A fin juillet de l’année 2017, les entreprises du SBF 120 ont annoncé 19 opérations d’actionnariat salarié, selon le spécialiste de l’actionnariat salarié Eres. Un chiffre en légère baisse (21) par rapport à la même période de 2016 mais qui se maintient à un niveau élevé. En effet, l’année 2016 s'était bouclée avec un record historique de 35 opérations contre 29 en 2015 et 24 en 2006, selon la cinquième édition de l'étude d’Eres sur l’actionnariat salarié des entreprises du SBF 120. A noter enfin qu’en 2016, la France est toujours championne d’Europe de l’actionnariat salarié «démocratique». En effet, 76% des entreprises françaises ont des plans d’actionnariat pour l’ensemble de leurs salariés contre une moyenne européenne de 47%. En outre, 36% des salariés sont actionnaires contre 22% en Europe (taux de démocratisation) et enfin, les salariés (non dirigeants) détiennent 4% du capital contre 1,6% en Europe. Cela dit, le taux de démocratisation est orienté à la baisse, en France et en Europe. En France, il se retrouve à son plus bas niveau depuis 2007, à 39% pour le NEXT 80 contre 42% en 2007, et à 42% pour le CAC 40 contre 43% en 2007 et plus de 50% en 2011. La baisse est probablement liée en partie à la chute des plans collectifs d’attribution gratuite d’actions qui sont au nombre de seulement trois pour l’année 2016, pour cause d’instabilité fiscale, contre 5 l’année précédente, 8 en 29014 et 2013 et 10 en 2012. Les salariés ayant souscrit à une opération d’actionnariat salarié (augmentation de capital réservée ou cession d’actions), réalisée par les entreprises du SBF120 entre 2006 et 2011, ont été gagnants dans 78% des cas avec le dividende et la décote (sans tenir compte de l’abondement) alors qu’un actionnaire normal aurait été gagnant dans 68% des cas seulement. Avec un taux d’abondement de 100% , les salariés auraient été gagnants dans 95% des cas au bout de 5 ans. Abondement et décote permettent de limiter sensiblement le risque pris par les salariés. Ces résultats sont conservateurs dans la mesure où ils partent du principe que le salarié cède ses actions au bout de 5 ans alors que rien ne l’y oblige. Pour 100 euros investis, entre 2006 et 2011, en titres de leur entreprise, les salariés du SBF120 ont réalisé un gain moyen de 85% (décote et dividende compris, hors abondement), ce gain est en plus exonéré d’impôt sur les plus-values grâce au régime dérogatoire du PEE. Eres a en outre mesuré pour la première fois cette année, l’impact de l’actionnariat salarié sur des indicateurs RH des sociétés du SBF120. Les taux moyens de départs volontaires et de licenciement entre 2012 et 2016 sont plus favorables dans les sociétés avec une très forte culture d’actionnariat salarié qu’au sein des sociétés avec une culture très faible.