L’appétit des investisseurs pour les pays émergents est loin d'être au beau fixe. Les dernières statistiques du spécialiste des flux dans le monde EPFR Global le confirment. Les dégagements dans les fonds dédiés aux actions émergentes se sont élevés à leur plus haut niveau des cinq dernières semaines durant la semaine au 21 décembre, l’essentiel des rachats étant intervenu dans les fonds d’actions Asie hors Japon et les fonds d’actions émergentes globaux GEM (Global Emerging Markets). Du côté de l’obligataire, la tendance est similaire même si l’on observe un intérêt marqué pour certains fonds comme ceux dédiés à la Russie, dans ce dernier cas tant pour les fonds obligataires que pour les fonds actions.Il reste que la tendance semble encore orientée à la baisse, après avoir connu des points hauts dans le sillage de l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche en raison notamment de la politique protectionniste que pourrait mettre en œuvre le président élu. L’agence de presse Reuters relève toutefois que cet environnement a priori peu favorable n’empêche pas plusieurs gestionnaires de premier plan d’afficher un certain optimisme pour ne pas dire un optimisme certain. C’est notamment le cas de BlackRock qui, par la voix de Jeff Rosenberg, son stratégiste en chef sur l’obligataire, estimait très récemment pouvoir enregistrer des gains solides dans toutes les classes d’actifs émergentes, notamment l’obligataire.Pictet a aussi souligné il y a déjà quelques mois qu’il fallait s’intéresser aux stratégies émergentes après plusieurs années de vaches maigres. Ricardo Adrogué, responsable de la dette émergente chez Barings Asset Management, estime pour sa part que les analystes, agences de notation y compris, ont tendance à mélanger les problèmes structurels avec les problèmes cycliques lorsqu’ils évaluent le secteur. «Notre appréciation des marchés émergents se renforce actuellement ", indique-t-il cité par Reuters. Morgan Harting, gérant de portefeuille principal pour les stratégies de rendement multi-classes d’actifs chez AllianceBernstein est particulièrement optimiste sur le secteur de l'énergie et investit dans des pays comme le Brésil et le Russie et des sociétés comme le groupe pétrolier et gazier hongrois Mol Group.Les agences de notation se montrent toutefois moins confiantes. Tant S&P que Moody’s et Fitch Ratings ont récemment revu à la baisse leurs perspectives de crédit, tout particulièrement sur les marchés émergents. Selon Diane Vazza, managing director de la recherche sur l’obligataire mondial chez S&P Global, évoque le risque géopolitique et les sociétés énergétiques incapables de s’ajuster à la tendance de long terme de prix moins élevés pour le pétrole et le gaz. «Environ un tiers des entreprises émergentes ont des perspectives négatives», a précisé à Reuters Diane Vazza qui prévoit de nouvelles pressions à la baisse dans tout l’univers émergent.