Les assureurs ne cachent pas leur inquiétude quant au projet de « flat tax » du gouvernement sur les revenus de l’épargne, craignant notamment que cette réforme ne pénalise l’assurance-vie, rapporte le quotidien Les Echos. Le gouvernement s’apprête en effet à appliquer un prélèvement forfaitaire unique à 30% notamment pour les contrats d’assurance-vie de plus de huit ans, contre une imposition de 23% actuellement. En revanche, pour les épargnants qui décideraient de sortir de leur contrat avant quatre ans, la fiscalité passerait de 50,5% aujourd’hui, à 30% à l’avenir. « Le risque, c’est que cela diminue la durée moyenne de détention des contrats d’assurance-vie et donc que cela réduise l’investissement en actions », déplore Bernard Spitz, président de la Fédération française de l’assurance (FFA). Toutefois, afin de préserver l’épargne populaire, le gouvernement a décidé de n’appliquer ce nouveau prélèvement forfaitaire unique qu’aux épargnants dont l’encours des contrats est supérieur à 150.000 euros. Une mesure qui passe mal auprès des assureurs. « Un commerçant, un artisan ou un salarié qui travaille toute une vie pour avoir 150.000 euros sur son assurance-vie a besoin de cet argent pour la retraite, ce changement de fiscalité pourrait le pénaliser », craint ainsi Gérard Bekerman, président de l’Association française de l’épargne et de retraite (Afer). Dans ce contexte, les assureurs proposent de maintenir le régime fiscal actuel « à condition d’investir un peu plus longtemps, à 10 ou 12 ans et d’investir davantage en actions », avance Bernard Spitz.