Mourir de désespoir, c’est une affaire personnelle et pourtant, l’Association d’économie américaine (AEA) s’est penchée sur la question lors de son forum annuel, en début de mois, comme le rapporte The Economist. Le fait est que la mort prématurée par suicide ou par abus de drogue ou d’alcool prend des proportions importantes aux Etats-Unis. La mortalité a augmenté suite à ce phénomène ces dernières années chez les Américains blancs, d’âge moyen, et cette évolution ne s’observe dans aucun autre pays comparable. De quoi remettre en question l’optimisme et le bonheur qui sont considérés comme le corollaire de la croissance, une réussite de l’Amérique contemporaine. L’effet Werther ne serait pas en cause, les gens mourant de désespoir étant dotés d’un bagage intellectuel réduit. Le phénomène ne serait que partiellement lié à une situation économique difficile ou aux opioïdes. Le pays du marché tout puissant, de l’argent roi, voit ainsi ses économistes se pencher sur la complexité de la vie sociale moderne et s’engager dans des réflexions nouvelles sur l’inégalité mais aussi sur la santé, la vie en ville, la sociabilité... Vraiment une bonne nouvelle.