49 % d’un panel de professionnels de la gestion d’actifs interrogés à l’occasion d’une conférence du Fund Forum International qui se tient en ce moment à Monaco jugent non nécessaire la réglementation européenne sur les rémunérations dans le secteur pour réduire les conflits d’intérêts, alors qu’un vote sur le sujet est attendu la semaine prochaine. A contrario 43 % pensent le contraire, tandis que 8 % se disent indécis."Il faut bien accepter le fait que le grand public pense que nous gagnons trop d’argent», a concédé Martin Gilbert, CEO d’Aberdeen Asset Management, commentant ces résultats à l’occasion d’une conférence mercredi matin. Il met toutefois en garde contre les effets indésirables que le texte en question pourrait avoir à terme et rappelle que «les sociétés de gestion se portent bien seulement si les clients se portent bien». La réglementation est d’une manière générale un sujet qui fait grincer des dents. Thomas Seale, CEO d’European Fund Administration, a recensé pas moins de 28 directives concernant le secteur de la gestion d’actifs depuis la crise. Or, seuls 18 % des professionnels interrogés lors de cette conférence pensent qu’elles ont contribué à renforcer le secteur des fonds, tandis que 40 % estiment au contraire qu’elles l’ont affaibli. Christian Dargnat, le CEO de BNP Paribas Asset Management et tout nouveau président de l’Efama, l’association européenne des fonds, note quant à lui que ces 5 dernières années, les Ucits ont fait l’objet de trois directives, alors qu’il n’y en avait eu que 2 en 20 ans. «Le coût de ces nouvelles règles ne pèsera pas sur les marges bénéficiaires des sociétés de gestion mais sur le rendement pour le client», prévient Christian Dargnat. Francis Jackson, managing director, EMEA regional exécutive investor services chez JP Morgan, estime pour sa part le coût des réglementations à venir à 20 points de base par an sur le total des frais sur encours (TFE) des fonds.Autre effet indésirable, le poids des nouvelles réglementations rend plus difficile l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché, alors même que le régulateur milite en faveur de davantage de concurrence, relève Martin Gilbert. Ce dernier ajoute que le législateur gagnerait à ne pas parler de « protection du consommateur » lorsqu’il aborde le secteur de la gestion d’actifs, mais de protection des investisseurs ou des épargnants. «Nous ne sommes pas des vendeurs de machines à laver», s’est insurgé Keith Skeoch, CEO de Standard Life Investments. Pire encore, ce «tsunami réglementaire» ne semble pas avoir restauré la confiance des investisseurs. 75 % des professionnels interrogés mercredi ne pensent pas que le secteur de la gestion de fonds a renoué avec la confiance d’avant la crise. «Comment voulez –vous que la confiance revienne si les règles changent tous les ans ?», a demandé Christian Dargnat.