Créée il y a une quinzaine d’années, l’agence de notation éthique Covalence cible désormais la gestion d’actifs. «Historiquement, Covalence s’adressait aux clients corporate pour lesquels nous publiions gratuitement les rankings. Ce qui augmentait notre visibilité, mais pas nos affaires et nos revenus. En tant qu’acteur de niche, nous nous recentrons, en effet, sur le marché de la finance en Suisse, les investisseurs et les fondations. Notre offre a donc évolué: elle se compose actuellement de benchmarks professionnels et ne s’adresse plus qu’à nos clients. Je peux citer trois exemples. Depuis début 2016 nous fournissons à l’asset manager genevois Vandaalen & Cie des ratings sur les actions suisses, qui sont utilisés pour un AMC (Actively Managed Certificate). Nous sommes aussi engagés dans un partenariat avec BBGI Group sur des indices en actions suisses. Et depuis 2015, nous collaborons avec la fondation PeaceNexus pour évaluer la contribution des entreprises à la construction de la paix dans les pays fragiles. Après un projet pilote, l’idée est de créer un fonds de placement utilisant ce type de mesures», explique Antoine Mach, CEO de la société, dans les colonnes de L’Agefi suisse. «Notre originalité réside dans notre approche automatisée et multi-sources. A la différence d’autres agences de rating classiques, qui incluent les critères ESG sous forme d’audit et donc d’analyse qualitative humaine. La plupart travaille principalement sur la base de questionnaires annuels. Cette approche peu réactive présente des limites en termes de subjectivité. L’originalité de Covalence est de ne pas prendre l’entreprise analysée comme unique source d’information, mais de collecter le contenu narratif des ONG, syndicats, experts, médias… Pionniers dans la diversité des sources – uniquement identifiées – nous faisons le pari démocratique de la crédibilité de ces informations, renforcée par la validation de pairs, l’écho et la diffusion», ajoute Antoine Mach.