Les activités les plus risquées réalisées par les banques devraient être séparées du reste de leurs activités et regroupées dans des entités à part au sein des groupes bancaires, selon un rapport remis le 2 octobre à la Commission européenne. Très attendu par les milieux bancaires, le rapport du groupe de travail présidé par le gouverneur de la Banque de Finlande Erkki Liikanen a été remis hier au commissaire européen chargé du marché intérieur et des services, Michel Barnier.En bref, le groupe recommande des actions portant sur les cinq points suivants:- obligation de séparer la négociation pour compte propre et d’autres activités de marché à haut risque,- possibilité de séparer d’autres activités en fonction du plan de sauvetage et de résolution des défaillances,- possibilité de modifier l’utilisation des instruments de renflouement interne en tant qu’instrument de résolution de crise,- révision des exigences de fonds propres par rapport aux actifs détenus à des fins de transaction et aux prêts liés à l’immobilier, et- renforcement de la gouvernance et du contrôle des banques."Ce rapport alimentera nos réflexions sur les mesures complémentaires à prendre. Je vais à présent envisager les prochaines étapes, au cours desquelles la Commission étudiera l’impact de ces recommandations», a réagi Michel Barnier, cité dans un communiqué. La Commission va notamment lancer des consultations avant de décider si elle s’appuie sur ce rapport pour faire une proposition législative.En attendant, mardi soir, dans un communiqué, la Fédération bancaire française (FBF) a indiqué que le rapport Liikanen laisse ouvertes de nombreuses questions qui devront être examinées dans le cadre de la consultation lancée par la Commission européenne."Il conviendra notamment de s’assurer que soit respecté l’objectif essentiel du financement de l'économie, et donc du service global à la clientèle», rappelle la FBF. «Il faudra éviter des mesures ayant pour conséquence une hausse disproportionnée des coûts, voire la disparition de certaines activités de marché utiles à l'économie, ce qui nuirait à la compétitivité de l'économie européenne, donc à la croissance et à l’emploi.»