publiée lundi.
Les prix à la consommation au Royaume Uni ont augmenté à un rythme annuel de 1,7% en février, contre une progression de 1,8% le mois précédent qui constituait un pic depuis juillet 2019, selon les chiffres publiés ce matin par l’office national de statistiques (ONS). En incluant les coûts de logement des occupants, le taux d’inflation annuel s’est aussi tassé de 0,1 point à 1,7% le mois dernier, décélération qui provient essentiellement des chutes des prix du carburant et des loisirs.
Le climat des affaires en Allemagne s’est dégradé encore plus fortement qu’attendu en mars pour tomber à son plus bas niveau depuis près de 11 ans en raison du «choc» provoqué par la pandémie de coronavirus, montre l’enquête mensuelle de l’institut Ifo publiée ce matin. Son indice du climat des affaires a reculé à 86,1 après 96,0 en février, au plus bas depuis juillet 2009. Sa baisse d’un mois sur l’autre est sans précédent depuis la réunification du pays en 1990. Le consensus des économistes prévoyait en moyenne un chiffre de 87,7.
La banque centrale d’Afrique du Sud (SRAB) se joint au club des instituts d’émission qui ont lancé ces derniers jours des programmes de rachat d’actifs (quatitative easing – QE) pour tenter d’apaiser les tensions sur les marchés de taux et de crédit en raison des conséquences du coronavirus sur l’économie locale. Le pays est entré dans une période de vingt et un jours de confinement avec 700 cas de contagion confirmés.
Les émetteurs sur le marché obligataire corporate euro veulent absolument profiter de la fenêtre qui leur est offerte. Ce matin, cinq émissions sont en cours avec plusieurs entreprises notées dans la catégorie BBB, signe que la tension est, pour le moment, descendue d’un cran. Ainsi, Carrefour, noté BBB, cherche à placer 1 milliard d’euros d’obligations à 8 ans. La demande dépasse 5 milliards. Bertelsmann, noté BBB+/Baa1, émet 750 millions d’euros (opération initialement prévue de 500 millions d’euros) à 8 ans avec 3,3 milliards de d’intérêts de la part des investisseurs. Toujours dans la catégorie BBB+/Baa1 Heineken propose deux tranches à 5 ans et 10 ans pour 600 millions et 800 millions d’euros respectivement et 13 milliards de demande. Enfin Philips (BBB+/Baa1) émet deux fois 500 millions à 5 et 10 ans avec une demande de plus de 10 milliards d’euros. Toutes ces émissions ne se font toutefois pas à n’importe quel prix. Les spreads à l’émission sont en nette hausse par rapport à des émissions identiques en début d’année. Ainsi, l’émission de Carrefour devrait être placée avec un spread de 270 points de base au-dessus des midswaps.
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) a demandé, hier, aux ministres des Finances de la zone euro, lors d’une visioconférence, d’envisager sérieusement une émission exceptionnelle d’obligations souveraines mutualisées, des coronabonds, pour faire face aux conséquences économiques de l'épidémie de coronavirus, selon Reuters qui cite des participants à cette réunion. Christine Lagarde a parlé d’une émission unique réalisée en parallèle du recours aux instruments du MES (Mécanisme européen de stabilité). «L’Eurogroupe n’a pas discuté d’une mutualisation de la dette à ce stade», a dit l’un des participants à cette réunion. La patronne de la BCE s’est heurtée à l’opposition de l’Allemagne, des Pays-Bas et d’autres pays du nord de l’Europe. «Il y a eu une opposition en provenance des coins habituels mais aussi beaucoup de soutien au-delà du Club Med», a ajouté une autre personne présente, en désignant les pays du nord et du sud de l’Europe.