Les investisseurs sont désormais attentistes. Les flux de collecte se sont massivement dirigés cette semaine sur les fonds monétaires, qui ont reçu 60 milliards de dollars nets (57 milliards d’euros), selon le «Flow Show», le rapport hebdomadaire sur les flux dans les fonds de BofA Global Research. Les fonds actions et obligataires ont, pour leur part, enregistré une décollecte, de respectivement 1,2 milliard et 6,7 milliards de dollars. Les fonds or, qui engrangeaient des souscriptions sans discontinuité depuis le début de l’année, ont eux aussi dû cette fois-ci retourner de l’argent aux porteurs de parts, à hauteur de 0,6 milliard de dollars. La petite décollecte des fonds actions tranche avec les -17,5 milliards de la semaine précédente. Elle est alimentée par les retraits sur les fonds communs de placements traditionnels (-12,1 milliards de dollars), tandis que les fonds indiciels cotés (ETF, exchange-traded funds) ont reçu 11 milliards de dollars. Par zone géographique, les mouvements se situent surtout sur les fonds d’actions européennes (-3,4 milliards de dollars) et d’actions émergentes (+3,8 milliards). Les fonds d’actions américaines et japonaises ont inscrit une petite décollecte hebdomadaire de -0,3 milliard chacun. Parmi les stratégies actions américaines, les flux se sont portés vers les grandes capitalisations (+4,5 milliards) et le style value (+2,2 milliards). A l’inverse, les investisseurs se sont retirés des fonds sur les valeurs financières (-1,2 milliard de dollars), de style croissance (-2 milliards) et de petites capitalisations (-2,5 milliards). Dans l’obligataire, l’amplitude de la décollecte est légèrement plus faible que la semaine précédente, durant laquelle les retraits s'étaient élevés à -8,7 milliards de dollars. Les tendances en matière de choix de placements, en cours depuis le début de l’année, se poursuivent sur les différents segments, avec des retraits sur le crédit, et de la collecte sur le souverain. Les fonds de titres d’entreprises investment grade ont décollecté 4,7 milliards de dollars, ceux de titres high yield (haut rendement) 1,7 milliard et ceux de titres émergents de 4 milliards. Les fonds de dettes souveraines ont reçu 3,3 milliards de dollars nets, surtout sur le segment non-indexé à l’inflation (+3,9 milliards).
Amundi a présenté un résultat net ajusté de 324 millions d’euros au premier trimestre 2022, en hausse de 5% sur un an, selon ses résultats trimestriels publiés ce vendredi. Un signe de «résilience» du modèle du gestionnaire d’actifs du groupe Crédit Agricole dans un contexte de marché «moins favorable», selon sa directrice générale Valérie Baudson, qui s’exprimait à l’occasion de la présentation des résultats à la presse. Amundi affiche des encours sous gestion de 2.021 milliards d’euros à la fin mars 2022, en progression de 15,1% sur un an mais en repli de 2,1% par rapport à fin décembre 2021. La société de gestion a subi un effet de marché et de change négatif de 46,4 milliards d’euros au premier trimestre 2022 tandis que sa collecte nette s’élève à un total de 3,2 milliards d’euros sur la période (contre 65,4 milliards au T4 2021). Cette collecte s’est avérée dynamique sur les stratégies moyen-long terme (+21 milliards d’euros de collecte au T1 22 dont 11 milliards sur les fonds diversifiés)et sur les joint-ventures (+8,4 milliards d’euros) mais a été plombée par des sorties nettes de 26,3 milliards d’euros sur les produits de trésorerie. «Ces rachats sont liés au contexte de taux et se concentrent sur la clientèle des entreprises», a précisé Nicolas Calcoen, directeur général délégué d’Amundi. Valérie Baudson souligne, de son côté, la collecte de 14,1 milliards d’euros sur le segment des clients particuliers, dont 11,9 milliards l’ont été via les distributeurs tiers. Elle a également salué les effets «positifs» de l’intégration de Lyxor Asset Management, acquis auprès de Société Générale fin décembre 2021. Amundi a ainsi collecté 10,6 milliards d’euros en gestion passive au T1 22, portant ses encours dans ce domaine à 309 milliards d’euros fin mars. L’entreprise souligne une collecte de 8,8 milliards d’euros dans les fonds indiciels cotés (ETF) sur le trimestre, faisant de la firme le deuxième collecteur en Europe sur ce segment avec une part de marché sur la collecte de 22%. «Cette excellente dynamique commerciale résulte notamment du renforcement de la gamme liée à l’acquisition de Lyxor. Au total, les encours en ETF s’élèvent à 191 milliards d’euros fin mars 2022»,observe la société de gestion. Concernant l’intégration effective de Lyxor, Valérie Baudson a déclaré que les équipes avaient été rapprochées dès le début du premier trimestre et que les premières migrations informatiques avaient «réussi». Les sanctions contre les ressortissants russes «appliquées dès la première seconde» Les revenus nets de gestion du groupe atteignent 835 millions d’euros, contre 770 millions d’euros au premier trimestre 2021. Ces revenus comprennent les commissions nettes de gestion, qui ont progressé de 16,3% à 766 millions d’euros, et les commissions de surperformance, «en voie de normalisation» selon Nicolas Calcoen, qui ont diminué de 37,3%, à 71 millions d’euros. Selon le consensus réalisé par FactSet, les analystes anticipaient en moyenne un résultat net ajusté de 304 millions d’euros et des revenus de 813 millions d’euros au premier trimestre.Les charges d’exploitation sont quant à elles ressorties à 433 millions d’euros, contre 376 millions d’euros pour la période correspondante de 2021, qui n’incluait pas Lyxor. «Nous sommes conscients que l’environnement économique est moins favorable. Nous restons confiants. Même si le ralentissement de la collecte constaté est tout à fait cohérent avec la situation observée à la fin du premier trimestre, tous nos relais de croissance sont en marcheet devraient nous permettre de traverser cette année sereinement », a commenté la directrice générale d’Amundi. Interrogée sur les actions du gestionnaire relatives au conflit russo-ukrainien, Valérie Baudson a indiqué que les sanctions européennes et internationales visant les ressortissants russes et biélorusses avaient été appliquées «dès la première seconde» et que l’exposition aux actifs russes et ukrainiens d’Amundi représentait 0,01% de ses encours. La firme a dû suspendre cinq fonds, deux dédiés à des clients et trois fonds ouverts qui resteront suspendus tant que leur valorisation ne peut être évaluée correctement. Par ailleurs, elle n’a pas souhaité commenter la rumeur d’un éventuel rapprochement avec la société de gestion italienne Anima, qui compte comme principal actionnaire Banco BPM, banque italienne dont Crédit Agricole a acquis 9,18% du capital le 7 avril dernier. Quant au sujet des crypto-actifs, Valérie Baudson a indiqué qu’Amundi continuait de regarder de près les marchés, notamment la manière dont les banques centrales travaillent sur le sujet, mais n’avait aucun projet de développer des produits liés au bitcoin ou ses équivalents.
Le gestionnaire d’actifs américain a enregistré des sorties nettes de 5,3 milliards de dollars (5 milliards d’euros) et une perte de 136 milliards de dollars (130 milliards d’euros) d’actifs au premier trimestre 2022 selon ses résultats trimestriels publiés ce jeudi. Rob Sharps, président et directeur général de T. Rowe Price, attribue ces chiffres à un cocktail d’événements négatifs, en l’occurrence un indice S&P 500 qui réalise son plus mauvais trimestre depuis le début de la pandémie, l’invasion russe en Ukraine, le variant Omicron et l’action de la Réserve fédérale américaine vis-à-vis de l’inflation. L’effet de marché est estimé à -130,7 milliards de dollars. T. Rowe Price a décollecté à hauteur de 18,1 milliards de dollars dans ses stratégies actions tandis que la firme a collecté 6,7 milliards de dollars sur les stratégies multi-actifs, 5,3 milliards sur l’obligataire et 0,8 milliard sur les produits alternatifs. Rob Sharps a précisé que les sorties des investisseurs s’étaient concentrées sur les fonds actions internationales et américaines de large capitalisation. Avec cette nouvelle décollecte trimestrielle, la quatrième consécutive, les sorties nettes des produits de T. Rowe Price s'élèvent à 35 milliards de dollars depuis fin mars 2021. Les encours de T. Rowe Price ressortaient à 1.551 milliards de dollars fin mars, en repli de 8,1% par rapport à fin décembre 2021.
La société de gestion BDL Capital Management annonce avoir enregistré une collecte nette de plus de 240 millions d’euros au cours du premier trimestre 2022, lui permettant de dépasser les 2,5 milliards d’euros d’encours à fin mars 2021 malgré des marchés en baisse. Elle revendique une collecte positive auprès de tout type de segments de clientèle, y compris à l’international, et sur l’ensemble de ses quatre fonds.
Les investisseurs se préparent au pire. Entre le 14 et le 20 avril, les fonds actions, obligations et monétaires ont tous trois enregistré des rachats nets, selon le «Flow Show», le rapport hebdomadaire sur les flux dans les fonds de BofA Global Research. Les premiers ont rendu 17,5 milliards de dollars nets (16,2 milliards d’euros) à leurs porteurs de parts, un plus bas depuis le début de l’année, contre -8,7 milliards pour leurs confrères obligataires. Les fonds monétaires, ont, quant à eux, enregistré 55,4 milliards de dollars de retraits nets. Seuls les fonds or s’en sortent, avec +0,9 milliard (quatorzième semaine de collecte consécutive). La catégorie des fonds obligataires, qui avait connu un petit répit début avril, après trois longs mois de flux nets négatifs, se retrouve donc à nouveau dans le rouge. La décollecte se concentre une nouvelle fois sur le segment du crédit, avec des retraits de 3,9 milliards de dollars pour les fonds investment grade, 1,9 milliard pour les fonds high yield, et 1,1 milliard pour les fonds de dettes émergentes. A l’inverse, les investisseurs continuent de se réfugier dans la dette souveraine (+1,3 milliard de dollars), et la dette bancaire (+0,7 milliard). Sur les actions, les investisseurs ont retiré leurs encours des fonds actions américaines (-19 milliards de dollars) et européennes (-2,9 milliards), pour en placer sur les émergentes (+2,5 milliards), et sur les Japonaises (+0,2 milliard). Sur le marché des fonds actions américaines, aucun fonds catégorisé par un style de gestion n’a su, cette semaine, conserver ses porteurs de parts. Les fonds de grandes capitalisations ont rendu 19,6 milliards de dollars, les stratégies croissances 3,3 milliards, et les fonds value 1 milliard. A l’inverse, les paris sectoriels ont davantage séduit, avec un podium composé des fonds du secteur des matériaux (+2,9 milliards de dollars), de l’immobilier (+1 milliard) et de la tech (+0,8 milliard).
Les fonds en actions européennes ont enregistré leur premier mois de décollecte depuis deux ans, soit depuis mars 2020, rapporte l’agence Reuters sur la base des chiffres de Refinitiv Lipper. Dans un contexte de guerre entre l’Ukraine et la Russie, les fonds actions ont ainsi enregistré des rachats nets de 27 milliards de dollars le mois dernier. Dans le même temps, les fonds en actions amércaines ont collecté 20 milliards de dollars et les fonds en actions asiatiques 8,7 milliards. En Europe, le fonds Zwitserleven Duurzaam Index Aandelenfonds Europa a enregistré la plus forte décollecte (-912 millions de dollars), suivi de produits de BlackRock et sa marque d’'ETF iShares. BlackRock European Dynamic A Acc et iShares MSCI Eurozone ETF ont fait face respectivement à des retraits nets de 503 millions de dollars et 468 millions .
Les fonds d’investissement espagnols ont enregistré des entrées nettes d’un peu plus de 958 millions d’euros en mars 2022, selon les données préliminaires d’Inverco, l’association de la gestion d’actifs en Espagne. Sur le premier trimestre 2022, les fonds espagnols ont collecté 1,9 milliard d’euros. La collecte nette de mars a été très nettement tirée par les fonds obligataires qui ont drainé 2,3 milliards d’euros le mois dernier, loin devant les monétaires (113 millions d’euros), la gestion passive (63 millions), les fonds de performance absolue (42 millions) et les fonds actions espagnoles (8,6 millions). Les investisseurs espagnols sont en revanche sortis des fonds globaux et actions internationales à hauteur respectivement de 513 et 508 millions d’euros. En outre, des sorties nettes de 308 et 156,2 millions d’euros ont été observées sur les fonds obligataires mixtes et fonds actions mixtes. Les fonds garantis ont, eux, subi des sorties de 109 millions d’euros. Les encours des fonds espagnols s'élevaient à 309;2 milliards d’euros fin mars, en baisse de 2,7% depuis le début de l’année.
Depuis le début de l’année2022, la plateforme de dette d’infrastructures d’Edmond de Rothschild AM a levé 750millions d’euros. Le fonds Bridge-V a collecté 2milliards d’euros d’engagements auprès d’investisseurs européen, dont de grands souscripteurs suisses, et quelques asiatiques. Le véhicule est composé de fonds collectifs et de fonds dédiés, dont 1,4milliard d’euros pour la stratégie Senior et 600millions d’euros pour la stratégie Yield Plus. En tout, la plateforme a levé 4,7milliards d’euros depuis son premier closing en août2014. Au cours des trois derniers mois, l’équipe a réalisé 12 investissements d’une valeur supérieure à 600 millions d’euros la transition énergétique, les services aux collectivités (avec un accent mis sur leur transition énergétique et l’économie circulaire), les infrastructures digitales, les transports (en ce compris la mobilité verte) et le social (avec notamment les thématiques d’efficience énergétique). Au cours de cette période, elle a investi en Allemagne, en France, en Espagne, au Portugal, en Scandinavie, en Belgique et en République tchèque, à travers ses deux stratégies actuelles de dette d’infrastructures Senior (qualité de crédit Investment Grade / Solvabilité 2 avec des spreads de 250 pb ) et Yield Plus (actifs assortis de notation de crédit BB-, avec des spreads de 550 pb). La collecte devrait s’achever à l’été 2022, et les investisseurs prévoient de s’étendre en dehors de l’Europe, en ciblant les États-Unis et les marchés émergents.
La société de gestionJanus Henderson Investors a nommé Matt Bullock au poste nouvellement créé de responsable de l’équipe de construction et de stratégie de portefeuille pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique. L’intéressé a pris ses fonctions le 31 janvier 2022, travaille à Londres et est rattaché à Adam Hetts, responsable mondial de l’équipe Portfolio Construction and Strategy (PCS). L'équipe PCS de Janus Henderson, qui compte 15 employés, fournit aux clients des analyses de portefeuilles personnalisées ainsi que des informations sur mesure concernant l’allocation d’actifs et le contexte macroéconomique. Matt Bullock a pour objectif de développer le dialogue avec les clients institutionnels de la région EMEA et de diriger l'équipe de stratégistes de portefeuille basée à Londres.Il a précédemment travaillé pour Wellington Management en qualité de directeur des investissements pour les solutions multi-stratégies et la gestion thématique. De plus, il a occupé plusieurs postes de direction axés sur les marchés de la région EMEA, notamment chez BlackRock et Pendal Group. Outre Matt Bullock, Janus Henderson a également recrutéPeter Harrington-Howes au poste de stratégiste de portefeuille senior aux États-Unis. Il était auparavant conseiller senior en portefeuille chez Natixis, où il travaillait avec des clients intermédiaires et institutionnels sur les marchés américains, latino-américains et américains offshore.
La guerre en Ukraine et les sanctions financières prises par les pays occidentaux contre la Russie ont mis fin à deux mois consécutifs de collecte des fonds actions, au profit de stratégies sécurisées. Entre le 24 février et le 2 mars, les investisseurs ont retiré 5 milliards de dollars (4,6 milliards d’euros) des fonds actions, une baisse presque uniquement nourrie par la défiance envers les marchés européens, selon le «Flow Show», le rapport hebdomadaire sur les flux dans les fonds de BofA Global Research. Les investisseurs se sont rués dans le même temps sur les véhicules considérés comme les plus sûrs, à savoir les fonds monétaires (+ 46 milliards), la dette souveraine (+6 milliards) et les fonds or (+1,9 milliard). Les fonds obligataires ont, dans leur ensemble, vécu une huitième semaine de décollecte consécutive. La décollecte historique des fonds actions européennes s’élève à 6,7 milliards de dollars de sorties en une semaine. La région concentre la grande majorité des craintes des investisseurs, puisque les fonds actions américaines n’ont rendu que 0,3 milliard de dollars, quand les fonds actions japonaises et émergentes ont chacun collecté 1,3 milliard de dollars. Sur le marché américain, la crainte d’une accélération de l’inflation a profité aux fonds sectoriels sur les matériaux, qui ont reçu un montant lui aussi historique, mais à la hausse (+4,1 milliards de dollars), et l’énergie (+2,4 milliards). La décollecte s’est, elle, répartie entre les fonds de financières (-3,5 milliards de dollars), d’immobilier (-1,1 milliard), et de style croissance (-2,2 milliards). Dans l’univers obligataire, seuls les fonds de dettes souveraines ont trouvé grâce aux yeux des investisseurs, avec 6 milliards de dollars de collecte, dont 0,8 milliard sur les stratégies indexées à l’inflation. Les fonds de dettes d’entreprises investment grade, high yield et émergentes ont eux enregistré de nouvelles sorties pour la huitième semaine d’affilée, avec -7,8 milliards de dollars pour les premiers, - 2,2 milliards pour les deuxièmes et - 3,1 milliards pour les troisièmes.
Les fonds d’investissement espagnols ont collecté 1,15 milliard d’euros durant le mois de février 2022 selon les données préliminaires de l’association espagnole de la gestion d’actifs Inverco. Les entrées nettes ont été observées en très grande majorité sur les fonds obligataires (1,4 milliard d’euros). Viennent ensuite les fonds obligataires mixtes et actions mixtes, qui ont enregistré des collectes nettes respectives de 244,2 et 199,2 millions d’euros. Trois segments ont subi des rachats nets, à savoir les fonds garantis (-432,5 millions d’euros), la gestion passive (-285,3 millions d’euros) et les fonds actions internationales (-238 millions d’euros). Selon Inverco, l’actif des fonds espagnols a baissé de 5,2 milliards d’euros le mois dernier (-1,7%) à 306,5 milliards d’euros.
Dans un contexte où la Russie n’avait pas encore envahie l’Ukraine à la date des relevés de statistiques, les investisseurs internationaux ont continué d’alléger leurs positions dans les fonds obligataires, selon le «Flow Show», le rapport hebdomadaire sur les flux dans les fonds de BofA Global Research. Entre le 17 et le 23 février, la catégorie a enregistré une décollecte de 3,5 milliards de dollars, concentrée sur les fonds d’obligations d’entreprises. Dans le même temps, les fonds actions ont continué à drainer une collecte mesurée, avec +6,2 milliards cette semaine. Les fonds monétaires ont, quant à eux, retrouvé quelques couleurs, avec 7 milliards de dollars de flux nets, après leur importante décollecte de 79 milliards la semaine précédente. La décollecte des fonds obligataires, qui a démarré au tout début d’année, s’élève désormais à 50,2 milliards de dollars. Avec -3,5 milliards de dollars, le niveau hebdomadaire de retraits est toutefois en baisse, après quatre semaines passées en-dessous de la barre de -10 milliards. A l’image des précédents relevés, les rachats nets de cette semaine concernent majoritairement des fonds d’obligations d’entreprises investment grade, high yield et de dette émergente. Les premiers ont rendu 1,9 milliard de dollars, contre 2,8 milliards pour les deuxièmes, et 0,5 milliard pour les troisièmes. Les fonds de dettes souveraines résistent, avec une collecte de 1,3 milliard de dollars, tout comme les fonds de dettes bancaires, avec +0,8 milliard. Du côté des fonds actions, la collecte s’est principalement répartie entre les véhicules exposés aux pays émergents (+3 milliards), et aux Etats-Unis (+1,7 milliard). Les fonds européens et japonais ont, eux, rendu respectivement 1,8 milliard (plus large décollecte depuis trois mois) et 0,6 milliard à leurs porteurs de parts. Sur le marché américain, la collecte s’est concentrée sur les fonds de grandes capitalisations (+5,7 milliards de dollars), les fonds value (+1,6 milliard), et les fonds du secteur des matériaux (+1,3 milliard). A l’opposé du spectre, le podium de la décollecte réunit les fonds croissance (-2,2 milliards de dollars), les fonds du secteur de la santé (-0,8 milliard), et à égalité les fonds exposés aux financières et à l’énergie (-0,7 milliard).
D’aucuns reconnaîtront ici une adaptation de la citation célèbre du philosophe Friedrich Nietzsche qui vient nous rappeler un principe fondamental qu’il convient aussi d’appliquer en finance : douter de ses propres convictions.
La forte collecte hebdomadaire des fonds actions vient de connaître un coup d’arrêt, selon le «Flow Show», le rapport hebdomadaire sur les flux dans les fonds de BofA Global Research. Entre le 10 et le 16 février, les investisseurs y ont placé seulement 2,2 milliards de dollars, contre 46,6 milliards la semaine précédente. Dans le même temps, ils sont sortis massivement des fonds monétaires, avec une décollecte de 79,4 milliards de dollars. Les fonds obligataires ont également connu une décollecte, de 11,8 milliards. Pour les auteurs du rapport, la dynamique des flux entre et au sein des classes d’actifs caractérise une anticipation d’une possible récession de la part des investisseurs. ils notent notamment une forte collecte pour les fonds de dettes souveraines, avec +7,4 milliards de dollars, au plus haut depuis mars 2020, et une sixième semaine de suite de collecte des fonds or, avec +400 millions de dollars. La décollecte s’est concentrée, elle, sur le monétaires, et les fonds de crédit, avec -17,5 milliards de dollars, un niveau équivalent aux retraits d’avril 2020. Les fonds de dettes souveraines indexées à l’inflation ont, eux, rendu 1,4 milliard de dollars. Dans les actions, les investisseurs ont privilégié les fonds émergents, avec +3,3 milliards de dollars. Les fonds actions américaines ont reçu 900 millions de dollars nets, et les fonds actions européennes 300 millions, tandis que les fonds actions japonaises ont rendu 1,4 milliard. Sur le marché américain, la dynamique de la collecte soutient également la thèse d’une anticipation de récession, avec une première place pour les fonds value (+2,3 milliards de dollars), suivis des fonds de petites capitalisations (+1,6 milliard) et les fonds du secteur des matériaux (+1,2 milliard). Les fonds croissance ont, eux, décollecté 1,3 milliard de dollars.
La tendance du tout actions se poursuit dans l’univers des fonds. Entre le 3 et le 9 février, les flux de collecte se sont quasi-exclusivement dirigés vers les fonds actions, qui ont reçu 46,6 milliards de dollars nets (40,9 milliards d’euros), selon le «Flow Show», le rapport hebdomadaire sur les flux dans les fonds de BofA Global Research. A l’inverse, les fonds obligataires et les fonds monétaires ont poursuivi leur chemin de croix, avec des retraits nets respectifs de 10,5 milliards et 47,5 milliards de dollars. La collecte des fonds actions est en route pour battre le record de l’année 2021. Depuis le début de l’année, elle s’élève à 153 milliards de dollars, soit deux milliards de plus que sur l’exercice précédent à la même période. Les analystes du BofA Global Research notent pourtant que leur indice du sentiment haussier («bullish» en anglais) chez les investisseurs se trouve au plus bas depuis août 2020. Lorsque l’on regarde à la loupe les flux hebdomadaires, on remarque que la très grande majorité s’est dirigée vers les fonds de grandes capitalisations américaines, qui ont attiré 34,1 milliards de dollars. Cela représente d’ailleurs la quasi-totalité des flux vers les fonds d’actions américaines, qui s’élèvent à 35,2 milliards de dollars. Dans les autres régions, les fonds d’actions émergentes ont reçu 5,3 milliards de dollars, et les fonds d’actions européennes 2,2 milliards. Les fonds d’actions japonaises ont eux décollecté 1,4 milliard. Dans l’obligataire, les fonds de titres d’entreprises ont enregistré leur cinquième semaine consécutive de décollecte. Les retraits s’élèvent à 4,9 milliards de dollars pour les fonds d’obligations investment grade, et à 5,2 milliards pour les fonds d’obligations à haut rendement. Dans l’univers souverain, les fonds de dette au nominal ont reçu 0,8 milliard, tandis que leurs équivalents investissant sur des titres indexés à l’inflation ont rendu 2,6 milliards. Les fonds de dette bancaire, discrets pendant de nombreux mois, continuent d’engranger des flux, avec +1,8 milliard de dollars cette semaine.
Le groupe financier américain Lazard, qui englobe notamment Lazard Asset Management et Lazard Frères Gestion sur le segment de la gestion d’actifs, a indiqué, ce jeudi, que ses encours sous gestion s'élevaient à environ 258,7 milliards de dollars (227,2 milliards d’euros)au 31 janvier 2022,selon des données préliminaires. Un montant en baisse de 5,8% par rapport à fin décembre 2021 où ils avaient atteint un record de 274 milliards de dollars. La firme indique que ses résultats du mois de janvier ont été affectés par une dépréciation de ses actifs de 9,5 milliards de dollars ainsi que par une dépréciation sur les devises de 1,5 milliard de dollars. Lazard a également décollecté à hauteur de 4,1 milliards de dollars pour le seul mois de janvier 2022. Une décollecte dans la continuité de celle desdeux dernières années chez Lazard puisque la gestion d’actifs de lafirme a subi des sorties nettes sur les huit derniers trimestres, entre janvier 2020et décembre 2021, pour un total de 20,4 milliards de dollars. Lescollectes cumulées sur les années 2018 et 2019 étaient elles aussi négatives, ce qui porte à 38,5milliards de dollars la décollecte nette totale subie par la gestion d’actifs deLazard entre début janvier 2018 et fin janvier2022. Il faut remonter à 2017 pour voir une année de collecte positive chez Lazard à près de 3,1 milliards de dollars.