Hervé Phaure, associé chez DeloitteDans quel contexte s’inscrit IFRS 9 ? Les dispositifs mis en place dans le cadre d’IFRS 9 vont continuer à s’ajuster tout au long de l’année. Bien avancé, ce chantier comptable s’inscrit toutefois dans un contexte marqué par de nombreuses évolutions réglementaires. En pratique, pour appliquer la norme, les banques qui en disposaient se sont dans la majorité des cas basées sur leurs modèles internes prudentiels [Irba]. Or ceux-ci font actuellement l’objet d’une revue d’ensemble par la Banque centrale européenne [BCE]. Ce projet [Trim], couplé à d’autres chantiers prudentiels, va conduire les banques à ajuster leurs dispositifs de manière assez structurante. Quels sont ces chantiers ? L’Autorité bancaire européenne [l’EBA] demande aux banques de revoir leur définition du défaut en intégrant de nouveaux critères (seuils d’exposition consolidés par client, décompte précis des impayés…). Les banques ont jusqu’à 2021 pour intégrer ces évolutions, qui vont nécessiter des ajustements de leurs dispositifs opérationnels, et donc des requalifications de leurs modèles internes. L’EBA a par ailleurs demandé au secteur d’améliorer la gestion de ses portefeuilles de prêts non performants [NPL] d’ici à 2020, ce qui devrait également affecter les modèles internes. Enfin, de nouvelles contraintes techniques (structure des modèles IRB, marges de conservatisme…) doivent également être prises en compte. Qu’en est-il des stress tests de l’EBA ? Ces tests, dont les résultats sont attendus en novembre, prendront en compte pour la première fois les provisionnements calculés sous IFRS 9. Or, les banques manquent de recul par rapport à ces chiffres, qui seront dévoilés lors des comptes trimestriels 2018 et devraient être appelés à subir des ajustements. Là encore, un certain flou demeure.