C’est ce qui s’appelle avoir le sens du timing. Alors que les valeurs de la tech outre-Atlantique poursuivent leur chute boursière entamée en début d’année en cette période de résultat, qu’Elon Musk veut retirer Twitter de la cote et que les valorisations dans leur ensemble, même dans les tours de table privés, sont orientées à la baisse, Euronext et France Innovation sont fiers d’annoncer leur association dans le cadre du programme Techshare de l’opérateur boursier. Devant le constat que les sociétés tech restent privées plus longtemps en multipliant les levées de fonds, l’initiative vise à les inciter à mieux considérer l’IPO comme relais de croissance en leur proposant un programme d’accompagnement. Nul doute que les intentions sont louables, mais si d’aventure certaines start-up venaient à être convaincues par la cotation, il y a fort à parier que, dans les prochains mois, se multiplieront les communiqués faisant état des fameuses « conditions de marché dégradées » pour justifier les abandons de projet.
Le pétrolier Ithaca Energy compte s’introduire sur la Bourse de Londres, dans une fourchette de 250 à 310 pence par action, valorisant le groupe de 2,5 à 3,1 milliards de livres, selon les banques introductrices citées par Reuters. Le groupe, détenu par le pétrolier israélien Delek, qui a produit autour de 66.700 barils équivalent pétrole par jour au premier semestre, viendra réveiller le marché des IPO. Seule opération notable depuis celle de Porsche en septembre dernier. Les premières négociations sont prévues le 9 novembre. Le flottant devrait être au minimum de 10%. Les titres cédés seront consacrés au remboursement de la dette du groupe. L’opération est dirigée par Goldman Sachs et Morgan Stanley, avec HSBC, Jefferies et Bank of America en co-teneurs de livre, et ING agissant en co-chef de file.
Le pétrolier Ithaca Energy compte s’introduire sur la Bourse de Londres, dans une fourchette de 250 à 310 pence par action, valorisant le groupe de 2,5 à 3,1 milliards de livres, selon les banques introductrices citées par Reuters.
Succès. Avec moins de 10 milliards de dollars levés à l’occasion d’introductions en Bourse (IPO) entre janvier et août dans le monde, les investisseurs attendaient avec impatience celle de Porsche. Le constructeur automobile, filiale de Volkswagen, a levé 9,4 milliards d’euros le 29 septembre à Francfort, ce qui en fait la plus importante introduction en Bourse d’Europe depuis celle de Glencore à Londres en 2011 (10,2 milliards). Porsche a ainsi bénéficié de la faiblesse du marché des IPO cette année et donc d’une demande très supérieure à l’offre, la moitié des 650 investisseurs demandeurs de papier n’ayant pas été servis. Son prix d’introduction avait été placé en haut de la fourchette indicative, à 82,5 euros. L’action a atteint jusqu’à 86,76 euros en séance pour clôturer à 82,56 euros, reflétant une capitalisation boursière 75,2 milliards.
Pour son premier jour de cotation, l’action Technicolor Creative Studios (TCS) a terminé la séance en recul de 4,5% à 1,87 euro sur Euronext Paris. Le fournisseur indépendant de services créatifs dans le domaine des arts visuels se dit bien positionné pour générer une croissance rentable. Il indiquait dans son communiqué vouloir «développer les capacités pour répondre à la forte demande et servir de nouveaux marchés ; continuer à investir dans la R&D et la technologie ; et tirer profit des capacités existantes pour saisir les opportunités liées au metaverse». Cette opération a pour objectif de désendetter le reste du groupe Technicolor, dont l’endettement passera de 1,2 milliard d’euros avant la séparation à 375 millions d’euros après la scission.
Le Singapore Exchange (SGX) espère davantage de cotations d’entreprises chinoises dans les mois à venir, notamment d’émetteurs qui proposent déjà des certificats de dépôt américains (ADR), lesquels permettent d’investir sur des actions non américaines depuis les marchés boursiers US. Après le «listing» technique de Nio Inc. en mai, les investisseurs peuvent s’attendre à ce que d’autres suivent, a déclaré Loh Boon Chye, directeur général du SGX. Pour des levées de fonds si les conditions du marché redeviennent favorables, ou de simples cotations secondaires sinon. La Bourse locale, qui compte une douzaine d’entreprises chinoises cotées à la fois aux Etats-Unis et à Singapour selon Bloomberg, a signé le mois dernier un accord avec le Nyse pour faciliter la double cotation. Elle courtise les entreprises chinoises confrontées à de plus grands risques réglementaires aux Etats-Unis, alors qu’elle n’a plus connu d’introductions depuis trois mois. Des noms comme Thai Beverage Plc., Olam Group Ltd., Grab Holdings Ltd. et Sea Ltd. ont été cités.
La société de gestion alternative espagnole Axon Partners Group, également active dans le consulting, va faire son entrée jeudi 28 juillet à la Bourse de Madrid sur le segment BME Growth dédié aux sociétés de petite et moyenne taille. Les titres d’Axon pourront se négocier au prix de 19,1 euros par action lors de l’introduction en Bourse, ce qui suggère une valorisation à hauteur de 101 millions d’euros. Axon, fondé en 2006, gère quelque 435 millions d’euros d’encours et procède notamment à des investissements directs dans la technologie et dans des fonds de fonds.
L’entreprise de santé grand public Haleon, issue de sa scission avec le laboratoire britannique GSK, a fait son entrée en Bourse de Londres lundi dans le cadre de la plus importante introduction en Europe depuis plus de dix ans. Haleon - qui détient en portefeuille la marque de dentifrice Sensodyne, l’antidouleur Advil ou encore les produits Nicorette dans le traitement de la dépendance au tabac - a ouvert à 330 pence, atteignant une capitalisation d’environ 30,5 milliards de livres sterling (36 milliards d’euros). GSK se recentre désormais sur ses activités de médicaments sur ordonnance et la production de vaccins. Après avoir engrangé près de 9,6 milliards de livres en 2021, Haleon devrait enregistrer un chiffre d’affaires de 10,7 milliards cette année, selon les analystes de Barclays.