Les banques françaises, en raison de leur dimension internationale et donc de leur besoin de financement en dollars, sont plus susceptibles d'être affectées par des problèmes de financement que les autres banques européennes, estime jeudi l’agence de notation Moody’s. «Les perturbations sur les marchés ces dernières semaines ont affecté toutes les banques, mais plus sévèrement les banques françaises», écrit l’agence dans sa dernière étude sur les banques européennes, faisant allusion aux rumeurs de faillite qui ont notamment affecté la Société Générale. Ces rumeurs ont prospéré sur fond de craintes concernant leur exposition à la dette souveraine des pays européens dans leur ensemble, et pas seulement à la dette grecque, estime l’agence. Ces inquiétudes, poursuit-elle, ont conduit ces derniers mois les fonds monétaires américains à réduire leur exposition aux banques européennes. Moody’s rappelle ainsi que les fonds monétaires américains sont de gros pourvoyeurs de liquidités à court terme aux banques étrangères, à hauteur de 300 milliards de dollars (207 milliards d’euros), via la souscription de papiers commerciaux (obligations à court terme). C’est là que le bât blesse pour les banques françaises. En effet, «à la différence des systèmes bancaires qui sont financés principalement par les dépôts et sont donc en conséquence moins affectés par ces développements ??? ce qui est le cas du système italien -, certaines banques françaises ont des besoins très vastes de financement en dollars. Cependant, Moody’s relève que la Banque centrale européenne a fourni la preuve de sa capacité et de sa volonté à pourvoir les banques en liquidités à la demande. En outre, le marché du financement en dollar est toujours «disponible», même si en quantité limitée dès lors que l’on dépasse l’horizon de trois mois, souligne l’agence.