La Crepa réplique, et pas seulement sur le terrain judiciaire, avec le dépôt d’une plainte en diffamation visant la tribune très critique signée par le président de l’Avenir des barreaux de France (ABF), l’un des syndicats employeurs qui siègent au conseil d’administration de ce groupe qui gère la protection sociale complémentaire des personnels des cabinets d’avocats. La direction générale, que l’Argus de l’assurance a pu rencontrer, entend faire la démonstration de sa bonne gestion et du caractère infondé des attaques dont est l’objet la caisse. Pas des pertes, mais un investissement Ainsi en va-t-il du cabinet de courtage Crepa conseil, créé par l’institution de prévoyance en 2010. Les annulations de créances effectuées par la Crepa s'élèvent à quelque 850 000 € à fin 2013. Mais il ne s’agit pas de pertes, insiste la direction générale : «Nous avons opéré un investissement, raisonnable au regard de notre solidité financière, et notre plan de marche prévoit de le rentabiliser à compter de 2015 sur un horizon de cinq ans.» Le chiffre d’affaires de 114 000 € en 2013 doit passer à 139 000 € et à 267 000 € en 2015, et cela grâce notamment au positionnement sur du conseil dans le cadre de l’ANI : «Certaines branches nous ont retenu afin d’accompagner la mise en place de leur couverture santé.» Un régime bien géré Il n’y aurait donc aucune inquiétude à avoir sur l’avenir de Crepa conseil et encore moins sur le régime de retraite supplémentaire. Autrement dit, le plan adopté par les partenaires sociaux en 2006 afin de provisionner intégralement le régime à horizon 2026 sera bien tenu, affirme la direction générale : «A fin 2013, le taux de couverture était de 75%. Nous sommes en avance de trois points sur le plan de marche, malgré un contexte financier dégradé.» Et de souligner «la bonne gestion du régime»: «Nous ne prélevons que cinq points de frais de gestion.» Un intermédiaire de confiance Le souci d’une «bonne gestion», c’est aussi ce qui justifierait que la Crepa ait eu recours au fils de la présidente de la caisse, agent immobilier à Limoges, comme intermédiaire dans plusieurs transactions immobilières. Un «choix approuvé par le conseil d’administration», relève la direction générale qui invoque un «climat de confiance» envers cet intermédiaire et des placements judicieux, puisque l’ensemble du parc immobilier de la caisse serait en plus-value. Tensions sur l’avenir Bref, la Crepa est solide financièrement, bien gérée et d’ailleurs la direction relève que «les comptes ont été approuvés à l’unanimité lors du dernier conseil d’administration». Certes, il y a bien une multitude de procédures, mais les tensions seraient plus en lien avec l’avenir de la Crepa, le maintien de son statut de caisse professionnelle autonome ou son intégration dans un groupe professionnel. Un audit de la tutelle Une question que devrait notamment aborder l’audit que la fédération Arrco a décidé de diligenter, en tant qu’autorité de tutelle, puisque le groupe Crepa possède une caisse de retraite complémentaire, Crepa-Rep. Mais la fédération devrait tout particulièrement se pencher sur la question d’une éventuelle rémunération des administrateurs, dénoncée par l’ABF et strictement interdite. Un point sur lequel la direction général de la Crepa ne souhaite livrer aucun commentaire. «Il faut espérer que cet audit aille jusqu’au bout», lâche un administrateur patronal, qui conteste par ailleurs une approbation à l’unanimité des comptes.