Le patron de la société Eurofin, basée à Lausanne, s’exprime dans un entretien au Matin Dimanche sur ses relations d’affaires avec le Groupe Espirito Santo (GES). Alexandre Cadosch précise que le géant financier portugais en déroute détenait une participation minoritaire de 20% dans Eurofin de 2004 à 2009."Ensuite, les trois actionnaires principaux, dont moi-même, ont racheté les actions du groupe», explique Alexandre Cadosch. Le président du conseil d’administration et directeur général d’Eurofin a lui-même travaillé pendant dix ans dans l’une des filiales de GES. Le 3 août, dans le cadre du sauvetage de Banco Espirito Santo (BES), le gouverneur de la banque centrale portugaise a chiffré l’ampleur des «placements de titres» impliquant Eurofin Securities, filiale d’Eurofin. Selon la transcription de son intervention, ceux-ci ont donné lieu à 1,249 milliard d’euros de pertes dans les comptes.Puis un article du Wall Street Journal du 5 août a contribué à focaliser l’attention de la presse helvétique sur le groupe lausannois. Selon Le Temps de samedi, Lisbonne s’intéresse de près à cette entité. «Que les autorités portugaises se posent des questions sur notre activité, c’est possible», concède Alexandre Cadosch, réitérant qu’il n’a pas d’autres informations. «Il n’y a jamais eu de contact ou de requêtes formulées par les autorités portugaises», répète-t-il.Eurofin a offert au groupe financier portugais des services de structuration, notamment lors de la création de fonds de placement au Luxembourg ou dans d’autres juridictions, explique le directeur. Sa société a assisté les filiales de GES dans l'élaboration de certains fonds. En revanche, contrairement aux allégations du Wall Street Journal, elle n’a jamais eu «aucune action de vente de produits structurés auprès des clients d’Espirito Santo et/ou de la Banque Privée Espirito Santo», assure-t-il. «Ce n’est pas notre métier».