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Le Brésil peut-il concilier politique et inflation ?
Le Parti des travailleurs sans héritier clair
L’élection présidentielle de 2026 pourrait marquer un tournant pour les marchés et la politique économique du Brésil. L’issue du scrutin influencera les règles budgétaires, les taux d’intérêt et les rendements des actifs. Malgré des problèmes de santé, Lula laisse entendre qu’il pourrait briguer un quatrième mandat, tandis que des figures conservatrices comme Tarcísio de Freitas et Michelle Bolsonaro émergent comme candidats crédibles.
À 79 ans, la santé de Lula suscite des doutes, mais faute de successeur solide au sein du « Partido dos Trabalhadores », sa candidature reste probable. Sa popularité a chuté début 2025, affectée par la hausse des prix alimentaires et la controverse sur la taxe PIX, avant de rebondir à la mi-année grâce à sa réaction face à la menace de tarifs américains et à l’atténuation de l’inflation alimentaire. La croissance économique, attendue à 2,2 %, demeure modeste mais suffisante pour préserver son soutien. Le marché du travail reste robuste, soutenu par la hausse des salaires et un emploi stable. L’agriculture profite de conditions favorables et de prix élevés, stabilisant les revenus ruraux et les exportations. Dans des États clés comme le Minas Gerais, Lula conserve un soutien notable.
La popularité soutenue par la dépense publique
Traditionnellement, l’approbation présidentielle progresse à l’approche des élections, les sortants adoptant des mesures budgétaires généreuses, efficaces dans une société inégalitaire. Les récentes hausses de salaires publics et de transferts sociaux continuent de soutenir le moral des électeurs.
Cependant, les marges budgétaires sont étroites : 92 % du budget fédéral sont dédiés à des dépenses obligatoires (pensions, salaires, santé, éducation, dette), ne laissant que 8 % pour des dépenses discrétionnaires. Le « teto de gastos », plafond des dépenses instauré en 2016, limite la flexibilité budgétaire. Lula l’a assoupli en 2023, mais de nouveaux assouplissements pourraient éroder la confiance des investisseurs, raviver l’inflation et augmenter les coûts d’emprunt.
Face à ces contraintes, des alternatives existent. En 2022, Bolsonaro avait réduit les taxes sur les carburants pour stimuler le soutien électoral. Si la dépense publique directe est limitée, Lula pourrait utiliser les entreprises publiques ou les banques d’État pour financer des programmes hors budget. Petrobras et Eletrobras pourraient être sollicitées pour investir dans les infrastructures, tandis que la BNDES, la Caixa Econômica Federal ou la Banco do Brasil pourraient offrir des crédits bonifiés. En août 2025, les banques publiques ont lancé un plan de crédit « Brésil Souverain » de 30 milliards de réais pour soutenir les entreprises affectées par les tarifs américains. De nouvelles règles ont permis d’accorder des prêts adossés aux salaires à des taux inférieurs à la moyenne du marché.
Ces mesures soutiennent la popularité de Lula à court terme, sans freiner l’inflation, qui atteignait 5,2 % mi-2025, au-dessus de l’objectif officiel. Pour la contenir, la banque centrale a relevé le taux Selic à 15 %, niveau le plus élevé depuis 2006. Un calendrier de baisse progressive est anticipé, mais ce bras de fer illustre le dilemme brésilien : la lutte contre l’inflation s’oppose aux politiques budgétaires expansionnistes en période électorale.
Le camp conservateur en quête de leadership
Côté conservateur, Jair Bolsonaro reste empêtré dans des procédures judiciaires, rendant sa candidature improbable. Il espère un retour à la Trump, mais son épouse Michelle ou Tarcísio de Freitas, populaire à São Paulo, sont des alternatives crédibles.
Quel que soit le vainqueur, le Brésil devra équilibrer ambitions fiscales, contraintes économiques et stabilité monétaire. Un mandat de Lula signifierait la poursuite de politiques sociales expansives, au risque d’une inflation élevée. Une victoire conservatrice offrirait plus de discipline budgétaire, mais pourrait raviver les tensions sociales. Les marchés devront composer avec l’incertitude et un environnement extérieur volatil, marqué par les tensions commerciales avec Washington et la conjoncture américaine.
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