La rémunération de Michel Combes relance la polémique
Nouvelle polémique sur la rémunération des dirigeants. Michel Combes, qui quitte la direction générale d’Alcatel-Lucent pour présider Numericable-SFR et prendre la direction opérationnelle d’Altice à partir d’aujourd’hui, pourrait toucher l’équivalent de 13,7 millions d’euros en actions sur les trois prochaines années.
«Dans le monde d’aujourd’hui, avec les difficultés que les uns et les autres rencontrent, à un moment donné il faut un peu de bon sens, un peu de mesure, un peu de retenue et là, en l’occurrence, Michel Combes n’en a pas eu», a déploré le ministre des Finances, Michel Sapin, sur France Info. Même le Medef s’est montré critique. «Est-ce que pendant cette période il y a eu une très forte performance de l’entreprise, est-ce que les montants étaient adossés sur des prises de risque, des critères bien définis, c’est ça qu’il faut maintenant regarder, a expliqué sur RTL, Thibault Lanxade, vice-président du Medef. Le Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise a confirmé à L’Agefi qu’il étudierait le dossier «assez rapidement».
Michel Combes s’est vu attribuer au titre des exercices 2013, 2014 et 2015 près de 2,7 millions d’unités de performance. En outre, il touchera 350.000 stock-options payables sur trois ans, et bénéficie d’une clause de non-concurrence de trois ans, de 1,47 million d’actions Alcatel-Lucent ou 0,8 million d’actions Nokia. Cette rémunération a été décidée par le conseil d’administration et votée par l’assemblée générale, s’est défendu Michel Combes. A la manœuvre du rapprochement avec Nokia, le dirigeant peut aussi avancer la multiplication par trois du cours de l’action depuis son arrivée.
Toutefois, la suppression de la condition de présence de trois ans pour que Michel Combes, arrivé en avril 2013, puisse toucher les unités de performance n’a été annoncée, très discrètement, qu’une semaine avant l’AG. Et le 26 mai dernier, lors de cette AG, près d’un quart des actionnaires avait tout de même voté contre cette rémunération.
Surtout, le conseil du 29 juillet dernier a attribué à Michel Combes une clause de non-concurrence, alors qu’il n’en bénéficiait pas auparavant. De quoi provoquer la colère de Proxinvest. Non seulement, les montants sont très élevés, bien au-dessus de la rémunération fixe et variable de 2 millions d’euros au titre de 2014, mais encore les actionnaires n’ont pas validé les modifications de cet été, insiste le proxy.
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