Air France rassure le marché sur les perspectives du moyen-courrier
A la veille d’une nouvelle grève des pilotes d’Air France, la réforme de l’activité court et moyen-courrier reste toujours un défi pour la compagnie aérienne. Toutefois, les différentes mesures prises depuis plusieurs années finissent par porter leurs fruits. «Cette année, nous prévoyons que les pertes du moyen-courrier domestique seront divisées par deux par rapport à 2012. Elles devraient être de l’ordre de 120 millions d’euros», a déclaré le PDG d’Air France, Frédéric Gagey, au Figaro. Et le patron de la compagnie aérienne compte bien ne pas en rester là en continuant à réorganiser cette activité. Une annonce qui a permis au titre Air France-KLM de rebondir mardi de 1,86% à 8,202 euros.
Fin juillet, la compagnie aérienne a annoncé qu’elle dévoilerait à la rentrée son nouveau plan stratégique pour 2015-2020, baptisé Perform 2020. Ce programme, présenté lors de sa journée investisseurs du 11 septembre prochain, doit notamment permettre au groupe de reconquérir des parts de marché dans le court et le moyen-courrier, notamment dans le low cost. En 2013, le trafic moyen-courrier d’Air France-KLM avait augmenté de 1,7% malgré la réduction de 1,2% des capacités, reflétant l’impact du plan Transform 2015.
D’ici là, la direction d’Air France doit faire face au tout puissant syndicat des pilotes de lignes, le SNPL, qui a déposé un préavis de grève pour la semaine du 15 au 22 septembre. Le syndicat s’inquiète particulièrement du développement de Transavia, la compagnie à bas coûts d’Air France-KLM. La direction «externalisera massivement l’activité court/moyen-courrier point à point […] La menace est claire: notre moyen-courrier risque de se restructurer sans les pilotes d’Air France», déclarait déjà fin juillet le SNPL. Afin de désamorcer cette crise avec les pilotes, Frédéric Gagey a rappelé hier que le développement de Transavia «ne se fait pas aux dépens du moyen-courrier d’Air France»; au-contraire, Transavia doit permettre de faire face à la forte concurrente des compagnies low cost. Surtout, le patron d’Air France se veut conciliant en étant prêt à discuter de la proposition du SNPL de créer un groupe unique de pilotes d’avions de plus de 100 places, mais en revoyant les conditions d’emploi et de rémunération. Cette volonté de trouver un terrain d’entente «est une bonne nouvelle à nos yeux et pourrait permettre de réduire le risque de grève», note Oddo. Reste à savoir ce que le SNPL sera prêt à lâcher…
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