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Marchés Emergents : même indice, destins différents

Robeco
La dispersion des valorisations, des bénéfices et des risques exige une approche sélective des marchés émergents.
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Les marchés émergents présentent une dispersion en termes de valorisations, de conversion des bénéfices et de crédibilité des politiques économiques selon les pays, de sorte qu’il est important d’envisager une approche d’investissement active, plutôt que de s’en remettre à une exposition indicielle.

Depuis trois décennies, les marchés émergents sont vendus sur la base d’un argumentaire simple : une croissance plus rapide, des populations plus jeunes et une intégration plus poussée dans le commerce mondial. Cependant, traiter les marchés émergents comme un seul bloc masque la diversité de cet univers et limite, selon nous, les performances que les investisseurs peuvent en tirer.

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Jan de Bruijn, gérant de portefeuille clients, Actions émergentes  - 

Aujourd’hui, un même indice de marchés émergents regroupe des exportateurs de technologies comme Taïwan et la Corée, de vastes économies domestiques comme l’Inde et l’Indonésie, des producteurs de ressources tels que le Brésil et le Chili, ainsi que des États du Golfe riches en capitaux. Ces économies diffèrent par leur structure, la solidité de leurs institutions et leur sensibilité aux chocs externes, et ce sont ces différences, plutôt que la croissance mise en avant dans les gros titres, qui déterminent si les investisseurs peuvent prospérer sur les marchés émergents.

La croissance est nécessaire, mais elle ne fait pas tout
La croissance du PIB ne se traduit pas nécessairement en performances d’actions. Les preuves académiques ne montrent aucune relation cohérente entre croissance et performance future de marché.

Pour les investisseurs en actions, la croissance doit survivre à une chaîne de transmission : de l’activité aux revenus, des revenus aux bénéfices, des bénéfices au BPA. Chaque maillon peut se rompre, sous l’effet de l’intervention de l’État, de la dilution des actions, de la faiblesse de la protection des actionnaires minoritaires ou de la dépréciation de la devise. Pour les investisseurs obligataires, la croissance doit renforcer les recettes publiques et la soutenabilité de la dette.

Dispersion des prix et du risque
La dispersion des valorisations au sein de l’indice est extrême. Fin mai 2026, l’indice MSCI India se négociait à environ 20,2 fois les bénéfices prévisionnels, contre 11,6 fois pour la Chine, 11,0 fois pour l’Indonésie et 9,7 fois pour le Brésil. La volatilité est tout aussi différenciée, le Brésil et la Corée étant plus sensibles au dollar que d’autres grands marchés émergents comme l’Inde et la Chine.

Quatre moteurs de performance distincts
À l’heure actuelle, l’Asie offre la dynamique bénéficiaire la plus forte, sans toutefois reposer sur un modèle unique. La Chine est bon marché après des années de déflation, mais elle nécessite des preuves que la croissance se traduit par un rendement du capital. L’Inde est le moteur capitaliseur structurel, avec une véritable largeur sectorielle, mais sur la base d’une valorisation qui intègre déjà une capacité d’exécution considérable. À Taïwan et en Corée, les bénéfices dépendent de l’investissement mondial dans l’IA plutôt que du PIB domestique.

L’Asie du Sud-Est va du profil valorisation et revenus de l’Indonésie, avec de faibles multiples et des rendements élevés mais un indice étroit, au modèle de croissance plus soutenue du Vietnam, où une croissance de 8 % en 2025 s’accompagne de risques de crédit et de liquidité.

L’Amérique latine présente des valorisations attractives et des rendements réels, mais une croissance tendancielle plus faible et une volatilité macroéconomique plus élevée. Dans la région EMEA, l’Europe centrale converge avec l’UE développée et crée une richesse importante dans des pays comme la Pologne. Dans le golfe Persique, l’enjeu consiste à convertir la richesse tirée du pétrole et du gaz en industries et services rentables non liés aux ressources.

Ce que cela signifie pour les portefeuilles
Pour les conseillers et les gérants de fortune, la décision d’investir sur les marchés émergents ne porte plus sur le montant à investir. Elle porte sur les segments à privilégier, le prix à payer et l’objectif recherché. Un gérant actif peut être mieux placé qu’un indice passif pour naviguer entre conversion des bénéfices, crédibilité des politiques économiques et valorisation.

Sur les marchés émergents, la dispersion n’est pas un inconvénient, mais une opportunité.

En savoir plus.

Informations importantes – Capital assujetti à un risque

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