Le marché français des ETF continue de se démocratiser
Vingt-trois ans après ses débuts, le marché européen des fonds indiciels cotés (ETF), jusqu’ici très institutionnel, semble enfin accélérer son développement auprès de la clientèle des particuliers. Si la tendance est très nette en Allemagne, elle se perçoit aussi de plus en plus en France, comme le signale le dernier observatoire des ETF que vient de publier Quantalys Harvest Group avec BNP Paribas Asset Management. Les ETF trouvent ainsi peu à peu leur place dans l’offre d’épargne, à commencer par le support préféré des Français : l’assurance-vie. «En 2022, 44% des contrats d’assurance-vie proposent au moins un ETF dans leur offre, contre 38% un an auparavant, indique Jean-François Bay, le directeur général de Quantalys Harvest Group. En outre, au sein de ces contrats, le nombre d’ETF référencés a fortement augmenté, passant de 20 en moyenne en 2021 à 31 l’an dernier.»
Des ETF plus présents dans les allocations
Les intermédiaires qui conseillent les épargnants ont également davantage recours aux fonds indiciels cotés. Quantalys, dont la plateforme est utilisée par les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) pour gérer le portefeuille de leurs clients, a ainsi constaté dans ces allocations une hausse du poids des ETF de 1,5% sur l’année. «Sur les portefeuilles de profil équilibré, ils représentent en moyenne 2,8% de l’allocation, mais cette part atteint 10% pour les profils offensifs», précise Jean-François Bay. Un mouvement qui dépasserait les CGP. «Nous constatons un intérêt croissant de la gestion patrimoniale, de la banque privée mais aussi des réseaux bancaires, témoigne Lorraine Sereyjol-Garros, responsable globale du développement ETF et fonds indiciels de BNP Paribas Asset Management. Cette attention nouvelle reflète la demande accrue de leurs clients, attirés par la transparence, la facilité d’utilisation et le faible coût des ETF.»
Cette démocratisation est aussi liée au développement des plateformes digitales grand public. «De nouveaux acteurs se lancent dans l’assurance-vie et le compte-titres avec des offres 100% digitales, signale Jean-François Bay. C’est aussi le cas de Boursorama avec son Plan d’épargne retraite investi dans des ETF d’iShares.» En outre, plusieurs plateformes étrangères qui ont percé sur leur marché domestique s’intéressent depuis quelques mois à la France, à l’image des allemands Scalable et Trade Republic ou de l’espagnol Indexa Capital.
Une inflexion sur les rétrocessions
Si la diffusion des ETF auprès de l’épargnant particulier a longtemps été freinée par le système des rétrocessions – les fonds indiciels cotés ne versent en effet pas ce type de rémunération au distributeur, contrairement à la plupart des fonds actifs traditionnels –, la donne pourrait changer. La Commission européenne a en effet rouvert le (vieux) débat sur l’interdiction de ces rétrocessions. Une partie du marché semble en tous cas anticiper une telle décision. «On constate un virage des distributeurs vers la gestion pilotée, qui permet de facturer des frais au client au titre du mandat de gestion tout en sélectionnant des supports d’investissement sans rétrocessions, tels que les ETF, note Jean-François Bay. Ces derniers offrent en effet en moyenne sur dix ans une surperformance nette de frais de 1,5% par an par rapport aux fonds actifs.»
L’aiguillon réglementaire pourrait aussi jouer de manière plus indirecte. «La directive Mifid exige, de la part du distributeur, de plus en plus de transparence sur les caractéristiques durables des produits qu’il propose, tout en interrogeant ses clients sur leurs préférences en matière de durabilité, rappelle Lorraine Sereyjol-Garros. Or les ETF ESG s’appuient sur des critères quantitatifs, ce qui permet de répondre assez facilement à ces exigences.»
Autant de catalyseurs qui pourraient faire enfin décoller le nombre d’épargnants français qui achètent au moins une fois dans l’année un ETF. En 2022, l’Autorité des marchés financiers (AMF) en comptait 250.000...
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