L’agence Moody’s a annoncé jeudi soir 21 juin la dégradation de 15 grandes banques internationales, dont les américaines Bank of America et Citigroup, relégués à deux crans de la catégorie spéculative, et les françaises BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale. Au terme d’un examen lancé mi-février, l’agence a revu à la baisse les notes de cinq établissements américains, trois français, deux suisses, trois britanniques, une banque canadienne et une allemande.Du côté des banques françaises, l’agence a abaissé de deux crans la note de BNP Paribas et Crédit Agricole SA, et d’un seul celle de Société Générale. Les trois établissements ont désormais la note «A2». Moody’s a même attribué une note de crédit dite «isolée» (standalone) de baa2 à BNP Paribas, c’est-à-dire sans tenir compte de la probabilité d’un éventuel soutien extérieur en cas de difficultés.Elle évoque l’importance des activités de marché dans les revenus de la banque, ainsi que sa plus forte dépendance au financement à court terme et sa position de liquidité plus faible que ses grands concurrents. L’autre facteur jouant contre la banque française est son exposition importante aux économies «sous pression» en zone euro, en particulier l’Italie par le biais de sa filiale BNL.BNP Paribas a réagi en reprochant à Moody’s de n’avoir «pas tenu suffisamment compte» de son plan d’adaptation qui va lui permettre d’afficher, fin 2012, un ratio de fonds propres «durs» (capital et bénéfices mis en réserve rapportés aux crédits consentis) parmi les plus élevés au monde, ainsi que de l’importance des liquidités dont elle dispose.Credit Suisse a vu sa note de dépôt à long terme abaissée de trois crans de Aa1 à A1. Pour UBS, la note de long terme et de dépôt a été revue à la baisse de deux crans, de Aa3 à A2. Les plus durement affectées sont les américaines Bank of America et Citigroup, dont les notes ont été rétrogradées à Baa2 et ne se situent plus que deux crans au-dessus de la catégorie dite spéculative. Dans un communiqué, Citi a fait part de son «vif désaccord avec l’analyse de Moody’s sur l’industrie bancaire» et assure «croire fermement que son abaissement de Citi est arbitraire et complètement injustifié». Le groupe ajoute que les investisseurs «sophistiqués» ne dépendent plus étroitement des notes d’agence pour évaluer les risques de crédit.Moody’s a scindé en trois groupes, par ordre de solidité, les 15 banques. La sino-britannique HSBC (-1 cran à Aa3, contre Aa2), l’américaine JPMorgan Chase (-2 crans à A2, contre Aa3) et la canadienne Royal Bank of Canada (-2 crans à Aa3, contre Aa1) ont été versées dans le groupe de tête. L’agence estime que malgré la taille significative de leurs activités de marché, ces trois banques ont «une capacité d’absorption des chocs supérieure à nombre de leurs pairs, matérialisée par des revenus provenant d’autres activités, généralement plus stables».Moody’s juge qu’elles ont des fonds propres et une liquidité solides, en soulignant que leur exposition à la dette des Etats de la zone euro en difficulté et aux banques de ces pays est «contenue».A l’autre bout du spectre, l’agence a relégué dans le dernier groupe les américaines Citigroup, Morgan Stanley et Bank of America ainsi que la britannique Royal Bank of Scotland (RBS).