Les fonds dits actifs ont mauvaise presse. La majorité d’entre eux sous-performent leur indice de référence, selon une étude récente de S&P Dow Jones, et une étude de VZ VermögensZentrum, présentée dans le quotidien Le Temps, conclut que la majorité des fonds de placement qui promettent d'être actifs ne le sont pas. Ils s’écartent à peine de leur indice de référence. Or les fonds actifs imposent des frais plus élevés que les fonds dont la composition est semblable à l’indice, les fonds passifs. Les coûts atteignent 1,5 à 2% pour les fonds actifs et moins de 0,5% pour les fonds passifs. L’éventuel excès de performance des «faux» fonds actifs est gommé par les coûts supplémentaires, selon VZ. L’institut a évalué la part des «faux fonds actifs» au sein de tous les produits ayant pour référence l’indice SPI des actions suisses sur une période de 10 ans. Le nombre de ceux-ci est passé d’une trentaine en 2005 à plus de 50 en 2014. Selon VZ, pour qui les vrais fonds actifs sont ceux dont l’"active share» dépasse 50%, l’active share moyenne des fonds est légèrement supérieure à 30% et reste constante à travers les années. Pour toutes les périodes étudiées, un an et trois ans, la proportion des «vrais» fonds actifs est inférieure à 30%. Seuls sept fonds ont présenté une «active share» supérieure à 50% sur toute la décennie. Les fonds actifs peinent à battre l’indice. Sur un an, la part des fonds actifs dont le rendement dépasse l’indice oscille entre 6% en 2014 et 51% en 2006. Cette dernière année a été la seule au cours de laquelle la majorité des fonds actifs a surperformé le SPI. Selon VZ, la part des fonds qui surperforment l’indice est en moyenne de près de 30% pour les observations d’un an, mais de moins de 20% pour les périodes de trois ans.La performance des «vrais» fonds actifs dépasse celle de la moyenne des fonds. Dans neuf cas sur dix, elle est meilleure à celle des «faux» fonds actifs. En moyenne, la part des fonds actifs qui battent l’indice est supérieure de 20% à celle des «faux» fonds actifs. En 2007 et en 2009, l’écart s’est même envolé à 45%. L’analyse indique par ailleurs que seuls quatre fonds de placement ont changé de catégorie et sont passés plus d’une fois de celle des «vrais» à celle des «faux» fonds actifs, ou inversement. Si certains fonds surperforment l’indice plusieurs années, d’autres alternent les périodes de sur et de sous-performance. Il ressort également qu’une «active share» élevée ne garantit pas un rendement supérieur. En termes de coûts, les frais des «vrais» fonds actifs s’élèvent à 1,81% en moyenne, soit 0,4% de plus que les «faux» fonds actifs. Les coûts des faux fonds actifs atteignent tout de même 1,4%, ce qui est très supérieur aux 0,22% de frais que coûtent les ETF sur le SPI.