Le département du Trésor britannique, HM Treasury, a lancé, mercredi 1er février, sa consultation publique sur le futur cadre réglementaire des services financiers pour les activités liées aux crypto-actifs. Cette consultation se poursuivra jusqu’au 30 avril 2023. Dans un document de 82 pages, le gouvernement britannique pose une cinquantaine de questions aux parties prenantes sur son approche vis-à-vis de la régulation des services financiers en matière de crypto-actifs. Il espère avec ce futur cadre réglementaire placer le secteur financier local en première ligne de l’innovation et des technologies liées à cette classe d’actifs. «Les marchés de crypto-actifs continuent de se développer de façon toujours plus rapide et complexe. Mais ils demeurent un secteur naissant et comme avec n’importe quelle technologie émergente, cela amène autant de risques que d’opportunités», souligne Andrew Griffith, le secrétaire économique du Trésor britannique. En évoquant les risques, celui-ci fait notamment référence au récent effondrement de nombreux acteurs de la sphère crypto comme FTX et à leurs conséquences pour les investisseurs. Le gouvernement britannique a divisé son calendrier de réglementation des cryptos en deux phases. Dans un premier temps, il va introduire une loi sur la régulation sur la publicité des cryptos par la Financial Conduct Authority (FCA) pour s’assurer qu’elles soient claires, justes et non mensongères. Il planche également sur la régulation des stablecoins – monnaies virtuelles adossées à la monnaie physique (en l’occurrence la livre sterling) – pouvant être utilisés comme moyen de paiement. Dans une deuxième phase, et c’est là l’enjeu de la présente consultation, l’intention du gouvernement britannique est d’introduire un régime régulant les activités de crypto-actifs, dont le trading et les investissements. La consultation couvre donc l’émission de cryptos sur des bourses/plateformes d’échange locales, les conditions d’opération des plateformes de trading et de prêt de cryptos ainsi que les activités de dépositaire et d’intermédiation liées aux cryptos. Les abus de marché sont aussi abordés. Investissements spécifiques Les cryptos ne seront pas, pour l’instant, catégorisés comme instruments financiers, indique le Trésor britannique, mais comme «investissements spécifiques» au sens de la directive régulant les activités de marchés au Royaume-Uni. «Cela s’explique par les limites de l’adaptation d’un régime existant à une nouvelle classe d’actifs présentant des caractéristiques et des risques uniques. Toutefois, conformément au principe «même risque, même résultat réglementaire», le Trésor cherchera à utiliser d’autres mécanismes législatifs et réglementaires pour mettre en place des garanties équivalentes ou similaires lorsque les crypto-actifs présentent des risques similaires à ceux des instruments financiers», explique-t-il. A propos des risques liés aux cryptos dans les services financiers, le Trésor britannique prévient que des mesures réglementaires additionnelles seront développées si les marchés et entités de crypto-actifs devenaient systémiques. Le gouvernement propose d’appliquer la future régulation aux activités de cryptos fournies tant par des entités établies au Royaume-Uni que celles établies à l’étranger mais aussi présentes sur le marché britannique. Concernant l’émission de crypto-actifs sur des plateformes d’échange basées au Royaume-Uni, le Trésor propose un régime construit sur celui des émissions de titres prévu dans la réforme des marchés britanniques avec des caractéristiques spécifiques aux cryptos. Il souhaite un standard minimum d’information qui pourrait être soumis à un test, des niveaux appropriés de due diligence, de protection de l’investisseur, ainsi qu’une responsabilité civile et des compensations appropriées en cas de déclarations mensongères dans les prospectus des émissions de cryptos. Le gouvernement considère par ailleurs que les offres publiques de crypto-actifs (initial coin offering ou ICO en anglais) pourraient être définies comme des offres publiques de titres financiers classiques. «La présence d’un token ne change pas fondamentalement la nature de la levée de fonds d’un point de vue réglementaire», soutient-il. Réguler ou ne pas réguler Dans sa consultation, le Trésor lance aussi des appels à témoignages. «Convient-il ou non de réguler le conseil en investissement en cryptos et la gestion de portefeuille de cryptos?»,demande-t-il.Le gouvernement britannique constate que, pour l’heure, peu de firmes proposent ce type d’activités ou incluent des cryptos dans leur offre de gestion de fortune ou d’actifs. De la même manière, il demande si le minage et la validation des cryptos devraient être régulés au-delà des considérations d’ordre écologique entourant ces deux activités. Le Trésor britannique consacre d’ailleurs le dernier volet de sa consultation à la problématique de durabilité dans les cryptos. Il s’interroge sur les informations liées à l’impact environnemental et/ou l’intensité énergétique liés aux investissements cryptos qui seraient utiles aux investisseurs dans leur prise de décision. Aussi demande-t-il quels indicateurs fiables sont disponibles pour déterminer l’impact environnemental des cryptos ou des mécanismes de consensus auxquels ils sont liés. Bradley Duke, co-directeur général du fournisseur de fonds indiciels (ETP) sur les cryptos ETC Group, a accueilli favorablement la publication de ces propositions. «Si le gouvernement veut vraiment faire du Royaume-Uni une plaque tournante mondiale de la crypto-monnaie, le fait de faire entrer certaines activités de crypto-monnaie dans le giron de la réglementation des services financiers classiques est exactement le bon point de départ. Une entreprise opérant en crypto et se comportant comme une banque ou un courtier, devrait naturellement être réglementée pour aider à stimuler la confiance des investisseurs dans le secteur», commente-il. Il espère une réglementation raisonnable et mesurée avec une vraie surveillance dans certains domaines comme la ségrégation des actifs et les règles d’adéquation des fonds propres.
Le général de l’Armée de l’air Stéphane Abrial analyse les enjeux du financement du secteur de la défense, alors que le conflit russo-ukrainien nourrit les débats sur la préservation de la souveraineté européenne.
... faux billets en euros ont été retirés de la circulation en 2022. C’est le deuxième plus bas niveau après 2021 que la Banque centrale européenne a pu constater jusqu’ici depuis l’introduction de l’euro en 2002. La proportion est de 13 faux billets identifiés par million de vrais billets en circulation. Les plus contrefaits sont les billets de 50 euros qui représentent 40 % des faux billets et ceux de 20 euros qui pèsent pour 24 % du total.
L’Autorité de la concurrence lance deux consultations publiques en vue de préparer des avis sur la liberté d’installation des notaires et des commissaires de justice et de proposer une révision des cartes arrêtées en 2021. La loi prévoit une révision des cartes d’installation au moins tous les deux ans. A cette occasion, l’Autorité rendra pour la première fois un avis et une proposition de carte unique pour la profession de commissaire de justice. Afin de contribuer aux nouveaux avis et propositions de cartes des zones d’installation d’offices de notaires et de commissaires de justice, les acteurs intéressés sont invités à répondre aux questionnaires accessibles en ligne avant le 2 mars 2023.
La commission des sanctions de l’AMF a sanctionné trois personnes morales et huit personnes physiques pour des manquements d’initiés ou relatifs à la tenue et à la mise à jour de liste d’initiés, lors du rachat des actifs de la foncière Terreïs par Swiss Life en 2019. Le montant des sanctions s’élève à 3,16 millions d’euros, contre 3,31 millions demandés par le Collège de l’AMF. La société THD écope de la plus forte amende, de 1 million d’euros. Si cinq personnes ont une sanction pécuniaire inférieure à celle réclamée par le Collège, Terreïs a vu la sienne passer de 200.000 à 350.00 euros pour n’avoir pas respecté ses obligations relatives à la tenue et à la mise à jour de la liste d’initiés.
L’Autorité de la concurrence lance deux consultations publiques en vue de préparer des avis sur la liberté d’installation des notaires et des commissaires de justice et de proposer une révision des cartes arrêtées en 2021. La loi prévoit une révision des cartes d’installation au moins tous les deux ans.
Le régulateur européen des marchés financiers Esma a lancé, mardi 31 janvier, une consultation publique sur la révision de la méthodologie des scénarios de stress tests des fonds monétaires. Cette consultation survient à la suite des turbulences observées sur les marchés financiers en mars 2020 en raison du Covid-19. L’Esma s’intéresse au niveau de liquidité des actifs détenus en portefeuille par les fonds monétaires et les conséquences d’éventuels chocs systémiques macro-économiques sur l’économie. La consultation publique du régulateur européen suggère la révision du scénario de stress test de liquidité afin de mieux prendre en compte le lien entre la liquidité des fonds monétaires et les pressions liées aux demandes de rachat des investisseurs. Des modifications du scénario de stress test macro-économique sont également envisagées par l’Esma dans l’optique de mieux appréhender l’impact macro-prudentiel sur les fonds monétaires. La consultation évoque en outre l’établissement d’un potentiel scénario de risque climat pour tester la robustesse des fonds monétaires sur cet aspect. Les parties prenantes ont jusqu’au 28 avril pour envoyer leurs réponses à l’Esma. Un rapport définitif sera produit au cours du quatrième trimestre 2023.
L'Af2i fait 19 propositions autour de l’investissement de long terme, du rapprochement avec les entreprises et de la maîtrise de l'innovation financière.
Une filiale russe de crédit-bail de Raiffeisen Bank International (RBI) fait partie des 182 sociétés ciblées par les nouvelles sanctions annoncées le week-end dernier par Kiev contre la Russie et la Biélorussie, a indiqué dimanche RBI. Les entreprises concernées appartiennent principalement aux secteurs du transport, de la location de véhicules et de la chimie. L’établissement de crédit autrichien, présent en Ukraine et en Russie, a précisé que son activité de leasing sur le marché russe représentait des financements de 362 millions d’euros à fin décembre 2022 et qu’aucun nouveau contrat n’avait été conclu depuis le déclenchement du conflit entre les deux pays.
La banque a répondu à la mise en demeure des ONG qui préparent une action en justice. Total, Danone et Casino ont déjà été assignés, mais aucune affaire n’a été jugée à ce jour.
Le secteur ayant été invité à réagir aux propositions du régulateur britannique, la FCA, concernant la finance durable et les labels qui y ont trait, la réaction de l’Investment Association s’est révélée quelque peu brutale. «Bien que nous saluions le travail positif de la FCA à ce jour, nous craignons que sans changements, ses propositions aboutissent à une approche qui ne sert pas efficacement les consommateurs ou ne facilite pas la transition vers un avenir plus durable», a ainsi commenté hier son directeur général Chris Cummings.Il explique ainsi que les propositions de la FCA «contiennent des aspects qui sont trop prescriptifs et excluraient de nombreux fonds existants, qui sont vendus légitimement à des clients satisfaits sur la base d’une stratégie liée à l’investissement responsable ou durable». Elle fait donc quelques contre-propositions : Adopter une approche pragmatique de l’agence et de l’influence et s'éloigner d’un langage spécifique sur les canaux de contribution des investisseurs. Introduire des règles de dénomination et de marketing plus inclusives et moins prohibitives Intégrer les nouvelles informations sur les fonds liés à la durabilité dans les informations existantes sur les produits. Reconnaître les limites actuelles des données et de la méthodologie et permettre aux entreprises d’utiliser des cadres internes comme norme crédible pour la durabilité environnementale et sociale. Adopter une approche plus pragmatique de l’impact. Reconnaitre l’importance de la distribution transfrontalière.
La multiplication et la complexité des réglementations en matière d’éthique nécessitent de les intégrer réellement dans les processus opérationnels pour une véritable efficacité.
La Financial Conduct Authority a lancé une procédure pénale contre cinq personnes pour conspiration en vue de commettre des délits d’initiés et de blanchiment d’argent, a-t-elle annoncé mercredi 25 janvier. Parmi elles figure un ancien analyste de Janus Henderson, Redinel Korfuzi. La société de gestion a coopéré pleinement avec l’enquête de la FCA. Le régulateur britannique allègue que Redinel Korfuzi, Oerta Korfuzi, Iva Spahiu, Rogerio de Aquino et Dema Almeziad ont conspiré pour commettre des délits d’initiés entre le 17 décembre 2019 et le 25 mars 2021. Plus précisément, il estime que Redinel Korfuzi a utilisé des informations privilégiées confidentielles auxquelles il a eu accès en tant qu’analyste dans son ancien rôle chez Janus Henderson pour réaliser des transactions opportunes et rentables sur 49 sociétés par le biais de comptes détenus par ses co-conspirateurs. A chaque fois, les défendeurs ont utilisé un produit dérivé appelé Contracts for Difference (CFD) en relation avec chacune de ces sociétés, en pariant que la valeur des actions baisserait après les annonces. Ce faisant, ils ont pu réaliser des profits d’environ 1,5 million de livres sterling. Tous les cinq sont également accusés d’infractions de blanchiment d’argent liées à plus de 170 dépôts en espèces totalisant environ 200.000 livres. En mars 2021, une opération de recherche et d’arrestation sur plusieurs sites a été menée par la FCA avec l’aide de la Metropolitan Police. Quatre personnes sur cinq ont été libérées sous caution par la police jusqu'à ce qu’ils comparaissent devant la Westminster Magistrates’ Court. L’affaire a été officiellement transmise à la Southwark Crown Court, où les prévenus comparaîtront le 22 février 2023. Tous les défendeurs plaident non coupables.
La déléguée générale de la CNCEF devrait intégrer la commission consultative Pratiques commerciales de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), a appris l’Agefi Actifs.
Le régulateur a mesuré leur résistance à des désordres importants sur les marchés financiers avant de mettre en œuvre le prochain cadre réglementaire post-Brexit.
Le Haut Comité juridique de la place financière de Paris (HCJP) recommande la «soft law» pour le vote des résolutions climatiques en assemblée générale.
L’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) veut s’appuyer sur ses prochaines orientations de dénomination des fonds ESG et durables pour faire le ménage dans la catégorie des fonds «article 8" de la réglementation SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation). Lors d’une audience publique sur la consultation relative à ces futures orientations, qui s’est tenue le 23 janvier, la présidente de l’Esma, Verena Ross, a expliqué que l’encadrement de la catégorie des fonds sous « Article 8 » était sa principale préoccupation du moment. Les fonds «article 8" sont placés dans cette catégorie de manière auto-déclarative par leurs gérants et doivent posséder des caractéristiques ESG. Mais SFDR ne contient actuellement aucune métrique pour vérifier la véracité de ces déclarations. Dès lors, de nombreuses sociétés de gestion ont pu avoir l’ambition de placer leurs stratégies dans cette catégorie, sans pour autant s’y conformer pleinement. Mais les futures orientations portant sur la dénomination des fonds ESG et durables, qui sont en cours d’élaboration et qui n’entre pas dans le cadre de SFDR, prévoient pour le moment d’instaurer des seuils minimums d’investissement ESG et durables pour qu’un fonds puisse se prévaloir d’un tel nom. Ainsi, il faudrait 80% du portefeuille orienté sur l’ESG pour pouvoir utiliser cet acronyme et les termes qui y sont liés, et y rajouter 50% en durabilité si l’on veut ce terme. La consultation s’appuie également sur l’application des critères d’exclusion pour tous les investissements de ces fonds. L’Esma a proposé l’application du critère d’exclusion suivi par l’indice Paris-aligned Benchmark (PAB), un point sur lequel le régulateur souhaite avoir un retour de la part de l’industrie. Consultation jusqu’au 20 février Cette audience visait à apporter des précisions sur ces futures orientations applicables à tous les fonds sous les directives Ucits et AIFMD. Ces orientations, ouvertes à une consultation publique jusqu’au 20 février, doivent apporter davantage de transparence aux investisseurs, car le nom d’un fonds est un outil puissant de marketing, selon le régulateur. « Tout fonds peut prétendre avoir des caractéristiques ESG et se déclarer conforme à l’article 8 sans aucun seuil sous-jacent. Si les fonds utilisent un nom faisant la promotion de l’ESG ou de la durabilité sans qu’un certain pourcentage soit à la hauteur du nom, ils risquent d’être mal représentés et de se livrer à un écoblanchiment potentiel », a déclaré Verena Ross. L’Esma a rappelé que ces orientations additionnelles ne concerneraient que des fonds avec ces termes dans leurs noms, quelque soit leur catégorisation SFDR. Cette dernière est obligatoire pour tous les fonds, a clarifié le régulateur. Cependant, la nouvelle règle sur les noms utilisera quelques notions importantes mentionnées dans la régulation SFDR. Par exemple, pour les fonds portant le terme «Sustainability» dans leur noms, ils devront avoir 50% d’investissement durable, dont la définition provient de SFDR (Article 2-17). En ce moment, l’industrie de la gestion d’actifs se débat sur cette définition jugée trop vaste, ce qui a amené les autorités règlementaires dont l’Esma à demander davantage de précision de la part de la Commission européenne. Les orientations sur les noms devraient entrer en vigueur au troisième trimestre 2023, moment où la Commission européenne devrait donner davantage de précisions concernant la définition du concept de durabilité. S’attaquer au «greenwashing» Pour soutenir ses propos, l’Esma a dévoilé qu’à l’heure actuelle, 14% des fonds domiciliés en Europe, soit 4.192 fonds, utilisent au moins un terme lié à l’ESG ou la durabilité dans son nom. La majorité de ces fonds (2.730) appartient à la catégorie « Article 8 ». Le régulateur européen a remarqué que 534 fonds catégorisés comme Article 6, qui ne prennent donc pas en compte les critères ESG, portaient aussi des termes liés à l’ESG ou la durabilité. Cette incohérence soulève, selon l’Esma, des questions potentielles de conformité et demande une action imminente pour s’attaquer au greenwashing. Cependant, le régulateur a évité de publier une liste des termes d’ESG ou la durabilité utilisée par ces fonds, car « cela peut amener des acteurs à contourner cette ligne directrice en utilisant un terme différent pour le même concept ».