Après cinq années de rattrapages boursier qui a vu les actions américaines tripler et les actions européennes gagner 145 %, est-il raisonnable d'être optimiste sur l'évolution des marchés cette année? Pour Jean-Marie Mercadal, directeur général délégué en charge des gestions d’Ofi Asset Management, un certaine prudence s’impose. «Les actions sont la classe d’actifs la plus attrayante en absolu et, surtout, comparée aux marchés de taux d’intérêts», souligne-t-il. Par ailleurs, elles ont retrouvé des valorisations à des niveaux proches des moyennes historiques, voire légèrement au-dessus pour ce qui concerne les actions américaines. Jean-Marie Mercadal estime que la progression des actions devrait se situer cette année entre 7 % et 12 % «Nous n’aurons plus de performances aussi fortes que les années précédentes et une volatilité plus marquée», estime-t-il. D’où la nécessité de regarder les valorisations de près. Dans le cas des actions émergentes, Jean-Marie Mercadal constate que les pays émergents dans leur ensemble «sont aujourd’hui en bien meilleure situation que lors de la dernière grande crise de change des années 90". Il n’y que peu de taux de change fixe avec le dollar et les niveaux de dettes extérieures/PIB sont largement inférieurs à ceux des pays développés. Il ne redoute pas une extension de la crise bancaire en Chine, qui devrait être limitée «car elle dépend en effet essentiellement de capitaux domestiques et le gouvernement aura les moyens le cas échéant de régler le problème», précise-t-il. Enfin, les valorisations lui semblent désormais plutôt attrayantes sur cette classe d’actifs, avec une décote estimée de 30% par rapport aux marchés développés. Dans ce contexte, Ofi mettra commercialement en avant des fonds répondant aux différentes problématiques actuelles comme les taux monétaires proches de zéro. Comme en début d’année, la société de gestion «poussera» ses fonds de performance absolue et alternatif.