Stigmates. Fin 2020, il y avait 60 % de personnes en plus au chômage depuis au moins six mois, et ce chiffre n’a cessé de croître au premier trimestre 2021. C’est l’un des constats que dresse l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) dans son dernier rapport sur les perspectives de l’emploi. La crise sanitaire a détruit 22 millions d’emplois en 2020 dans les pays de l’OCDE (114 millions dans le monde). « Dans la zone OCDE, malgré une reprise progressive, il y a encore 8 millions de chômeurs de plus qu’avant la crise et plus de 14 millions d’inactifs supplémentaires. Fin 2020, les pays de l’OCDE n’étaient qu’à mi-chemin d’une reprise du plein emploi. Ce niveau ne sera pas atteint d’ici à la fin de 2022, selon nos projections », expliquent les auteurs du rapport. L’organisation considère donc que le retour au niveau d’avant-crise, pour certains pays, va prendre de longues années, jusqu’à cinq ans pour la République Tchèque, l’Islande ou encore Israël (voir le graphique). Le rapport insiste également sur les risques associés à un creusement des inégalités. Les populations les plus fragiles seront durablement touchées. Par exemple, le taux d’emploi des jeunes de 15 à 24 ans pourrait mettre des années avant de retourner à la normale. Quant aux jeunes sans emploi et sans formation, leur nombre a grossi de 3 millions à fin 2020. Après des plans sans précédent (au premier semestre 2020, malgré une baisse du PIB par habitant de 12,4 % dans l’ensemble de l’OCDE, le revenu disponible brut réel des ménages a augmenté de 3,7 %), l’OCDE recommande désormais un maintien ciblé et limité dans le temps des mesures de soutien.