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Les vertus d’une gestion active, voire tactique

Typiquement, les fonds thématiques sur la souveraineté permettent d’éviter les écueils d’une gestion trop sectorielle.
EU flags waving in front of European Parliament building in Brus
EU flags waving in front of European Parliament building. Brussels, Belgium  -  Symbiot - stock.adobe.com

« Le maître-mot reste la diversification, assure Lazare Hounhouayenou. Mais une stratégie thématique implique également la prise en compte de biais assumés par rapport aux indices de marché. Et nous avons une gestion véritablement active, avec un aspect tactique. » il ne s’agit pas de « s’endormir » sur un panier de titres immuable. « Nous avons une approche de sélection de titres, partant de l’analyse de chaque position en portefeuille, plutôt qu’une volonté de répartition a priori entre les différents piliers ou de comparaison avec un benchmark, fait savoir Emilie Brunet-Manardo. Nous privilégions la souplesse. Alors que le poids de la défense a baissé du fait d’une sous-performance, nous nous posons la question de savoir si certaines sociétés du secteur méritent d’être renforcées. » La capacité à s’éloigner du benchmark s’exprime aussi dans la possibilité de descendre sur l’échelle des capitalisations boursières. « Nous pouvons descendre jusqu’à 500 millions d’euros de capitalisation, ce qui permet éventuellement de participer à des introductions en Bourse. Mais le poids des small caps est plafonné à 20 % de la stratégie et il est aujourd’hui plutôt autour de 10 % », détaille Lazare Hounhouayenou. Chez Lazard Frères, on est dans le même ordre de grandeur. « Les petites et moyennes valeurs représentent plus de 10 % de notre portefeuille, la seule contrainte étant de ne pas avoir plus de 10 % du fonds dans des capitalisations inférieures au milliard d’euros », indique de son côté Emilie Brunet-Manardo.

La souplesse de gestion que les fonds s’autorisent face aux indices est d’autant plus importante que le degré de pureté minimal des entreprises vis-à-vis du thème n’est pas la seule contrainte que s’imposent les gérants. « Nous avons mis en place un filtre sur l’actionnariat, explique Damien Mariette. Une entreprise européenne à capitaux majoritairement extra-européens pose la question de l’alignement entre sa stratégie et les intérêts de l’Europe en cas de conflit entre les deux zones. On voit d’ailleurs que le management de Pirelli, majoritairement italien, travaille à réduire le poids de son principal actionnaire, le chinois Sinochem. Cela leur a d’ailleurs nui commercialement, notamment sur le marché américain. » Et comment se comporterait le management d’ArcelorMittal, à l’actionnariat principalement indien, en cas de conflit – certes peu probable aujourd’hui – entre ce pays et l’UE ? « Nous n’investissons pas dans des sociétés du Royaume-Uni, qui ne bénéficieront pas des plans européens, ajoute Damien Mariette. Les sujets de défense sont la seule exception possible, depuis le rapprochement avec l’UE opéré l’an dernier par le gouvernement de Keir Starmer. »

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