Les entreprises européennes ont besoin de plus de flexibilité dans l’accès au financement, à travers un élargissement des canaux d’accès aux marchés financiers selon le rapport publié par l’AFME (Association for Financial Markets in Europe). Dans ce sens, les placements privés européens, l’infrastructure, l’immobilier, le marché du « high yield » ou encore la titrisation pourraient favoriser l’amélioration des canaux de distribution pour les marchés financiers et offrir une alternative aux prêts bancaires existants. Alors que le programme de réformes réglementaires pour faire face à la crise financière est en cours, les décideurs politiques européens se concentrent désormais sur la croissance et l’AFME a souhaité apporter sa contribution à l’agenda européen avec la publication du rapport «Libérer les ressources financières en faveur de l’investissement et de la croissance en Europe». Le rapport se fonde sur une enquête réalisée par le cabinet Oliver Wyman à la demande de l’AFME au travers de 75 interviews d’emprunteurs, investisseurs et banques originaires de neuf pays de l’Union européenne. Il met en évidence comment les emprunteurs, responsables de petites entreprises, directeurs financiers de grandes entreprises, et les investisseurs, compagnies d’assurance, fonds de pension et sociétés de gestion d’actifs perçoivent le fonctionnement des marchés financiers et les solutions, qui selon eux, pourraient libérer les investissements nécessaires à la croissance.Selon les compagnies d’assurance, fonds de pension et sociétés de gestion d’actifs sollicités dans le cadre de l’enquête, les incertitudes sur le plan de la réglementation apparaissent comme un obstacle majeur empêchant les assureurs et, dans une moindre mesure les fonds de pension, de jouer un rôle plus actif sur les marchés européens de financement à long terme. Tant que les questions politiques majeures de définition des ajustements de contrepartie, des taux d’actualisations et du calibrage des exigences en fonds propres sur certains instruments importants de l'économie réelle n’auront pas été résolues, les assureurs ne pondéreront pas fortement les actifs long terme dans leur portefeuilles. Le financement des infrastructures pâtit particulièrement de ce contexte : bien que les compagnies d’assurance soient très bien placées pour investir, sachant qu’elles dégagent environ 1000 milliards d’euros de liquidités chaque année, les craintes cristallisées autour de Solvency II et la règlementation IORP des fonds de pension empêchent l’investissement dans les classes d’actifs de long terme.Les investisseurs se demandent si les mandats des fonds de pension ne sont pas trop axés sur les classes d’actifs traditionnelles, ces derniers n’ayant pas les informations suffisantes pour se diriger vers de nouvelles classes d’actifs, comme les loans. Des inquiétudes émergent également quant aux capacités d’investissement des fonds de pension, étant donné l’obligation future de compensation des produits dérivés, imposée par EMIR. En effet, de nombreux fonds de pension utilisent activement les produits dérivés afin de prolonger la duration des fonds de pension sous-capitalisés.Alors que la situation macro économique et la complexité réglementaire restent les deux principaux freins mis en exergue dans l’étude, il existe un certain nombre de solutions/actions possibles pour stimuler la croissance. Celles-ci doivent être mises en oeuvre en parfaite coordination entre l’industrie financière et les autorités publiques. Parmi les nombreuses solutions potentielles présentées dans l’étude, les actions prioritaires seraient : - La résolution des questions réglementaires pour améliorer la capacité de couverture des entreprises- Le développement d’un régime européen de placements privés de manière à apporter davantage de flexibilité dans l’accès au financement- La clarification et la finalisation des réglementations touchant les assureurs et les fonds de pension, pour leur permettre d’investir plus librement- Le développement d’un nouveau régime d’investissement pour les actifs non liquides de manière à augmenter le financement non bancaire, particulièrement dans les infrastructures- Trouver un accord sur un ensemble de mesures ciblées pour encourager les marchés financiers à prêter davantage aux PME.