Les asset managers musclent leurs équipes sur les sujets environnementaux, sociétaux et de gouvernance. Des experts qui ont de plus en plus voix au chapitre. Et qui se sentent utiles.
Dynamisme. Intégration d’Axa XL, poursuite du désengagement d’Axa Equitable aux Etats-Unis, accélération en Chine et développement de services innovants dans la santé : telles sont les grandes priorités fixées au menu de 2019 par l’assureur français, a détaillé son directeur général Thomas Buberl (photo) à l’occasion d’une journée Investisseurs. Axa a par ailleurs relevé certains objectifs de son plan stratégique, misant désormais sur une rentabilité des capitaux propres de 14 %-16 % d’ici à 2020 (contre 12 %-14 % auparavant). Le taux de distribution du dividende a été augmenté à 50 %-60 %, contre 45 %-55 % initialement. Des annonces stratégiques de nature à rassurer les actionnaires, selon Octo Finances. « Nous nous attendons à ce qu’Axa (…) soit capable de délivrer la performance opérationnelle annoncée grâce à la nouvelle orientation du groupe tournée vers les segments porteurs et les marchés en croissance », explique le bureau d’études.
Différence. Adoptée début 2018, la norme IFRS9, qui édicte de nouvelles règles de comptabilité pour les instruments financiers, induit de profondes modifications pour les banques. Le deuxième pilier de cette norme engendre ainsi une hausse des dépréciations pour risque de crédit en imposant un provisionnement, outre celui des pertes avérées, de celles attendues. Les conséquences sur le ratio core tier one (CET1) des banques se révèlent très disparates (voir l’histogramme). « La baisse des fonds propres CET1, imputable à IFRS 9, ne doit pas être interprétée comme une baisse de la capacité d’absorption des banques. Une partie des anciennes ‘pertes inattendues’, précédemment couverte par des fonds propres réglementaires, l’est désormais par des provisions comptables qui se sont substituées aux premiers », explique la recherche économique de BNP Paribas.
Nuage. Openbank, la banque digitale de Santander lancée en 1995 comme banque par téléphone avant d’être rénovée l’an dernier, a totalement migré dans le cloud d’Amazon Web Services. Avec 1,3 million de clients en Espagne, Openbank fait désormais tourner son core banking system, son site web et son application mobile sur cette infrastructure externe, car son objectif est de partir à la conquête d’autres pays. Le recours au cloud lui permet de préserver son business model, d’être en conformité avec les exigences du régulateur européen et de bénéficier des capacités technologiques avancées d’AWS, comme les outils de machine learning ou d’analytics qui donnent une bonne vision des comportements et des attentes des clients.
Focus. Avec déjà plus de 5.200 milliards de dollars d’encours, les fonds indiciels cotés (ETF, exchange-traded funds) commencent à attirer l’attention de la Banque centrale européenne (BCE, photo) qui, dans son dernier rapport de stabilité financière, propose d’élaborer un cadre spécifique comme l’a fait la SEC (Securities and Exchange Commission) aux Etats-Unis en juin. En Europe, les ETF sont à la fois régulés comme des fonds et comme des titres via les directives Ucits et MIF, mais cela ne suffirait pas à couvrir tous les risques de liquidité et de contrepartie. Les teneurs de marchés, pour l’arbitrage ou le mécanisme de création/rachat des parts, diminuent leur activité en période de stress, alors que les ETF sont de plus en plus utilisés par les institutionnels. L’organisation internationale des régulateurs Iosco travaille également à rendre des propositions sur le sujet au printemps.
Londres cherchera à préserver la City en assouplissant encore l'approche du superviseur, ont estimé les intervenants des neuvièmes rencontres de l'industrie financière de L'Agefi.
L’Autorité des normes comptables (ANC) a fixé mercredi les normes comptables applicables aux jetons émis dans le cadre d’une ICO. Les normes fixées par l’ANC s’appliquent aux jetons qui ne sont pas considérés comme des titres financiers, ces derniers devant se conformer au plan comptable général dédié. Concrètement, l’émetteur de jeton devra préciser en annexe «les droits et obligations attachés aux jetons», qui déterminera leur traitement comptable. De même, pour le détenteur de jeton, son intention lors de l’acquisition «constitue l’élément clé du classement comptable». Si l’intention est d’échanger le jeton pour un service ou un bien, il devra être classé en immobilisation incorporelle et être amorti et déprécié en tant que tel. A défaut, un compte ad hoc a été créé dans le compte 52. L’annexe devra préciser les modalités de détermination des valeurs vénales des jetons détenus.
L’assureur suisse Zurich Insurance a déclaré mercredi être en bonne voie d’atteindre ses objectifs financiers pour la période 2017-2019, lors d’une journée avec les investisseurs. L’assureur helvétique, numéro cinq en Europe, déclare qu’il réalisera des économies nettes de 1,1 milliard de dollars (971 millions d’euros) d’ici à fin 2018, en ligne avec son objectif de 1,5 milliard de dollars fixé pour la fin 2019.
BNP Paribas a annoncé mercredi avoir coopté Rajna Gibson Brandon à son conseil d’administration en remplacement de Laurence Parisot, qui a pris début octobre la présidence de Citi en France. De nationalité suisse, Rajna Gibson Brandon mène une carrière universitaire en enseignant la finance au sein de différentes universités en Suisse. Elle a aussi été directrice de recherche au Swiss Finance Institute, et administratrice de Swiss Re entre 2000 et 2018. La nomination de Rajna Gibson Brandon sera soumise, pour ratification, à la prochaine assemblée générale de ses actionnaires.
Alors que le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé mardi la suspension pour six mois de trois mesures de fiscalité verte, lors de la COP 24, la conférence internationale sur le climat qui se déroule à Katowice (Pologne), les ministres de l’Union européenne ont approuvé un «paquet énergie propre». La directive prévoit de porter à 32% d’ici 2030 la part de l'énergie produite à partir de sources renouvelables au niveau de l’UE, d’améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 32,5% à la même échéance, et définit un cadre de gouvernance pour faire respecter ces objectifs.
Frank Annuscheit vient de démissionner de son poste de directeur des opérations de Commerzbank et sera remplacé par Joerg Hessenmueller à compter du 1er janvier prochain. Le deuxième groupe bancaire allemand cherche un nouveau dirigeant pour son entité dédiée aux grands comptes, alors que le plan de redressement de son PDG Martin Zielke reste inachevé. Michael Reuther va quitter le conseil d’administration en septembre 2019. Alors que la banque est en difficulté, des spéculations quant à sa possible fusion avec sa rivale Deutsche Bank ressurgissent régulièrement.
Les principaux actionnaires de Mediobanca ont conclu un nouvel accord pour remplacer le pacte qui les lie actuellement, a annoncé mercredi la banque d’affaires italienne. Cet accord, qui couvre 19,82% du capital, entrera en vigueur le 1er janvier prochain pour une durée de trois ans. Il a été rendu nécessaire par la sortie de Vincent Bolloré - deuxième actionnaire avec 7,9% du capital - du précédent pacte. Parmi les participants à ce nouveau pacte figurent UniCredit de Silvio Berlusconi, le groupe Ferrero, et le groupe Gavio. Mediobanca, premier actionnaire de l’assureur italien Generali, a eu pendant des années des participations dans nombre d’entreprises italiennes majeures, mais s’en est souvent délesté pour se concentrer sur son cœur de métier bancaire. L'établissement veut également faire baisser sa part dans Generali.
ING Group a nommé Tanate Phutrakul directeur financier de la banque, alors que celle-ci cherche à tourner la page du scandale du blanchiment d’argent. Né en Thaïlande en 1965, il a rejoint ING en 1998 en tant que directeur général de ING Barings Securities dans son pays d’origine. Après être passé par une autre banque, il est revenu chez ING en 2008 en tant que contrôleur de groupe. Tanate Phutrakul va prendre ses fonctions le 7 février prochain, le lendemain de la publication des résultats du quatrième trimestre, a indiqué ING dans un communiqué. Il succède à Koos Timmermans, qui a accepté de démissionner en septembre, en pleine tourmente. ING a été rétive à licencier des membres de son conseil d’administration, mais a finalement accepté de se séparer de Koos Timmermans, et de payer 900 millions de dollars pour mettre fin à l’investigation néerlandaise.