Le président de conseil devrait être beaucoup plus influent, selon les conclusions d’un groupe de travail de l’IFA (Institut Français des Administrateurs) et piloté par Michel de Rosen, président de Faurecia. Le groupe de travail a mené une cinquantaine d’auditions de présidents, directeurs généraux, présidents directeurs généraux, administrateurs, experts et gestionnaires de fonds qui se sont exprimés sur les structures de gouvernance en France et plus particulièrement sur le rôle du président de conseil. Partant du constat que le cadre juridique français octroie peu de pouvoirs au président de conseil, le groupe de travail souligne que, dans la réalité, celui-ci dispose de champs d’influence importants qui ont un impact sur l’efficacité du conseil et la performance de la société. Le groupe de travail s’est, en particulier, concentré sur les nouveaux défis (le digital, la responsabilité sociale, sociétale et environnementale, les activistes) auxquels sont confrontés les conseils et leurs présidents, sur l’efficacité de la gouvernance, la contribution attendue du président, et sur la question de la dissociation entre le président et le directeur général. Le groupe de travail souligne que l’efficacité des conseils s’est améliorée. Les progrès accomplis depuis quinze à vingt ans ont été importants et réguliers grâce à une prise de conscience générale que les règles imposées par la loi et par les codes sont nécessaires et vertueuses. La composition des conseils s’est diversifiée, les administrateurs indépendants sont beaucoup plus nombreux alors que les différents comités (audit, rémunérations, nomination, gouvernance) ont approfondi leurs travaux.Cela dit, les pratiques constatées au sein des conseils en France sont hétérogènes et des insuffisances existent dans les deux domaines suivants. Tout d’abord, la composition des conseils, avec des risques de connivence par toujours suffisamment pris en compte, des recrutements d’administrateurs trop occupés par ailleurs ou encore la juxtaposition de profils divers pouvant nuire à l’efficacité du conseil. Par ailleurs, certains déficits sont visibles dans la nature et le contenu des activités des conseils. Le conseil n’est pas toujours suffisamment exigeant sur la nécessaire transparence du Management sur les sujets sensibles alors que par ailleurs, certains conseils soutiennent le management plus qu’ils ne le challengent.Évolutions recommandées des Codes de gouvernement d’entreprise 1. Décrire plus précisément le rôle du président de conseil. 2. Introduire une règle selon laquelle le président ne peut pas être l’ancien directeur général ou l’ancien président directeur général de la société. 3. Renforcer les obligations actuelles en imposant que le choix de gouvernance soit explicité tous les ans dans le document de référence de la société. 4. Renforcer les obligations des administrateurs en matière de déclarations de potentiels conflits d’intérêts.5. Rendre publique, dans le document de référence, la présence ou l’absence de chaque administrateur aux réunions du conseil et de ses comités. 6. En complément de l’évaluation de l’efficacité collective du conseil, demander à chaque administrateur d’évaluer individuellement chacun de ses collègues du conseil.