Succès. Avec moins de 10 milliards de dollars levés à l’occasion d’introductions en Bourse (IPO) entre janvier et août dans le monde, les investisseurs attendaient avec impatience celle de Porsche. Le constructeur automobile, filiale de Volkswagen, a levé 9,4 milliards d’euros le 29 septembre à Francfort, ce qui en fait la plus importante introduction en Bourse d’Europe depuis celle de Glencore à Londres en 2011 (10,2 milliards). Porsche a ainsi bénéficié de la faiblesse du marché des IPO cette année et donc d’une demande très supérieure à l’offre, la moitié des 650 investisseurs demandeurs de papier n’ayant pas été servis. Son prix d’introduction avait été placé en haut de la fourchette indicative, à 82,5 euros. L’action a atteint jusqu’à 86,76 euros en séance pour clôturer à 82,56 euros, reflétant une capitalisation boursière 75,2 milliards.
Pour son premier jour de cotation, l’action Technicolor Creative Studios (TCS) a terminé la séance en recul de 4,5% à 1,87 euro sur Euronext Paris. Le fournisseur indépendant de services créatifs dans le domaine des arts visuels se dit bien positionné pour générer une croissance rentable. Il indiquait dans son communiqué vouloir «développer les capacités pour répondre à la forte demande et servir de nouveaux marchés ; continuer à investir dans la R&D et la technologie ; et tirer profit des capacités existantes pour saisir les opportunités liées au metaverse». Cette opération a pour objectif de désendetter le reste du groupe Technicolor, dont l’endettement passera de 1,2 milliard d’euros avant la séparation à 375 millions d’euros après la scission.
Le Singapore Exchange (SGX) espère davantage de cotations d’entreprises chinoises dans les mois à venir, notamment d’émetteurs qui proposent déjà des certificats de dépôt américains (ADR), lesquels permettent d’investir sur des actions non américaines depuis les marchés boursiers US. Après le «listing» technique de Nio Inc. en mai, les investisseurs peuvent s’attendre à ce que d’autres suivent, a déclaré Loh Boon Chye, directeur général du SGX. Pour des levées de fonds si les conditions du marché redeviennent favorables, ou de simples cotations secondaires sinon. La Bourse locale, qui compte une douzaine d’entreprises chinoises cotées à la fois aux Etats-Unis et à Singapour selon Bloomberg, a signé le mois dernier un accord avec le Nyse pour faciliter la double cotation. Elle courtise les entreprises chinoises confrontées à de plus grands risques réglementaires aux Etats-Unis, alors qu’elle n’a plus connu d’introductions depuis trois mois. Des noms comme Thai Beverage Plc., Olam Group Ltd., Grab Holdings Ltd. et Sea Ltd. ont été cités.
La société de gestion alternative espagnole Axon Partners Group, également active dans le consulting, va faire son entrée jeudi 28 juillet à la Bourse de Madrid sur le segment BME Growth dédié aux sociétés de petite et moyenne taille. Les titres d’Axon pourront se négocier au prix de 19,1 euros par action lors de l’introduction en Bourse, ce qui suggère une valorisation à hauteur de 101 millions d’euros. Axon, fondé en 2006, gère quelque 435 millions d’euros d’encours et procède notamment à des investissements directs dans la technologie et dans des fonds de fonds.
L’entreprise de santé grand public Haleon, issue de sa scission avec le laboratoire britannique GSK, a fait son entrée en Bourse de Londres lundi dans le cadre de la plus importante introduction en Europe depuis plus de dix ans. Haleon - qui détient en portefeuille la marque de dentifrice Sensodyne, l’antidouleur Advil ou encore les produits Nicorette dans le traitement de la dépendance au tabac - a ouvert à 330 pence, atteignant une capitalisation d’environ 30,5 milliards de livres sterling (36 milliards d’euros). GSK se recentre désormais sur ses activités de médicaments sur ordonnance et la production de vaccins. Après avoir engrangé près de 9,6 milliards de livres en 2021, Haleon devrait enregistrer un chiffre d’affaires de 10,7 milliards cette année, selon les analystes de Barclays.
L’investisseur milliardaire William Ackman, qui avait levé 4 milliards de dollars pour son Spac (special purpose acquisition company), a annoncé aux investisseurs qu’il leur rendrait leur argent, n’ayant pas trouvé d’entreprise à introduire en Bourse, rapporte Reuters. Il s’agit d’un revers majeur pour le gérant de hedge funds qui avait initialement prévu que sa société chèque en blanc prenne une participation dans Universal Music Group. Le Spac, appelé Pershing Square Tontine, avait levé 4 milliards de dollars en juillet 2020 auprès d’investisseurs prestigieux comme Baupost Group, Ontario Teachers et T. Rowe Price Group. Il s’agissait de la somme la plus importante jamais levée pour ce genre de véhicule.
Le plongeon du titre reflète l’ajustement des valeurs dans le streaming musical ces derniers mois, et les limites des cotations par le biais d’un Spac.
La partition de Deezer ne séduit guère le marché. Pour son premier jour de cotation, l’action de la plateforme française de streaming musical a plongé de 29% à 6 euros.
L’introduction sur Euronext Amsterdam de la société de Stéphane Courbit, propriétaire de Betclic et de Banijay, s’est faite via une fusion avec le spac de Tikehau et Bernard Arnault.
Le groupe espagnol d’énergies renouvelables Opdenergy a annoncé mercredi matin qu’il comptait lever jusqu’à 200 millions d’euros lors de son introduction en Bourse à Madrid, après y avoir renoncé l’an dernier en raison de la volatilité des marchés. Cette augmentation de capital doit lui permettre de financer son plan d’affaires jusqu’en 2025. A cet horizon, l’exploitant de parcs solaires en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique latine, vise une capacité d’environ 3,3 GW d’actifs en exploitation et en construction, soit plus qu’un doublement de sa capacité opérationnelle brute actuelle et en construction, et une augmentation de six fois sa capacité opérationnelle réelle. La société se dit en «discussions avancées» avec un investisseur «de premier plan», qui pourrait souscrire à 25% de l’opération, sous réserve d’une valorisation maximale de 575 millions d’euros pré-money.