Un an après le lancement de son plan d’action 2011-2015, le président de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (ALFI), Marc Saluzzi, estime que le projet est bien parti. «Nous n’avons qu’une année de travail derrière nous. Le projet est en cours de réalisation. On ne va certainement pas crier victoire mais nous sommes sur la bonne voie», a indiqué Marc Saluzzi à Newsmanagers à l’occasion de la conférence annuelle de l’association, les 18 et 19 septembre à Luxembourg.Selon Marc Saluzzi, des progrès significatifs ont notamment été enregistrés sur le dossier de la directive AIFM. Le projet de loi de transposition, en cours d’examen au Parlement, pourrait être adopté d’ici à la fin de l’année. Il présente un cadre amélioré par rapport aux dispositions de la directive en introduisant entre autres le régime très utilisé dans la sphère anglo-saxonne du limited partnership ainsi qu’une clarification sur le carried interest. «Les actifs alternatifs ne représentent actuellement que 10% du total des actifs domiciliés au Luxembourg. Notre objectif est de multiplier par deux cette part dans les quatre à cinq prochaines années», précise Mars Saluzzi qui ajoute que l’association est prête à promouvoir les nouveaux atouts de la place luxembourgeoise dans ce domaine. «La messe n’est pas tout à fait dite dans la mesure où une certaine inquiétude subsiste sur le sujet des délégations dont l’encadrement pourrait être durci par la Commission mais nous sommes prêts à aller expliquer qu’un nouveau standard alternatif pourrait s’imposer à l’international, au même titre que la marque Ucits. L’Asie et l’Amérique latine n’ont encore rien fait dans ce domaine», souligne Marc Saluzzi. Autre sujet de satisfaction, la distribution transfrontalière des fonds luxembourgeois progresse, ou en tout cas résiste dans l’environnement actuel, en raison des efforts consentis en matière de diversification (classes d’actifs, zones géographiques). Les actifs sous gestion ont d’ailleurs atteint le niveau record de 2.300 milliards d’euros à fin juillet, avec une collecte nette de 50 milliards d’euros sur sept mois. «Il nous faut néanmoins expliquer, rassurer toutes les parties prenantes sur la pérennité de ce que nous avons construit. D’autant plus que nous avons un problème d’image lié à la situation en Europe. Nous devons convaincre que nous ne sommes pas juste investis en Europe», explique Marc Saluzzi. Les autres objectifs du plan de l’ALFI ne sont peut-être pas aussi avancés. L’association travaille ainsi sur un projet d’investissement responsable qui permettrait d’intégrer dans un seul véhicule des fonds de taille modeste dédiés à des thématiques sociétales comme la microfinance, l’investissement éthique ou les green funds. Un concept de «société d’impact» est à l'étude qui permettrait de réunir les investisseurs financiers et les investisseurs sociétaux dans une même dynamique. «Les fonds d’investissement responsable représentent tout au plus autour de 2% de l’ensemble des fonds. Nous voulons multiplier par cinq ce pourcentage au cours des prochaines années», précise Marc Saluzzi. L’ALFI souhaite enfin renforcer la position du Luxembourg en tant que partenaire global du secteur de la gestion d’actifs. Dans cette perspective, l’association veut pousser les feux de la place en tant que centre de services qui viendrait compléter la position du Luxembourg comme premier domicile des fonds d’investissement en Europe. «Il s’agit de mettre en avant toutes les expertises qui peuvent s’appliquer à des produits qui ne sont pas au Luxembourg et qui peuvent intéresser des gestionnaires qui n’ont pas nécessairement des fonds domiciliés au Luxembourg», explique Marc Saluzzi. Une étude est en cours afin de dresser un tableau des principales expertises pour les acteurs de la place. L’association communiquera ensuite plus précisément sur ce dossier qui pourrait donner au Luxembourg une assise encore plus importante. Comment l’ALFI arrive-t-elle à mener de front tous ces projets tout en assurant une veille réglementaire de tous les instants ? «Ce sont nos membres qui nous permettent d’aller de l’avant. Ils sont environ 1.500 à avoir contribué activement aux travaux de nos groupes de travail. C’est un effet de levier considérable pour l’association», souligne Marc Saluzzi. Une association qui ne compte que 25 permanents…