Le taux interbancaire Libor, au coeur d’un scandale de manipulations, ne joue plus son rôle et doit être réformé ou en tout cas modifié, a estimé le 10 août le directeur de l’Autorité britannique des marchés financiers (FSA), Martin Wheatley à l’occasion de la présentation de ses recommandations rendues publiques le même jour."La structure existante et la gouvernance de Libor ne sont plus adaptées et une réforme est nécessaire», a déclaré Martin Wheatley, qui a été chargé par le gouvernement britannique de formuler des recommandations pour revoir le dispositif de fixation du Libor (London interbank offered rate). Le gouvernement devrait le cas échéant inclure ces recommandations dans la loi sur les services financiers actuellement en cours d’examen devant la Chambre des Lords. Martin Wheatley, qui est également responsable de l’Autorité de déontologie financière (FCA), propose notamment d’inclure dans la méthode de calcul du Libor davantage de données objectives, basées sur des transactions réelles et non sur le jugement, afin de réduire les possibilités de manipulation de ce taux. Il envisage également que d’autres taux de référence servent de base pour au moins une partie des transactions du Libor. «Dans certains cas, il existe d’autres taux qui pourraient être utilisés plus largement», a-t-il déclaré. «Dans d’autres cas, de nouveaux taux de référence pourraient être identifiés et développés», a-t-il estimé. Enfin, il est nécessaire selon lui de renforcer les pouvoirs des autorités judiciaires et de régulation des marchés pour poursuivre les contrevenants. Les acteurs du secteur ont jusqu’au 7 septembre pour se prononcer sur ses recommandations, qui devront ensuite être finalisées d’ici à la fin septembre.