L'écart se creuse entre l’Allemagne et la France sur l'épargne. C’est un des enseignements du «Tableau de bord de l’Epargne – janvier 2014" publié par l’Observatoire de l’Epargne Européenne (OEE). Car si les ménages français et allemands consacrent traditionnellement une part comparable de leur revenu aux placements financiers, environ 8 %, ce taux a décroché en France depuis le deuxième semestre 2011. Il n’était plus que de 4,5% au deuxième trimestre 2013 alors que le taux allemand reste stable. «Les placements financiers restent soutenus en Allemagne par la progression des revenus, et par le réinvestissement des plus-values immobilières. La France, marquée par un alourdissement de la fiscalité de l’épargne, tend à s’éloigner du « modèle » allemand», analyse le document de l’OEE (cf pièce jointe). Autre enseignement de l'étude, l’épargne bancaire résiste dans la majorité des pays européens. En France, l’effet des hausses de plafond des Livrets A et de Développement Durable sont amortis, «mais la rémunération après impôt, relativement favorable de l’épargne réglementée tire vers le haut les taux offerts sur l’ensemble des produits bancaires qui ont de ce fait bien résisté», note l’Observatoire. Concernant l’exposition aux marchés actions, l’OEE souligne que les ménages européens restent «circonspects à l’égard des marchés d’actions». Ils n’ont donc que peu bénéficié de la hausse des cours en 2013. «En France, ils restent à l’écart des achats d’actions en direct, mais aussi des OPCVM actions, et la légère hausse de la part des contrats en unités de compte dans les cotisations d’assurance vie en 2013 ne compense pas les dégagements de l’exposition au marché des actions», commente l'étude. Le Tableau de bord de l’Epargne constate par ailleurs que les nouveaux placements des ménages en actions non cotées «se sont ralentis au deuxième trimestre 2013 en France et en Italie, les deux pays où ils représentent traditionnellement une part significative de l’épargne financière des ménages». Le PEA PME français devrait relancer cette forme d’investissement, «qui montrera peut-être que les Français ne sont pas nécessairement averses au risque, dès lors que la fiscalité leur offre l’opportunité de choix plus audacieux, dans un environnement faiblement rémunérateur pour l’épargne». Cependant, il est selon l’OEE «probable qu’une part importante des flux collectés sur cette poche fiscale se fera à travers des fonds d’investissement, qui n’apparaîtront pas directement dans les statistiques d’investissement en actions non cotées et qui d’ailleurs seront, en l’état actuel des projets, presque exclusivement investis en actions cotées ou en obligations».