L’Insee anticipe une forte chute du PIB au premier semestre, sans la chiffrer
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Alexandre Prevot
L'économie française devrait nettement se contracter aux premier et deuxième trimestres de 2020, en raison de la perte d’activité liée aux mesures de confinement adoptées pour limiter la propagation du Covid-19, a prévenu jeudi l’Institut national de la statistique et des études économique (Insee) dans son dernier point de conjoncture.
« L’évolution du produit intérieur brut (PIB) devrait être nettement négative au premier trimestre et sans doute plus encore au deuxième trimestre, selon la durée et les modalités de sortie du confinement », a prévenu l’institut dans son rapport, sans toutefois fournir de prévision précise pour le trimestre ou l’année en cours.
Hier, la Banque de France avait chiffré à 6% la contraction du PIB au premier trimestre.
La perte d’activité économique en France depuis l’entrée en vigueur du confinement est estimée à 36% du PIB par rapport à la normale, tandis que la consommation des ménages accuse un repli de l’ordre de 35%, a indiqué l’Insee. Dans son précédent rapport publié le 26 mars, l’organisme avait estimé la perte d’activité économique due au confinement à 35%.
L’Insee a confirmé son estimation d’une « perte comptable » de 3 points de pourcentage de PIB annuel par mois de confinement. Mais « la perte effective sera en toute hypothèse supérieure car, comme beaucoup d’économistes l’ont déjà noté, il est très peu probable que la sortie du confinement s’accompagne d’un retour immédiat de l’activité économique à la normale », a également averti l’institut.
Alors que le gouvernement se prépare à annoncer une poursuite du confinement au-delà du 15 avril, l’Insee s’attend par ailleurs à une forte dégradation du climat des affaires en avril.
L’institut publiera « si possible » les chiffres du PIB du premier trimestre 2020 à la fin avril.
La croissance des moteurs que sont l’investissement et la consommation reste soutenue. Sans relancer l’inflation sous-jacente en juin, au vu des indices liés aux dépenses PCE également publiés jeudi. De quoi faire patienter les marchés et envisager un nouveau statu quo de la Fed en septembre.
Comme la quasi-totalité des analystes le prévoyaient, la Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu inchangé son taux directeur à 3,75% jeudi, soit un statu quo pour la cinquième réunion consécutive. Mais le vote est passé à seulement 6 voix contre 3.
La salve de statistiques officielles publiées jeudi a apporté de bonnes nouvelles sur l’évolution générale de l’économie au deuxième trimestre. La Banque centrale européenne (BCE) sera d’autant plus attentive à l’évolution de l’inflation d’ici à sa réunion monétaire du 10 septembre.
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