La mutation industrielle de Philips touche bientôt à sa fin
L’éclairage sera bientôt de l’histoire ancienne pour Philips. Le groupe néerlandais a annoncé hier la vente d’un premier pan de sa filiale Lumileds de composants d’éclairage (LED et éclairage automobile), avant la prochaine cession de son activité d’ampoules traditionnelles. La conclusion de ce processus, attendu début 2016, parachèvera la transformation industrielle du groupe d’électronique néerlandais.
Déjà retiré des téléviseurs et autres équipements audiovisuels, Philips compte se concentrer sur les appareils médicaux (scanners…) et les petits accessoires (rasoirs électriques…).
Alors que le plan de mutation de Philips s’est parfois révélé chaotique, la vente de Lumileds a agréablement surpris. La valorisation de 3 milliards d’euros, dette comprise, pour 100% du capital, obtenue auprès du fonds Go Scale Capital est supérieure d’environ 500 millions aux chiffres récemment évoqués. Frans Van Houten, le directeur général de Philips, a qualifié hier le prix d’«attractif». La valeur d’entreprise représente environ 1,65 fois les revenus de Lumileds ce qui, selon les analystes d’Equinet, reste tout de même nettement inférieur aux multiples des comparables comme Epistar ou Cree, au-dessus de deux fois les ventes.
Philips conservera pendant un temps 19,9% du capital de Lumileds. Go Scale Capital, structure qui regroupe GSR Ventures et Oak Investment Partners, a devancé un consortium constitué par KKR et CVC. En plus du prix, les bases asiatiques de Go Scale Capital ont joué, alors que l’industrie de l’éclairage par les LED est intimement liée à celle des semi-conducteurs. Go Scale Capital était conseillé par Zaoui & Co et Philips par Morgan Stanley.
La cession des activités d’éclairage traditionnel s’annonce plus compliquée. Compte tenu de la taille de l’activité (6,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires), une reprise par un concurrent paraît compromise. De même, sa forte présence en Chine et sur le marché de la distribution au grand public, là où la pression sur les marges est la plus forte, risque de décourager des fonds de private equity.
Si elle dit vouloir explorer toutes les voies, la direction de Philips a reconnu que la mise en Bourse constituait la première des options. Les analystes d’Oddo estiment la valeur implicite de cette activité à 3 milliards d’euros.
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