Le montant total des fonds levés par introduction dans le monde, qui s'élève à 12,5 milliards d’euros, a chuté de près de 65 % par rapport à la même période en 2015, ce qui en fait le démarrage le plus lent depuis le premier trimestre 2009 (1,5 milliard d’euros, 69 introductions), selon le dernier IPO Watch publié par PwC. Les marchés boursiers et obligataires ont en effet dû affronter des vents contraires en raison de la faiblesse historique des prix du pétrole, du ralentissement de l'économie chinoise et des incertitudes persistantes autour des taux d’intérêt américains."Ce trimestre a été difficile pour l’activité des IPO mais, pour autant, cela ne veut pas dire que les perspectives sont mauvaises pour fin 2016 et début 2017. Nous pensons que les candidats du secteur financier, les privatisations sur le continent européen et les scissions stratégiques contribueront largement à la levée de fonds annuelle», explique Philippe Kubisa, associé chez PwC, spécialiste des marchés de capitaux. «Toutefois, poursuit le spécialiste, la fenêtre propice aux IPO commence à se refermer à mesure que nous nous rapprochons du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE et de la traditionnelle pause estivale, et nous nous attendons donc à une période de volatilité accrue car les acteurs du marché seront réticents à valoriser les introductions en bourse. Ainsi, nous anticipons qu’il est peu probable que nous atteignons la barre des 10 milliards d’euros avant l’été. Cette situation marque donc un retour aux niveaux observés au premier semestre 2013, avant le boom que nous avons connu ces deux dernières années ». En Europe, l’activité des introductions a chuté au premier trimestre 2016 pour s'établir aux niveaux observés début 2013. À peine 50 opérations ont été enregistrées sur la période, pour une levée de fonds atteignant 3,5 milliards d’euros. Seules trois places boursières (Londres, OMX et Deutsche Börse) ont accueilli des IPO d’un montant supérieur à 50 millions d’euros, contre neuf au 1er trimestre 2015. L’Europe attend toujours sa première introduction en bourse supérieure à 1 milliard d’euros de l’année, alors que l’an passé avait été dominé par 14 «mega deals».