Les banques européennes ont augmenté de 56% leur exposition au secteur public américain au premier trimestre, alors que les Etats-Unis luttent pour trouver un compromis sur le relèvement du plafond de la dette américaine, a annoncé mardi la Banque des règlements internationaux (BRI). L’exposition des établissements européens au secteur public américain a atteint 752,6 milliards de dollars (522,6 milliards d’euros) sur les trois premiers mois de l’année, contre 479,6 milliards fin 2010, selon les statistiques de la BRI. L’exposition aux titres de dette du secteur privé et aux banques américaines est resté quasiment stable à respectivement 2.189 milliards et 686 milliards, a souligné la « banque centrale des banques centrales ». Au total, l’ensemble des banques européennes présente une exposition de 3.737 milliards de dollars aux secteurs public et privé américains. Parmi les plus grands créanciers des Etats-Unis se trouvent le Japon avec 1.132,8 milliards, le Royaume-Uni avec 1.124,8 milliards et la Suisse avec 747,9 milliards de titres de dette cumulés fin mars. Les données de la BRI excluent cependant la Chine, le plus grand créancier des Etats-Unis, ainsi que les banques locales américaines qui détiennent également une grande partie de la dette du pays. Démocrates et républicains bataillent actuellement à Washington sur un relèvement du plafond de la dette publique. Si aucun compromis n’est trouvé d’ici le 2 août, le gouvernement fédéral devra faire des choix drastiques entre le remboursement de ses bons du Trésor -un instrument financier très prisé dans le monde entier- et les dépenses courantes comme les salaires des fonctionnaires ou les pensions et l’aide aux plus pauvres. Si le gouvernement choisit de ne pas rembourser une partie de sa dette, les conséquences économiques pourraient s’avérer désastreuses en poussant notamment les taux d’intérêt à la hausse. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a prévenu mardi qu’ »avoir un défaut de paiement ou un abaissement important de la note attribuée à la signature des Etats-Unis serait un événement très, très, très grave. Pas pour les Etats-Unis seulement, mais pour l'économie mondiale en général ».