Les dirigeants de l’Union européenne ont approuvé jeudi un «pacte pour la croissance», lors du Conseil européen à Bruxelles, mais l’Italie et l’Espagne ont subordonné leur signature à l’examen de mesures d’urgence pour alléger le coût de leur dette.La zone euro veut ainsi mettre en place d’ici à la fin 2012 un mécanisme qui permettra de recapitaliser les banques directement via ses fonds de secours, sous certaines conditions, a indiqué vendredi lors d’une conférence de presse à Bruxelles le président de l’UE Herman Van Rompuy, au terme de plusieurs heures de discussion. Cette instance unique de supervision bancaire impliquera la Banque centrale européenne (BCE). «Quand ce sera prêt, le Mécanisme européen de stabilité (MES) pourra avoir la possibilité de recapitaliser directement les banques», a déclaré Herman Van Rompuy. La zone euro est également prête à ce que les fonds de secours interviennent pour rassurer les marchés, a ajouté Herman Van Rompuy, suggérant que le FESF et le MES pourront acheter directement des titres de dette sur les marchés.Selon lui, la zone euro fera un usage plus «souple» des fonds de secours afin de «rassurer les marchés et d’obtenir de la stabilité sur les obligations souveraines de ses membres». Il s’agissait d’une des demandes de l’Italie et de l’Espagne, qui sont étranglées par des taux de plus en plus élevés, mais jusqu’ici l’Allemagne s’y était fermement opposée.Ces deux pays avaient conditionné leur accord à un pacte de croissance européen d’un montant de 120 milliards d’euros à l’adoption par la zone euro de mesures immédiates pour leur venir en aide. Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a indiqué de son côté que l’Espagne et l’Italie avaient finalement «levé leurs réserves».Les dirigeants européens ont donné jeudi soir leur accord pour «améliorer le financement de l'économie» via des mesures immédiates de croissance.Ce programme passe par une augmentation de la capacité de prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI) de 60 milliards, 55 autres milliards venant de la réaffectation de fonds structurels non utilisés, et 5 milliards de «project bonds» lancés "à l'été» pour financer des infrastructures de transport et d'énergie.