Le Département américain de la Justice (DoJ) a mis en cause deux cadres de Société Générale dans le cadre de l’affaire du Libor, rapporte le quotidien Les Echos. Il s’agit de Danielle Sindzingre – chargée de la trésorerie de la banque au niveau mondial à l’époque des faits reprochés – ainsi que Muriel Bescond, alors à la tête de la trésorerie pour la France, pour leur rôle supposé dans l’affaire de manipulation du taux interbancaire Libor, qui sert de référence à la fixation de taux de nombreux produits financiers. Selon l’acte d’accusation « entre approximativement mai 2010 et approximativement octobre 2011 », les deux cadres auraient donné instruction au desk parisien de soumettre de fausses informations relatives au taux auquel la banque pouvait emprunter de l’argent afin de « laisser paraître que Société Générale était capable d’emprunter de l’argent à un taux plus favorable qu’elle ne le pouvait en réalité ». Ainsi, selon le DoJ, « la fausse information a altéré le calcul du Libor en dollars, ce qui a donc affecté toutes les transactions financières liées [au Libor en dollars] ce jour-là », insiste l’accusation. Au total, selon les procureurs, cette manipulation présumée aurait un impact négatif de « plus de 170 millions de dollars sur les marchés financiers mondiaux ».Le groupe français a simplement indiqué avoir « reçu des demandes d’informations de plusieurs autorités – dont le département américain de la Justice – relatives aux enquêtes sur les soumissions à l’Association des banques britanniques pour la fixation de certains taux de référence, dont le Libor. Société Générale coopère avec les autorités conduisant ces enquêtes ».