La BCE a adressé jeudi 29 janvier une recommandation aux banques concernant leurs politiques de distribution de dividendes pour l’exercice 2014 en vue de renforcer la sécurité et la solidité du système bancaire de la zone euro. Au cours des prochains mois, les pratiques de rémunérations variables feront également l’objet d’un examen aprofondi.Les recommandations en matière de dividendes s’inscrivent dans un environnement macroéconomique et financier difficile exerçant des tensions sur la rentabilité des banques et sur leur capacité de renforcer leurs fonds propres. Dans ce cadre, « les banques doivent définir leurs politiques de dividendes sur la base d’hypothèses prudentes et conservatrices afin d'être toujours en mesure, après tout versement, de remplir pleinement les exigences de fonds propres en vigueur et de se préparer en vue des normes plus strictes à venir », a indiqué Danièle Nouy, présidente du conseil de surveillance prudentielle de la BCE, citée dans un communiqué.Concrètement, la BCE a adressé directement aux banques importantes des recommandations spécifiques concernant le versement de dividendes en 2015 au titre de l’exercice 2014, et a demandé aux autorités de surveillance nationales de mettre les recommandations en œuvre pour les banques moins importantes qu’elles supervisent directement. L’approche de la banque centrale fondée sur les risques distingue trois catégories de banques :- celles remplissant déjà leurs obligations de fonds propres au 31 décembre 2014 et ayant déjà atteint leurs ratios de fonds propres « en dur » (exigences en janvier 2019). Ces établissements doivent distribuer leurs dividendes de façon prudente afin de continuer à remplir toutes leurs obligations, même en cas de détérioration des conditions économiques et financières.- celles remplissant déjà leurs obligations de fonds propres au 31 décembre 2014 mais n’ayant pas encore atteint leurs ratios de fonds propres « en dur » (exigences en janvier 2019). Ces banques doivent aussi distribuer leurs dividendes de façon prudente, mais uniquement d’une manière garantissant la réalisation des ratios « en dur » requis.- enfin, celles ayant encore, au terme de l'évaluation complète menée en 2014, un déficit de fonds propres ou ne remplissant pas leurs obligations en la matière. En principe, ces établissements ne doivent pas distribuer de dividendesLes banques dont les politiques de dividendes ne sont pas conformes à la recommandation de la BCE doivent fournir des informations supplémentaires et apporter des justifications détaillées, précise l’institution. Enfin, la BCE va s’intéresser aux politiques de rémunération variable des banques. L’institution précise qu’elle conduira cette évaluation en tenant compte de la situation de fonds propres des banques «étant donné que les rémunérations variables doivent être compatibles avec leur capacité de maintenir une assise financière saine», indique-t-elle.