Depuis le rebond des marchés financiers en début d’année, les investisseurs continuent de miser sur un environnement « Boucles d’or » (conjoncture idéale) avec de nouvelles hausses pour les actions, sur fond de croissance plus stable mais globalement modérée, d’inflation contenue et d’attitude accommodante des banques centrales. La Fed a reconnu que les pressions inflationnistes étaient rares, laissant entendre qu’elle se montrerait plus tolérante à l’égard de l’inflation. En avril, les actions ont progressé et les obligations ont suivi une évolution latérale après de solides gains dans toutes les classes d’actifs au premier trimestre. La direction des cours suggère également que les investisseurs entrevoient des signes de stabilisation de la croissance. Toutefois, ils ne sont pas encore totalement convaincus du caractère durable de ces forces de stabilisation. En effet, les attentes du marché à l’égard de la politique de la Fed d’ici la fin 2019 continuent d’intégrer des baisses de taux, ce qui laisse supposer que la croissance reste menacée aux yeux des investisseurs. En effet cet environnement reste « fragile » - Deux scénarios plausibles pourraient jouer les trouble-fêtes: premièrement, le cycle mondial est aujourd’hui plus avancé qu’il ne l’était lors des périodes précédentes de pause de la Fed, notamment après les craintes suscitées par la croissance en 2016. Autrement dit, un nouveau resserrement des taux de la Fed ou des chocs négatifs, comme un accès de faiblesse en Chine ou en Europe, pourraient faire basculer la reprise vers un ralentissement marqué, voire une récession. Deuxièmement, malgré les incertitudes pesant sur la croissance, l’économie américaine poursuit son expansion et le marché de l’emploi continue de se tendre. Jusqu’à présent, les pressions salariales n’ont pas tiré l’inflation sous-jacente vers le haut. Toutefois, le risque de surchauffe demeure bien réel, notamment si la hausse des cours du pétrole contamine les anticipations d’inflation et que la croissance de l’économie américaine continue d’être supérieure à son potentiel. Avant de se positionner pour l’un de ces 2 scenarios, il faut se demander dans quelle mesure l’environnement actuel peut encore tirer les marchés à la hausse. Tout d’abord, la remonté des actions correspond aux rebonds traditionnellement observés lorsque la Fed met en pause son cycle de hausse (avant d’initier un cycle baissier). Cet effet positif semble épuisé. Autre argument appelant à la prudence envers les actions : leur valorisation relative aux obligations en termes de rendements réels a perdu de son attrait. Le point principal en faveur d’un prolongement du rebond est que la participation des investisseurs à ce rebond n’a pas été généralisée. Il reste donc un groupe d’investisseurs capables de faire monter les prix s’ils se décidaient à prendre une position longue sur les actions.