La sécheresse record de cet été en Europe risque de conduire à la pire récolte de pommes de terre depuis 2018, selon World Potato Markets. Les conditions climatiques défavorables ont concerné quatre pays qui assurent la majorité de la production européenne : Allemagne, France, Pays-Bas, Belgique. Même avec les récentes pluies, la récolte, en grande partie réalisée en septembre, pourrait être inférieure de 20% à sa moyenne historique en France, 30% en Belgique. De quoi faire monter les cours des contrats à terme, de près de 50% depuis janvier pour le contrat Avril 2023 sur EEX, ainsi que potentiellement le prix des frites chez McCain et au MacDo.
Les contrats à terme sur le gaz naturel européen (référence TTF à Rotterdam) ont chuté de près de 10% lundi matin, de 307,50 à 277,30 euros/MWh, après un bond record de près de 40% la semaine dernière (jusqu’à 340 euros/MWh), après que l’Allemagne a déclaré que ses installations de stockage de gaz devraient être pleines à 85% d’ici au mois prochain, soit plus tôt que l’objectif d’octobre.
L’Europe semble affronter sa pire sécheresse depuis au moins 500 ans, avec deux tiers du continent en état d’alerte (17%) ou d’avertissement (47%), ce qui affecte le transport fluvial (de marchandises et matières premières notamment), la production d’électricité et les rendements de certaines cultures, montre une étude du Centre commun de recherche de la Commission européenne fondée sur les travaux de l’Observatoire européen de la sécheresse (OED). Une situation qui s’est aggravée avec la canicule cet été malgré les pluies mi-août, et qui pourrait durer jusqu’en novembre dans la zone Europe occidentale-Méditerranée. Les prévisions actuelles de rendement pour le maïs, le soja et le tournesol au niveau européens sont inférieures respectivement de 16%, 15% et 12% à la moyenne sur cinq ans.
Les contrats à terme sur le charbon à Newcastle, la référence pour la région la plus consommatrice qu’est l’Asie, se sont à nouveau négociés lundi au-dessus de 400 dollars/tonne (jusqu’à 416 dollars/tonne), comme début mars, début juin et mi-juillet, dans un contexte de demande robuste et de perturbations persistantes de l’approvisionnement en gaz et en énergie à cause la guerre en Ukraine. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une augmentation de la consommation de charbon en Europe de 7% en 2022, en plus de la hausse de 14% en 2021, le continent se tournant désormais vers le charbon maritime en provenance d’Afrique du Sud, d’Indonésie et même d’Australie pour compenser l’arrêt des importations en provenance de Russie. La demande de charbon de l’Inde, deuxième importateur mondial derrière la Chine, devrait aussi augmenter de près de 10% cette année. Les marchés étaient déjà tendus avant l’invasion russe en Ukraine.
Malgré les aléas climatiques, les prévisions de productions céréalières et oléagineuses sont bonnes mais l'acheminement des exportations en provenance de la région de la mer Noire, toujours incertain, continue de peser sur les prix.
Publié vendredi, l’indice des prix alimentaires calculé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est tombé à 140,9 points en juillet, contre 154,3 points en juin. L’indice reste supérieur de 13,1 % à son niveau d’il y a douze mois. La FAO ne déclare cependant pas victoire car les perspectives économiques compliquées, la volatilité des devises et les prix élevés des engrais continuent d'éroder la sécurité alimentaire mondiale. Les indices des prix de l’huile végétale, du sucre, des produits laitiers, de la viande et des céréales ont tous baissé d’un mois sur l’autre en juillet, le blé ayant chuté de 14,5 % et le maïs de 10,7 %.
Avec la volatilité des prix, le courtier a décidé de s'affranchir de ses limites de risque au printemps. Un pari osé, mais récompensé par des profits records.
Le rallye de cinq jours sur le minerai de fer s’est arrêté, chutant de plus de 5% vendredi, autour de 113 dollars/tonne pour les contrats à terme à Singapour. Les traders ont été déçus par le manque de signaux en provenance de la Chine concernant son marché immobilier en grande difficulté. Les dirigeants ont parlé de «soutenir les gouvernements locaux pour améliorer les politiques immobilières», sans précision malgré des perspectives économiques négatives. Publié dimanche, l’indice PMI manufacturier chinois est redescendu à 49,0 en juillet contre 50,2 le mois précédent. Les analystes attendaient en moyenne une amélioration, à 50,4. L’un des principaux facteurs de cette rechute est la poursuite de la contraction de l’activité dans le pétrole, le charbon et la fonderie.
Le cabinet spécialisé Agritel a estimé mardi, d’après un sondage auprès de la filière, que la récolte française de blé tendre se monterait à 33,44 millions de tonnes (Mt) en 2022, après 35,43 Mt en 2021, sous la moyenne des dix dernières années. «D’une précocité historique, cette moisson se caractérise par une grande hétérogénéité dans les rendements», explique Michel Portier, directeur général d’Agritel. Le printemps sec laissait craindre le pire mais les pluies tardives de juin ont sauvé la situation au nord de la Loire. La demande à l’export reste particulièrement soutenue car de grands importateurs comme le Maroc ont réalisé de faibles récoltes. La faiblesse de l’euro face au dollar, l’absence des blés ukrainiens et la moindre présence des blés russes augmentent aussi l’intérêt pour le blé français.
Les contrats à terme Septembre 2022 sur le blé tendre ont chuté vendredi de 7% à 326 euros/tonne sur Euronext et de près de 5% à 7,68 dollars/boisseau à Chicago, grâce à l’annonce d’un accord entre l’Ukraine et la Russie devant permettre de reprendre les exportations de céréales depuis les ports ukrainiens de la mer Noire. La signature s’est déroulée à Istanbul, en présence du président turc et du secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, qui créera un centre de coordination pour veiller à la mise en oeuvre de l’accord dans quelques semaines. Le corridor sécurisé permettrait à l’Ukraine d’exporter plus de 20 millions de tonnes de céréales accumulées dans les silos portuaires depuis le 24 février, tout en libérant de l’espace de stockage pour la prochaine récolte.
Après cinq jours de baisse sur fond d’inquiétude et de récession, les contrats à terme de septembre sur le blé au CME (Chicago) sont remontés lundi de plus de 5% par rapport à vendredi, à près de 8,10 dollars/boisseau. Les négociants s’inquiètent des températures très élevées en Europe comme aux Etats-Unis, qui augmentent les risques pour la production. En outre, les dernières prévisions du Département américain de l’agriculture (USDA) faisaient état d’une contraction de 44% des exportations de blé ukrainien cette année. L’Ukraine, la Russie et la Turquie mènent des pourparlers, depuis la semaine dernière sous l’égide de l’ONU, en vue d’un accord pour exporter depuis les ports de la mer Noire et débloquer l’approvisionnement mondial. Malgré les progrès, et l’optimisme de Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), ces négociations restent difficiles à conclure.
Les contrats à terme sur le maïs américain (CME) ont augmenté lundi à plus de 7,9 dollars/boisseau, un plus haut de huit semaines et plus très loin du sommet de dix ans de 8,14 dollars/boisseau atteint fin avril, toujours à cause des préoccupations autour de l’approvisionnement perturbé par la guerre russo-ukrainienne, mais également à cause de nouvelles inquiétudes autour du déficit hydrique qui prend de l’ampleur dans la ‘Corn Belt’ aux Etats-Unis. Les prévisions météorologiques très divergentes selon les régions laissent craindre une récolte en repli par rapport à l’optimisme qui pouvait être affiché au mois de juin. Les prévisions de temps chaud ont renforcé les perspectives de baisse des rendements pour la saison des récoltes à partir de septembre également en Europe et les agriculteurs ont pris du retard dans la plantation du maïs en Inde en raison de la répartition inégale des pluies de mousson. Dans le même temps, la demande des importateurs chinois s’est renforcée la semaine dernière, et soutient également les prix du maïs.
Les contrats à terme sur le maïs américain (CME) ont augmenté à plus de 7,9 dollars/boisseau, un plus haut de huit semaines et plus très loin du sommet de dix ans de 8,14 dollars/boisseau atteint fin avril, toujours à cause des préoccupations autour de l’approvisionnement perturbé par la guerre russo-ukrainienne, mais également à cause de nouvelles inquiétudes autour du déficit hydrique qui prend de l’ampleur dans la Corn Belt aux Etats-Unis. Les prévisions météorologiques très divergentes selon les régions laissent craindre une récolte en repli par rapport à l’optimisme qui pouvait être affiché au mois de juin, quand le département américain de l’agriculture (USDA) estimait la production de maïs US à 367,3 millions de tonnes (Mt) en 2022, après 383,9 Mt en 2021 et 358,4 Mt en 2020.