Le projet Libra avance en dépit des réticences et défections
Les 21 membres fondateurs de l’association ont établi une charte sur la gouvernance du projet et élu un conseil d’administration composé de cinq membres.
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Pauline Armandet
Le lancement du libra, cryptomonnaie de Facebook, prévu pour 2020, devrait prendre plus de temps.
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Un pas en avant, un pas en arrière. La première assemblée générale de l’association Libra, le projet de cryptomonnaie de Facebook, s’est tenue à Genève lundi. Les 21 membres de l’association ont validé une charte sur la gouvernance et élu un conseil d’administration composé de cinq membres. «21 sociétés ont manifesté leur intérêt à faire avancer le projet Libra» explique à L’Agefi Bertrand Perez, chef des opérations et secrétaire général de l’association. Leur implication dans cette aventure va s’accentuer : «elles pourront désormais s’exprimer plus facilement, commencer des tests d’intégration sur la blockchain et intervenir face aux régulateurs, en précisant les services qu’elles envisagent de mettre en place grâce au libra».
Parmi les 21 membres fondateurs, figurent des groupes de télécoms (Vodafone, Iliad), des acteurs de la blockchain (Coinbase) ou encore un acteur du paiement en ligne (PayU). Mais depuis juin, sept membres ont quitté le navire, dont les spécialistes du paiement PayPal, Visa et Mastercard. «Le libra est encore au stade de projet : ces sociétés ont considéré que dans la mesure où toutes les cases n’étaient pas cochées, il valait mieux partir», confie l’ex-cadre de Paypal.
Parmi les cases qui restent à cocher, il y a la question réglementaire. Membre du nouveau board, Katie Haun, fine connaisseuse des aspects juridiques aux Etats-Unis, a «déjà résolu des cas de blanchiment d’argent et est convaincue que la blockchain, qui pose question aux régulateurs, apporte des solutions technologiques» précise Bertrand Perez. L’association attend aussi les conclusions du rapport de la task force du G7 remis demain «pour connaître leur position sur les ‘stable coins’ et voir comment le libra peut s’inscrire» souligne-t-il. «Notre objectif est bien de compléter le système de paiement, en respectant la réglementation.»
Dans les prochaines semaines, l’association dévoilera l’ensemble des critères de sélection des nouveaux membres, un point qui ne figure pas dans la charte. «Une fois ces critères validés, nous les appliquerons aux 1.600 candidats actuels pour identifier ceux qui pourront faire partie de l’association», indique Bertrand Perez, qui espère une «augmentation significative» du nombre de membres d’ici la fin de l’année, venus de tous les continents.
Le lancement de la cryptomonnaie de Facebook, prévu d’ici 2020, devrait prendre plus de temps. «S’il faut décaler la date de lancement parce qu’il y a encore des questions en suspens nous le ferons. Nous ne sommes pas à quelques trimestres près, on fait ça de manière sérieuse», conclut Bertrand Perez.
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