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Comment l’héritage de la doctrine Monroe influence encore les marchés en Amérique latine

DPAM
Deux siècles après, la doctrine Monroe continue d’influencer la politique et les marchés en Amérique latine.
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Une doctrine née pour protéger, devenue levier d’influence

Formulée en 1823 par le président James Monroe, la doctrine visait à protéger l’hémisphère occidental des ambitions coloniales européennes. À l’époque, de jeunes États latino-américains sortaient tout juste de la domination espagnole et portugaise. Bien accueillie par des figures comme Simón Bolívar, elle reposait toutefois sur la puissance navale du Royaume-Uni, les États-Unis n’ayant pas encore les moyens militaires nécessaires.

Le corollaire Roosevelt de 1904 transforma ensuite cette doctrine en instrument d’intervention afin d’empêcher toute implication européenne. Des actions à Cuba, au Nicaragua ou en Haïti alimentèrent progressivement les critiques contre ce qui fut perçu comme une stratégie impérialiste.

De la Guerre froide aux recompositions géo-économiques

La politique du « bon voisinage » de Franklin D. Roosevelt mit l’accent sur la non-ingérence, mais la Guerre froide réorienta les priorités vers la lutte contre l’influence soviétique, justifiant le soutien à des régimes autoritaires pro-américains.

Au XXIᵉ siècle, Washington adopte une approche plus diversifiée. Sous Obama, John Kerry déclara la doctrine obsolète, amorçant un rapprochement avec Cuba, le Venezuela et le Nicaragua. Sous Trump puis Biden, la ligne durcit à nouveau sur certains régimes, alimentant des perceptions contradictoires dans la région et renforçant les clivages politiques internes.

Sur le plan économique, les États-Unis conservent des relations fortes via l’USMCA avec le Mexique, des accords CAFTA-DR et plusieurs accords bilatéraux (Chili, Colombie, Pérou, Panama). Ces initiatives répondent à l’influence croissante de la Chine, devenue un partenaire commercial et financier incontournable. Les sanctions restent un outil central, malgré les débats sur leurs effets humains et leur efficacité réelle.

La coopération sécuritaire évolue vers la lutte contre le narcotrafic et le crime organisé (Plan Colombia, Initiative de Mérida), tandis que les tensions migratoires deviennent un sujet majeur de sécurité nationale, très politisé dans le débat intérieur américain.

Un prisme géopolitique qui pèse sur les primes de risque

Plus nombreux, les États latino-américains défendent désormais plus fermement leur souveraineté et diversifient leurs partenariats, notamment avec la Chine, la Russie ou encore des plateformes multilatérales alternatives.

Le cas récent de l’Argentine illustre la persistance stratégique de cette logique. Un soutien potentiel via l’Exchange Stabilization Fund pourrait inclure des lignes de swap, des interventions de la Fed ou des achats de dette souveraine, sans passer par le Congrès, mais avec des exigences de garanties complexes. L’objectif serait de gérer des échéances critiques et soutenir les refinancements locaux.

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Michael Vander Elst, Head of Emerging Markets chez DPAM  - 

Une tendance semble se dessiner : des gouvernements plus proches du conservatisme américain, comme en Argentine, au Salvador et en Équateur, obtiennent un accueil plus favorable que des gouvernements de gauche au Brésil ou en Colombie. Cette dimension géopolitique constitue désormais un paramètre clé dans l’évaluation du risque souverain en Amérique latine, tandis que d’autres pays en difficulté, comme la Bolivie, pourraient à leur tour chercher un réalignement stratégique. Dans ce contexte, les investisseurs devront intégrer non seulement les fondamentaux macrofinanciers, mais aussi l’équilibre diplomatique et l’évolution des alliances régionales.


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