Le marché des fonds indiciels cotés (ETF) continue sa progression en Europe. Un chiffre illustre cette dynamique selon Bettina Mazzocchi, responsable de l’activité iShares et Wealth du gestionnaire américain BlackRock pour la région France-Belgique-Luxembourg. «2022 a démarré en fanfare pour les ETF européens puisqu’ils ont collecté 29 milliards de dollars (25,4 milliards d’euros) en janvier, soit le plus gros flux mensuel jamais observé.C’est dans la continuité de 2021 et cela montre combien les ETF sont en train de devenir un outil de gestion essentiel et un outil de positionnement de marché en Europe », a-t-elle indiqué en préambule d’un rendez-vous avec la presse ce mardi. En 2021, la collecte nette, record, des ETF dans le monde a frôlé les 1.300 milliards de dollars soit la somme des flux entrants de 2019 et de 2020 sur le segment. Ceux de la gamme iShares de BlackRock ont levé 306 milliards de dollars au total l’an dernier.De 10.270 milliards de dollars d’encours sur les ETF – tous émetteurs confondus - dans le monde fin 2021, BlackRock s’attend à ce que ce chiffre soit porté à 15.000 milliards de dollars à l’horizon 2025. Le gestionnaire évoque un total de4.200milliards de dollars sous gestion indiciellepour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) dont près de 2.200 milliards sur les ETF à cette échéance.En attendant 2025, l’activité iShares présentait, elle, des encours de 3.275 milliards de dollars fin 2021 dont 700 milliards pour la région EMEA. Cent millions d’investisseurs Plusieurs tendances permettent de caractériser l’évolution du marché ETF en Europe selon les experts de BlackRock. Arnaud Gihan, responsable d’iShares en France chez BlackRock, évoque d’abord la modernisation des marchés européens soutenue par un triple phénomène: l’amélioration de la transparence du trading des ETF grâce à MiFID II, celle «notable» de l’infrastructure de marché ETF grâce aux ETF obligataires et l’attrait des investisseurs internationaux – d’Amérique latine et d’Asie en particulier – pour les ETF européens. Bettina Mazzocchi insiste sur le fait que l’ETF est désormais vu comme un complément plutôt que comme un concurrent par les gérants actifs européens, qui expriment maintenant davantage certaines de leurs vues via des ETF et fonds indiciels. Aussi l’ETF s'étend-t-il de plus en plus aux investisseurs particuliers. Bettina Mazzocchidécrit par ailleurs une révolution en cours sur le marché européen de la distribution des ETF avec l’entrée de plateformes d’investissement digitales, qui, associée à une réglementation locale toujours plus accrue, ont mené à une baisse des coûts et commissions et à une réflexion sur la structure des ETF. «Cent millions de personnes dans le monde faisaient confiance à BlackRock pour la gestion de leurs encours dans des fonds indiciels et ETF en 2021. Nous estimons qu’il pourrait y avoir cent millions d’investisseurs supplémentaires au cours des cinq prochaines années », affirme Bettina Mazzocchi. L’Allemagne fait figure de tête de proue en Europe sur le segment des ETF, observe-t-elle. La croissance du marché auprès des particuliers y est visible tant sur les plateformes d’investissement digitales (80 milliards d’euros d’encours sur les ETF en 2021) que par les produits d’épargne dédiés permettant l’investissement dans les ETF (15 milliards d’euros en 2021). En France, où l’AMF dénombrait 233.000 particuliers investis en ETF fin 2020, le secteur reste naissant tandis que les investisseurs rajeunissent, ce qui ouvre la porte à une forte croissance du segment ETF dans les prochaines années. BlackRock indique que quelque 300 ETF sur les 900 que compte sa gamme sont disponibles pour les épargnants français. En outre, 58 contrats d’assurance-vie référencent au moins un ETF iShares (140 ETF différents d’iShares sont référencés au total dans ces contrats) dont un référençant 50 ETF iShares. D’après Bettina Mazzocchi, le produit passif le plus populaire de la gamme iShares en France est l’ETF iShares MSCI Europe SRI Ucits (5,1 milliards d’euros d’encours au 7 février 2022), exposé à l’indice MSCI Europe SRI Select Reduced Fossil Fuel. ETF durables, nouvelle priorité Le développement d’ETF «durables» permet la croissance du marché européen du secteur. Chez BlackRock, la collecte nette des ETF iShares en Europe s’est faite pour moitié sur des ETF durables en 2021. S’ils ne représentent que 13% des encours de l’industriesur la région EMEA, le gestionnaire américain estime quecette proportion atteindra25% à horizon 2025. Pour ce faire, dit Arnaud Gihan,la firme exploretrois pistes: convertir davantage d’ETF existants aux critères ESG, lancer davantage d’ETF durables mais aussi discuter avec les fournisseurs d’indices pour intégrer davantage d’ESG dans les indices suivis par les produits iShares. A ce sujet, BlackRock comme d’autres acteurs du marché ETF continue d’être critiqués pour leurs ETF encore trop carbonés. «Aucun gestionnaire d’actifs n’a jamais prétendu que les fonds et ETF durables allaient résoudre la problématique du changement climatique (...)Il n’est pas possible de se dessaisir des participations des ETF et fonds indiciels dans certaines sociétés. S’il n’y a pas de menace de désinvestissement, nous sommes investis sur la durée et gestion passive ne rime pas avec actionnariat passif. Les sociétés ont intérêt à prendre en compte les demandes des actionnaires et nous encourageons les sociétés dans lesquelles nous sommes investis à adopter une vision de long-terme sous-tendue par l’investissement durable», défend Bettina Mazzocchi, qui voit en l’ETF un élément indispensable pour l’essor de la finance durable. Arnaud Gihan soutient, lui, que les ETF durables aident à lutter contre le greenwashinget forcent les entreprises à communiquer davantage leurs données ESG.
L’euphorie de 2021, année durant laquelle l’industrie des fonds d’investissement espagnols a battu des records d’encours, est quelque peu retombée. Selon les données préliminaires de l’association espagnole de la gestion d’actifs Inverco, les fonds espagnols ont commencé 2022 par une collecte nette de 372 millions d’euros. Une collecte positive quelque peu en trompe-l’œil puisque la majorité des classes d’actifs ont subi des sorties. A commencer par les fonds globaux qui ont décollecté à plus de 715 millions d’euros en janvier. Les fonds obligataires et monétaires distribués en Espagne ont souffert, enregistrant des sorties nettes respectives de 645 et 397 millions d’euros. Trois autres catégories de fonds ont décollecté: les fonds garantis (-66 millions d’euros), les fonds de performance absolue (-48 millions d’euros) et les fonds investis en actions espagnoles (-10,5 millions d’euros). A contrario, les investisseurs espagnols se sont rués sur les fonds en actions internationales qui ont enregistré des entrées nettes de l’ordre de 1,6 milliard d’euros. Ce, malgré la correction des marchés actions et un rendement moyen négatif de -6,50% sur le mois. Les fonds obligataires et actions mixtes ont respectivement collecté à hauteur de 285 et 251 millions d’euros tandis que la gestion passive affiche une collecte nette approchant les 79 millions d’euros pour le mois de janvier 2022. Les encours des fonds espagnols ressortent à 309,8 milliards d’euros fin janvier, en baisse de 2,4% par rapport à fin décembre 2021.
La décollecte se poursuit à un rythme élevé pour les fonds obligataires et monétaires. Entre le 27 janvier et le 2 février, les premiers ont rendu 11,6 milliards de dollars (10,1 milliards d’euros) à leurs porteurs de parts, contre 24,4 milliards pour les seconds, selon le «Flow Show», le rapport hebdomadaire sur les flux dans les fonds de BofA Global Research. Les fonds actions ont, eux, collecté 21,8 milliards de dollars. Ils ne montrent pas de signe de «capitulation» de la part des investisseurs, commente l'étude qui indique que la collecte sur les fonds actions se monte à 106 milliards depuis le début de l’année. Les investisseurs ont retiré d’importantes sommes sur plusieurs segments de l’obligataire : 5,6 milliards de dollars des fonds d’obligations investment grade, 4,7 milliards des fonds à haut rendement, et 2,4 milliards des fonds de dettes souveraines indexées à l’inflation. Ils ont, dans le même temps, trouvé refuge dans les fonds de dettes souveraines nominales, avec +2,8 milliards de dollars de collecte. Dans les fonds actions, les flux se sont majoritairement dirigés vers les stratégies européennes (+4,8 milliards, le plus important flux hebdomadaire depuis mai 2017) et américaines (+4,3 milliards). Les fonds actions émergentes ont reçu 2,2 milliards de dollars, et les fonds actions japonaises 0,5 milliard. Sur le marché américain, les principaux collecteurs sont les fonds de grandes capitalisations, avec +8,4 milliards de dollars. Les investisseurs ont également sélectionné en priorité des fonds du secteur des matériaux (+2,2 milliards de dollars) et de type value (+1,8 milliard). A l’inverse, les fonds de petites capitalisations ont subi une décollecte hebdomadaire de 1,9 milliard de dollars.
Année 2021 en demi-teinte pour Comgest. La boutique de gestion fondée en 1985 a enregistré l’an dernier une décollecte nette de 1,3 milliard d’euros. C’est la première fois en huit ans qu’elle enregistre des flux sortants supérieurs aux flux entrants de la part de ses clients. Les fonds ouverts en ont été les premières victimes avec des sorties nettes de 2,3 milliards d’euros, tandis que les mandats de gestion ont engrangé 1 milliard d’euros de souscriptions nette. Comgest finit l’année sur un encours de 41,2 milliards d’euros, en hausse de 5% par rapport à 2020. Ce niveau lui fait toutefois perdre d’un fil sa place symbolique de première boutique indépendante française qu’elle avait gagnée fin 2020 au détriment de Carmignac. Cette dernière, en regain de forme, affichait au 31 décembre 41,7 milliards d’euros d’encours gérés. «Nous sommes clairement identifiés par nos clients comme une boutique de gestion actions avec un style croissance. Or certains investisseurs ont choisi durant l’année 2021 de s’alléger sur ce type de stratégie pour aller vers des gestions de style value ou blend», explique Sébastien de Frouville, responsable des relations investisseurs chez Comgest. Le mouvement s’est fait sentir essentiellement au premier trimestre avec une décollecte de 600 millions d’euros sur les stratégies européennes qui comprennent un de ses fonds phares, Renaissance Europe (plus de 4 milliards d’encours). Mal leur en a pris puisque Renaissance Europe a bouclé l’année sur une performance de + 34,7 %. Le début de l’année 2022 leur donne toutefois raison avec un retour de performance des actions «value». Orpea et l’Asie En outre, Comgest figure dans le top 3 des malheureux actionnaires du groupe de maisons de retraite et d’Ehpad Orpea, dont le titre a perdu environ 50% la semaine dernière suite à la sortie d’un livre polémique sur le traitement des résidents. « Nous avons activement évalué l'évolution de la situation et continuons à travailler dans le meilleur intérêt de nos clients», indique Comgest qui communiquera plus tard sur ses décisions d’investissement. Renaissance Europe recule d’environ 13% sur janvier. Toujours sur 2021, quelques fonds investis sur l’Asie, une autre des spécialités de Comgest, ont aussi souffert d’un mouvement de retrait des investisseurs de cette région. Enfin, la firme qui a doublé ses équipes dédiées à l’ESG ces deux dernières années et recruté très récemment Alix Faure, l’ancienne directrice de l’investissement responsable à l’Association française de la gestion financière (AFG), déclare que la quasi-totalité (97%) des actifs de ses fonds ouverts sont conformes à l’Article 8 du règlement SFDR sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers.
Après huit années de décollecte consécutives, Franklin Resources, qui opère dans la gestion d’actifs sous la marque Franklin Templeton, a des raisons d’espérer que 2022 sera l’année du retour de la collecte. Selon ses résultats publiés ce mardi, le gestionnaire américaina enregistré des entrées nettesd’un total de 24,1 milliards de dollars sur les stratégies de long-terme sur les trois derniers mois de 2021. Ce, après avoir bouclé le dernier exercice fiscal - le premier incluant l’intégration deLegg Mason - fin septembre 2021 par une décollectede plus de 40 milliards de dollars, dont 9,9 milliards pour le troisième trimestre 2021. Dans le détail, les fonds actions de Franklin Templeton ont collecté 12,7 milliards de dollars au quatrième trimestre 2021, les fonds obligataires 8,1 milliards, les fonds alternatifs 3 milliards et les fonds multi-actifs 0,3 milliard de dollars.La collecte nette sur les fonds monétaires s’est, elle, élevée à 5,8 milliards de dollars. Les encours sous gestion ont progressé de 3% (+48 milliards de dollars) sur le quatrième trimestre 2021 pour atteindre 1.578 milliards de dollars au 31 décembre 2021. Outre la collecte, cette hausse d’encours provient pour 10,4 milliards de dollars d’un effet de marché positif et pour 7,7 milliards de dollars d’acquisitions. Sur l’année 2021, les encours sous gestion ont crû de 5%. En outre, Franklin Templeton affichait un revenu net de 453,2 millions de dollars pour le quatrième trimestre 2021, en baisse de 32% par rapport au troisième trimestre 2021 mais en progression de 31% par rapport à fin décembre 2020. Sa marge opérationnelle est, elle, passée de 20,5% fin 2020 à 25,1% fin 2021. «Les résultats de notre premier trimestre fiscal reflètent les progrès continus que nous réalisons sur un certain nombre de fronts importants», estime Jenny Johnson, présidente et directrice générale de Franklin Resources dans un communiqué. «Nous continuons à diversifier nos activités à travers les produits, les géographies, les véhicules et les classes d’actifs afin de créer des sources plus larges de revenus et de potentiel de croissance. Toutes les classes d’actifs ont connu une amélioration des entrées nettes sur les stratégies delong terme pour le trimestre et les fonds alternatifs de long-termeont affiché un 10ème trimestre consécutif de collecte nette», se félicite-t-elle. Au cours du quatrième trimestre 2021, le groupe a annoncé les acquisitionsd’O’Shaughnessy Asset Managementet deLexington. Julian Ide, responsable de la distribution pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), assurait en décembre dernier à NewsManagers que d’autres opérations d’acquisitions pourraient suivre, entre autres des expertises ESG en Europe.
BDL Capital Management, une société de gestion indépendante fondée en 2005 par Hughes Beuzelin et Thierry Dupont, a dévoilé en marge d’une conférence de presse sur ses perspectives de marché 2022 une collecte nette de 400 millions d’euros pour l’exercice 2021. Ses encours s'établissaient à fin décembre à 2,5 milliards d’euros. La collecte inclut les 50 millions d’euros apportés par le fonds de place Emergence en juillet dernier pour le dernier né de sa gamme de 4 fonds, BDL Transitions. Labellisé ISR, celui-ci a pu passer la barre des 100 millions d’euros d’encours, tout comme le fonds quantitatif à objectif de performance absolue Durandal lancé en 2018. Le fonds BDL Convictions, «lancé au départ juste avec les PEA de Thierry et moi» rappelle Hugues Beuzelin, a franchi la barre du milliard d’euros sous gestion. Depuis sa création en 2008 et sa commercialisation à la clientèle externe quelques années plus tard, il affiche une performance annuelle moyenne de près de 10%. En y incluant les solutions dédiées, la stratégie (axée sur du stock-picking en actions européennes avec une trentaine de valeurs seulement en portefeuille) - dépasse les 1,5 milliard. Quant à la stratégie BDL Rempart (long-short en actions européennes), elle atteint 738 millions d’euros dont 621 millions pour le fonds ouvert. La société de gestion indépendante a poursuivi son développement à l’international avec l’ouverture d’un bureau à Genève et à Madrid. Les encours en dehors de France représentent un tiers du montant total. Les recrutements ont aussi été à l’ordre du jour avec l’arrivée de 2 analystes, 3 commerciaux et un responsable du service clients, portant les effectifs à 37 personnes. Les deux fondateurs ont aussi décidé d’ouvrir le capital à presque tous les salariés (sous condition d’ancienneté) à hauteur de 20%. Ce montant pourrait être élargi dans les années à venir.
A l’occasion d’une conférence de presse sur ses perspectives de marché 2022, La Banque postale Asset Management a annoncé avoir collecté 3 milliards d’euros sur l’année 2021. La filiale de gestion de la Banque postale a connu l’an dernier sa première année d’exercice pleine avec ses «nouveaux habits de gestion de conviction et de multi-spécialiste» a rappelé sa dirigeante Emmanuelle Mourey. Les encours se sont établis à 60 milliards d’euros contre 51 milliards fin 2020. Ils se répartissent au sein de quatre «piliers de gestion» que sont les gestions actions logées dans la filiale Tocqueville finance (13 milliards d’encours), les actifs de performance absolue et multi-actifs (27 milliards), les solutions quantitatives (13 milliards) et les actifs réels et privés (7 milliards). En 2020, la Banque Postale AM avait transféré à Ostrum, filiale de Natixis IM (groupe BPCE), une partie de sa gestion obligataire assurantielle dans le cadre d’une alliance stratégique entre Natixis et La Banque Postale. La Banque Postale AM est cependant sortie totalement du capital d’Ostum il y a quelques mois après que BPCE a vendu sa participation dans CNP Assurances à La Poste en échange notamment du rachat de la participation de La Banque postale AM dans Ostrum. En 2021, trois fonds se sont particulièrement démarqués en termes de collecte pour un total de 700 millions d’euros. Il s’agit des fonds Actions Silver Age ISR, Actions Environnement ISR et Actions Value Euro ISR. Le groupe a rappelé qu’il restait leader en France en nombre de fonds ayant obtenu le Label d’Etat ISR avec 83 fonds labellisés pour un encours global de 30 milliards d’euros. Par ailleurs, 80% sont des fonds article 8 au sens de la réglementation SFDR et 20% sont estampillés article 9. Répartition des encours de La Banque Postale AM selon le type de clientèle, à fin 2021
La semaine du 13 au 19 janvier a été particulièrement difficile pour les fonds d’investissement, selon le «Flow Show», le rapport hebdomadaire sur les flux dans les fonds de BofA Global Research. Les fonds monétaires ont décollecté 83,7 milliards de dollars (73,9 milliards d’euros), et les fonds obligataires 3,2 milliards. Dans le même temps, la collecte des fonds actions s’est affaissée, mais est restée positive, à 11 milliards de dollars. Dans l’obligataire, les investisseurs sont sortis de la quasi-totalité des segments de marché. Les fonds d’obligations d’entreprises investment grade ont rendu 0,8 milliard de dollars, ceux de titres à haut rendement 2,3 milliards, et ceux de dette émergente 2,2 milliards. Seuls les fonds d’obligations souveraines (+0,6 milliard) et de dette bancaire (+1,9 milliard) ont su conserver de l’attractivité. Les fonds actions, qui avaient attiré pas moins de 56 milliards de dollars sur les quatorze derniers jours, ont cette fois vu leur collecte baisser de rythme. Les investisseurs ont favorisé les fonds actions japonaises, (+0,9 milliard de dollars), européennes (+2,7 milliards) et surtout émergentes (+5,3 milliards, dont 3,5 milliards pour la Chine). A l’inverse, les fonds actions américaines ont rendu 5,9 milliards de dollars. Sur ce marché, les investisseurs ont privilégié les stratégies défensives, comme les fonds value (+1,6 milliard de dollars), ainsi que les secteurs des financières (+2,4 milliards) et des matériaux (+1,8 milliard). Les fonds croissance et grandes capitalisations ont eux fortement décollecté, de respectivement -4,7 milliards et -5,9 milliards de dollars.
Carmignac confirme son redressement. La firme créée par le désormais milliardaire Edouard Carmignac, et qui figure parmi les sociétés de gestion favorites des gestionnaires de patrimoine, affiche à fin 2021 41,7 milliards d’encours sous gestion après une collecte nette annuelle de 3,7 milliards d’euros. Elle met ainsi fin à une spirale infernale de décollecte commencée en 2018 pendant laquelle elle avait vu ses encours chuter et revenir de près de 60 milliards sous gestion à moins de 40 milliards. L’établissement de la place Vendôme indique avoir enregistré une collecte nette positive l’an dernier sur tous ses marchés phares que sont la France, l’Italie, l‘Espagne ou encore l’Allemagne et le Royaume-Uni. Si la stratégie Carmignac Patrimoine (le FCP et la Sicav) a par contre affiché des sorties nettes d’environ 600 millions d’euros (pour un encours de 10,2 milliards fin 2021) en raison d’une performance décevante (-0,88% sur l’année), l’ensemble de la gamme patrimoniale (actions, obligations et diversifiés) est dans le vert en termes de collecte. Carmignac Patrimoine Europe a enregistré des souscriptions de son côté de 400 millions nets. Dans ce contexte, les recrutements sont allés bon train, les effectifs dépassant désormais les 300 personnes. Les équipes de gestion ont été renforcées avec par exemple Apolline Menut (économiste zone euro), ou Abdelak Adjriou (gérant obligataire), mais les recrues ont aussi concerné d’autres fonctions comme le digital, le commercial ou la gestion des risques. Le pari de la Chine Pour 2022, une année qui commence de façon «inhabituelle» selon Edouard Carmignac, qui dit n’avoir «jamais vu une telle divergence entre les optimistes qui pensent que les marchés vont encore croître et les autres qui pensent que les marchés vont corriger sévèrement», la société de gestion se veut contrariante en pariant notamment sur la Chine. «La Chine fera partie des meilleurs marchés de l’année 2022", estime le fondateur. Le tout grâce à un fort rebond qu’il anticipe pour le troisième trimestre. Au premier trimestre, le pays devait encore être affecté par le Covid et les différentes restrictions mais les politiques accommodantes devraient faire leur effet. L’Europe de son côté devrait continuer son parcours de croissance grâce notamment à une politique de vaccination efficace, à condition toutefois que le conflit Ukraine/Russie ne vienne pas gâcher la fête. Quant aux Etats-Unis, le pays devrait ralentir, mais cela sera un ralentissement «salvateur», selon Frédéric Leroux, membre du comité stratégique d’investissement, après la surchauffe inflationniste de fin 2021 début 2022. Le pays aura encore de sérieux problèmes à régler comme par exemple l’inflation des prix immobiliers (y compris à la location).
Les investisseurs sont désormais totalement orientés vers les fonds actions. Selon le «Flow Show», le rapport hebdomadaire sur les flux dans les fonds de BofA Global Research, la classe d’actifs a reçu 30,5 milliards de dollars (26,6 milliards d’euros) entre le 6 et le 12 janvier, contre 25,6 milliards de dollars une semaine plus tôt. Dans le même temps, les fonds obligataires ont rendu 2,9 milliards de dollars, et les fonds monétaires 43,5 milliards. La collecte des fonds actions a été alimentée notamment par les véhicules exposés aux marchés américains (+9 milliards de dollars) et émergents (+6,7 milliards). Les fonds en actions européennes ont également connu une collecte positive de 1,9 milliard de dollars, tandis que les fonds actions japonaises ont rendu 0,3 milliard. Sur le marché américain, les stratégies ayant le plus collecté sont celles dédiées aux financières (+3,6 milliards), à la tech (+3,4 milliards) et à la value (+2,8 milliards). Les fonds croissance et petites capitalisations ont toutefois décollecté, de respectivement 5,2 milliards et 1,9 milliard de dollars. Dans l’obligataire, les investisseurs ont joué la sécurité, en choisissant les fonds de titres souverains (+1 milliard de dollars), les fonds de dettes bancaires (+1,9 milliard) et les fonds d’obligations municipales (+0,4 milliard). A l’inverse, tant les fonds de titres d’entreprises investment grade qu’à haut rendement ont enregistré une décollecte, de 3,1 milliards de dollars pour les premiers et de 2 milliards pour les seconds.
Lors de la création d’un produit structuré, l’investisseur définit un certain nombre de caractéristiques à l'émetteur. Parmi celles-ci, on retrouve le montant de souscription envisagé ou intention de collecte, c’est-à-dire le montant initial que l’investisseur souhaite investir dans le produit. Ce montant n’est pour autant pas définitif : il peut être augmenté ou diminué plus tard, mais dans le cas d’une réduction du montant initial, cela peut engendrer des coûts.
La société de gestion belge Candriam va rouvrir son fondsCandriam Bonds Euro High Yield aux nouvelles souscriptions d’investisseurs à compter du vendredi14 janvier. Ce fonds obligataire avait fait l’objet d’une clôture partielle (soft-closing) en mars 2021 après avoir atteint sa capacité maximale d’encours, à savoir 3,2 milliards d’euros. Le fonds, co-géré par Philippe Noyard,Nicolas Jullien et Thomas Joret,sera automatiquement fermé partiellement si ce plafond est de nouveau atteint. Si cette situationse présente, Candriam indique dans une communication aux investisseurs que les nouvelles souscriptions des investisseurs existants du fonds seront limitées à un maximum de 25% du nombre de parts qu’ils possèdent dans le fondsà la date de la première valeur nette d’inventaire applicable après la fermeture partielle.
On prend les mêmes, et on recommence. L’année 2022 démarre avec une importante collecte des fonds actions et monétaires, selon le «Flow Show», le rapport hebdomadaire sur les flux dans les fonds de BofA Global Research. Entre le 30 décembre 2021 et le 5 janvier 2022, les fonds actions ont attiré 25,6 milliards de dollars (22,6 milliards d’euros), contre 20,2 milliards pour les fonds monétaires, et 6,8 milliards pour les fonds obligataires. Les flux sur les fonds monétaires et actions rythment la collecte mondiale depuis le début de la crise du Covid-19. L’année 2020 a ainsi été marquée par une très forte collecte sur le monétaire, qui a atteint 917 milliards de dollars. Elle a été suivie par une année 2021 extraordinaire pour les fonds actions, qui ont collecté 949 milliards de dollars, soit plus que la somme des deux décennies précédentes, précisent les auteurs du rapport. Sur cette semaine, la collecte des fonds actions s’est concentrée sur les véhicules couvrant les Etats-Unis (+15,5 milliards de dollars), et plus précisément les fonds de grandes capitalisations US (+10,9 milliards). Quelques secteurs ont également enregistré des flux importants, comme les fonds immobiliers (+1,7 milliard), les financières (+1,3 milliard), l’énergie et la santé (+1,2 milliard chacun). A l’inverse, les fonds croissance et value américains ont décollecté de 2 milliards et 0,6 milliard de dollars respectivement. Dans le reste du monde, les fonds actions émergentes ont attiré 3,8 milliards de dollars, et les fonds européens 1,3 milliard, tandis que les fonds d’actions japonaises ont rendu 1,1 milliard. Dans l’obligataire, les investisseurs ont principalement choisi des véhicules de titres d’entreprises investment grade (+4,8 milliards de dollars). Dans le souverain, un petit schisme s’est opéré, avec une collecte de 1,5 milliard de dollars pour les fonds investissant sur des titres indexés à l’inflation, tandis que ceux exposés aux titres non couverts face à ce risque ont décollecté de deux milliards.
Tikehau Capital.a annoncé avoir réalisé en 2021 une collecte nette record de 6,3 milliards d’euros pour l’ensemble de l’année, un montant de 50% supérieur à la collecte annuelle moyenne réalisée au cours des trois derniers exercices, qui s’établissait à 4,2 milliards d’euros. Ses encours s'élèvent à plus de 33,5milliards d’euros au 31 décembre 2021. La dette privée et les actifs réels ont représenté environ les trois quarts des 6,3 milliards levés, tandis que les capital markets strategies et le private equity en ont représenté respectivement environ 15% et 10% La société de gestion française précise avoir réalisé une collecte nette de 2,5milliards d’euros pour le seul quatrième trimestre. Il s’agit d’un nouveau record trimestriel pour Tikehau Capital, représentant 1,4 fois le précédent record atteint au deuxième trimestre 2021, au cours duquel la collecte nette avait atteint 1,9 milliard d’euros. Tikehau Direct Lending V, le fonds flagship du groupe dans le domaine du direct lending, a attiré près de 2 milliards d’euros d’engagements à fin décembre 2021, un chiffre proche de celui de son prédécesseur, alors que la collecte est toujours en cours, précise Tikehau. La société de gestion, cotée en Bourse, publiera ses résultats annuels le 9 mars prochain.
Après une collecte assez faible de 9 milliards d’euros en septembre 2021, les fonds Ucits et alternatifs européens ont enregistré des entrées nettes de 140 milliards d’euros en octobre selon les données publiées mercredi par l’association européenne de la gestion d’actifs Efama. Dans le détail, les fonds Ucits ont collecté 110 milliards d’euros en octobre après une décollecte de 3 milliards d’euros le mois précédent. En excluant les fonds monétaires, la collecte des fonds Ucits diminue d’environ 60% (45 milliards d’euros contre 54 milliards en septembre). La collecte d’octobre a donc été tirée par les fonds monétaires. Quelque66 milliards d’euros ont été placés dans cette catégorie de fonds. Un record selon l’Efama alors que la classe d’actifs avait subi des rachats nets de 57 milliards d’euros en septembre. Les investisseurs ont en outre placé 24 milliards d’euros dans les fonds actions (19 milliards en septembre), 3 milliards d’euros dans les fonds obligataires (13 milliards en septembre) et 15 milliards d’euros dans les fonds multi-actifs (20 milliards en septembre). Les fonds alternatifs européens ont, eux, collecté 30 milliards d’euros en octobre contre 13 milliards le mois précédent. Les fonds alternatifs investis en actions ont subi des sorties de 4,8 milliards d’euros dans la lignée des rachats de septembre (-2,6 milliards d’euros). Leurs homologues obligataires ont engrangé 5 milliards d’euros de collecte nette en octobre (+1,8 milliard d’euros en septembre). Les encours cumulés des fonds Ucits et alternatifs européens ont augmenté de 2,6% sur le mois d’octobre à 21.387 milliards d’euros.